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Pour l’Algérie

Pour l’Algérie, qui à la faveur de la partition du Soudan, Nord et Sud opposés aujourd’hui aussi violemment que dans une boussole, force magnétique et milices privées, est devenue ce week-end le plus grand pays d’Afrique, pour l’Algérie natale ou presque de ma chère colloc Sarah, pour l’Algérie de mon papa, celle d’après l’indépendance, et celle d’avant les violences islamistes du FIS qui plongèrent le pays au début des années 90 dans une casuistique dont il ne s’est pas encore vraiment tiré, l’Algérie dans laquelle il vécut au milieu des années 70, coopérant comme tant d’autres, mais aussi objecteur de conscience, l’abonnement à Charlie à tarif spécial, et ce qu’il nous en a raconté, les champs d’oliviers, les mille-feuille vendus au mètre carré dans les pâtisseries de Tlemcen, les réveillons passés à la belle étoile du désert, les roses des sables, l’hospitalité des Algériens, les cinémas, pour l’Algérie de Camus, né en Constantine, dont je viens de terminer un petit livre, recueil de ses articles de presse publiés de 1945 à 1958, deux ans avant sa mort, chroniques algériennes, ses reportages sur la Kabylie affamée par la hausse des prix des céréales, déjà, juste après la guerre, juste après le soulèvement de Sétif, la Kabylie qui n’avait en tout et pour tout à vendre au monde que des olives et des figues, pas de centrales nucléaires, pas de « biens manufacturés », allez joindre les deux bouts en ne vendant que des figues et des olives, à l’Algérie qui fut trois départements français un jour, et qui causa la brouille de Camus et de Sartre, de Camus et de Jean Daniel, de Camus et des intellectuels de gauche en général, qui dénonçant comme un chœur d’hommes les méfaits de la colonisation, n’ont pas pardonné à Camus, éventuellement, de choisir sa mère plutôt que la liberté, ou le ciel bleu d’Alger, l’ombre donné dans les arrière-cours les fins d’après-midi d’été, l’illettrisme de sa mère, les souvenirs se son enfance dans la poussière du Maghreb, plutôt que les chants ivres de l’indépendance, l’Algérie des moines de Tiberine, qui dans le film de Xavier Beauvois, boivent un verre de vin rouge en écoutant de la musique classique, et en pleurant de joie, alors que dehors les portes de leur monastère, les couteaux sont déjà sortis, l’Algérie de la goutte d’Or, où j’habite, rue Saint-Mathieu, juste en face de la jolie église Saint-Bernard, avec ses grossistes en feuille de menthe qui bradent la botte à trente centimes, moins cher que le khat, l’Algérie des Trois frères, rue Léon, où l’on mange le couscous, ou des escargots sur le zinc et la pinte à trois euros, et le café calva, l’Algérie de Julien, du Gavroche, rue Ramey, où l’on joue et perd des tournées au 421, l’Algérie des algériens, des kabyles, des berbères, des arabes, celle que j’aime sans jamais y avoir mis un pied, Camus mort sur une route ensoleillée de l’Yonne dans la voiture de Michel Gallimard une après-midi de janvier 1960 après un repas gastronomique, les moines de Tiberine  morts égorgés dans la neige des montagnes de l’atlas, mais l’Algérie bien vivante, et toute jeune, avec son pétrole, son Islam, et son passé français, l’Algérie et son futur à inventer.

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Aujourd’hui c’est vendredi et je voudrais bien qu’on m’aime

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Bijou bijou (te réveille pas surtout)

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Dominique

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Il est des endroits où les moeurs sont moins libérés qu’à Manhattan.

Somalie: les shebab interdisent le tabac dans une ville près de Mogadiscio MOGADISCIO, 9 mai 2011 (AFP) – Les insurgés islamistes shebab ont interdit la consommation de tabac et de cigarettes dans une importante localité de la périphérie de Mogadiscio, où vivent des centaines de milliers de déplacés. Quiconque désobéira à cette interdiction sera condamné à un mois de prison et une amende de trois millions de shillings somaliens (100 dollars). 

Solidarité avec les fumeurs somaliens.

Le chat.  

Présence des morts

Le monde est trop étroit pour n’être vécu qu’avec les vivants. Les morts sont là aussi, ils nous regardent, nous toisent, ou nous ignorent. Peut être qu’ils s’en foutent, mais ils ont sur nous l’avantage de n’avoir plus à se coltiner les contingences du quotidien, la difficulté des choix, la recherche de la reconnaissance, l’optimisation de soi. En somme ils ne peuvent plus faire d’erreurs, être malhonnêtes ou méchants, c’est peut-être pour cela qu’on les aime et qu’on les convoque. Parce qu’ils sont inoffensifs et vertueux dans leur absence. Francois Mitterrand est donc mort il y a quinze ans, j’étais dans une petite Citroën Visa rouge sortant du collège, les cheveux gominés de pento, lorsque ma maman m’apprit sa disparition. Aujourd’hui, trente ans après mai 81, son fantôme continue de hanter les couloirs de Solferino, les instituts de sondage mènent des enquêtes pour savoir lequel des prétendants PS à ce que vous savez incarne le mieux l’héritage mitterrandien, et pourrait se glisser incognito dans sa statue de cire qu’on peut contempler au musée Grévin. Ségolène Royal tient la corde, point tant pour la ressemblance physique que pour une espèce de passion sauvage et solitaire, son côté fauve. Mon cote punk.

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Comme à chaque anniversaire, c’est l’heure de l’inventaire, de pousser les meubles pour voir quelle couleur a la poussière. C’est un vide-grenier où les mesures phares de la Mitterrandie sont comme les trésors des antiquaires, de vieilles lampes à la peinture écaillée ou des gramophones cassés, mais qu’on s’échange pourtant à prix d’or pour les souvenirs qu’ils trimballent. On ne trouve pas de souvenirs dans les meubles en kit d’Ikea. On parlera toujours des mêmes choses, l’abolition de la peine de mort, les radios libres, la semaine de quarante heures. Ce ne sont que les deux premières années de mandat du président Francois qui ont été suffisamment innocentes et frivoles pour léguer quelques mesures à la postérité. Ensuite, il y a douze années de gestion d’affaires courantes ou de scandales, le Rainbow Warior et les écoutes, et l’on s’y épuise, n’importe qui, sauf Lula le calamar peut-être, souffrira toujours de durer trop longtemps, ce sont les amours adolescentes du printemps 81, et les baisers volés à la droite capitaliste, qui rosissent les rêves de ceux qui ont connu cela.

Le Monde titrait dans un numéro spécial consacre à FM ce jour sur la part d’ombre de ses deux septennats. Bouquet, Vichy, on connait la chanson, moi je préfère retenir sa part de soleil, et puis sa part de vieillesse. J’ai vu la semaine passée un documentaire intimiste sur Arte, cette chaine où tout l’est, consacré à la politique étrangère de Mitterrand. Des réussites dans les premières années, l’émancipation vis-à-vis des Etats-Unis de Reagan, l’apaisement dans les relations avec le bloc de l’Est, une intervention maitrisée au Koweït, la relance du processus européen, les négociations habiles avec l’Angleterre de Thatcher, et puis d’autres aventures dont le vernis du temps a fendillé beaucoup plus vite la lucidité des choix, croqué par les mâchoires de l’histoire en marche, le Rwanda, la Yougoslavie. Après tout peu importe. Tout a été fait dans la sincérité, semble t-il.  Dans le documentaire, on en croise certains qui n’ont pas le mérite d’être morts assez tôt, et qui de ce fait sont devenus de vieux crapauds. Roland Dumas, l’ancien prince, chevelure blanche Villepinte, tourné batracien coassant dans l’eau fangeuse de la Françafrique. Elisabeth Guigou, grenouille de guingois, si belle à trente ans, jeune chargée de mission, aujourd’hui ridée comme un parchemin. Ou Pierre Joxe, le plus drôle, complètement hirsute, savant fou, pièce de collection au musée mitterrandien – on pourrait aujourd’hui les mettre au formol, les empailler – mais à cinquante ans, sur les images, ils ont la beauté et l’arrogance de ceux qui sont arrivés au pouvoir à temps. La vieillesse les a liquéfiés. On y voit surtout une belle image. Francois Mitterrand le 17 janvier 1995 au parlement européen. Il lui reste quatre mois de mandat, et moins d’un an à vivre. Si l’on veut, c’est son lieu. Il est né durant la première guerre mondiale, a traversé la deuxième comme il pouvait – sa vie est une histoire européenne. Il a soudain l’air d’avoir vieilli de dix ans, le cancer qui le ronge lui a mangé les joues, et donné le teint blafard – c’est un petit vieux, qui est déjà passé dans l’au-delà – l’au-delà du pouvoir, des joutes que cela implique, compromissions, démagogie, rapports de force. Mais si la carcasse se déglingue de tout côté, que les volets battent au vent, il a ce charme des vieilles masures que l’on ne pourra jamais colmater complètement aux courants d’air – il est à nouveau vert, avec l’innocence de ceux qui n’en ont plus pour très longtemps, mais s’en fichent un peu. Leur œuvre s’est déjà calcifiée, leurs os peuvent maintenant s’effriter aux métastases. Écouter Deleuze égrener son abécédaire procure le même plaisir. Lui est mort suicidé. Mitterrand parle sans note, d’une voix émoussée et pourtant lumineuse, ce qu’il faut de batailleur dans le ton. Tout le monde l’écoute, droite, gauche. Il dit, il faut vaincre vos préjugés, ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre votre histoire, et pourtant si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera : le nationalisme, c’est la guerre…Les derniers mots sont en scansion, le temps en suspension. On l’applaudit debout. Il finit ainsi, c’est nous- et se corrige, c’est vous, Mesdames et messieurs les députés, qui êtes désormais les garants de notre paix et de notre avenir. C’est simple comme une image. C’est un legs immatériel.

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En mars 2008, pour renflouer les fonds de sa fondation France Libertés, Danielle Mitterrand mit en vente aux enchères la garde-robe de son mari, Francois Hollande investit 8000 euros de cotisations des sympathisants socialistes pour mettre sous cloche de verre le fameux chapeau mou avec lequel Mitterrand montait chaque année la roche de Solutré. Hors de mes moyens. Mais furent aussi proposés à l’acquisition au cours de cette vente près de 200 costumes qu’avaient portés FM au cours de ses mandats, tous taillés sur mesure dans de beaux tissus italiens. Si certains s’échangèrent à plusieurs milliers d’euros, ceux qu’ils avaient vêtus en de grandes circonstances, investitures, sommets internationaux, etc, d’autres furent bradés à quelques 300 euros. Or Mitterrand mesurait à peine  1 mètre 70, et n’était pas plus une armoire à glace que moi. Je ne pus me rendre à Drouot cette journée-là, occupé je m’en souviens à préparer une présentation PowerPoint pour l’observatoire du logement du Val de France, et cela reste un regret éternel. J’aurais voulu pouvoir craquer un quart de ma paie pour m’enfiler dans un de ses costumes et aller disputer ma mise lors des parties de poker du Sheraton à Djibouti, ou pour le mariage de ma sœur, ou juste pour rire, pour aller voter en 2012, et se souvenir, que personne n’en sache rien à la limite, mais porter un petit bout d’étoffe mitterrandien, et devenir moi aussi un crapaud. 

Alain Bashung est mort d’un cancer il y a deux ans. Aujourd’hui tout le monde l’adore. C’est ce qu’il y a d’un peu chiant avec le consensus post-mortem. Un album lui rendant hommage vient d’être publié par Barclays. C’est aussi le dernier tour de piste de Noir désir. Le groupe se dissoudra une semaine après l’enregistrement d’Aucun express, pour incompatibilité émotionnelle. C’est dit avec pudeur et élégance, Aucun express est la première chanson de l’album. On reconnait une orchestration à la Noir désir, mouture des Visages des Figures, épurée, éthérée, sans fioritures. C’est une discipline musicale ascétique qu’ils commençaient à parfaitement maîtriser. C’est ce que dit André du Bouchet, poète français et traducteur de Hölderlin, à propos de la pureté. « Plus on travaille la traduction, la version obtenue, plus on revient à l’état littéral. Mais cet état littéral ne peut pas être d’emblée obtenu ». Noir désir était arrivé à cela, après avoir pris d’autres chemins, un état littéral de la musique, ou minéral – un âge de pierre. Dans Aucun express, Bashung n’est plus du tout là, il n’y a que Noir désir – c’est sans doute là que la reprise est vraiment réussie. La voix de Cantat tinte étrangement, elle est pleine d’une tristesse résignée, toujours caverneuse, mais d’un qui ne serait sorti de sa grotte que pour pleurer une mélodie. Derrière, on pense à Barthes et Tessot-Gay qui doivent souffrir de cette douleur. D’ailleurs cela s’arrêtera. Une semaine après. Noir désir est mort sans dépouille. C’est peut être plus triste.

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Le reste de l’album est plus convenu. Vanessa Paradis a suffisamment de douceur rentrée pour interpréter très joliment Angora, cette pureté de mohair.

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M chante madame rêve, mais j’ai découvert cette chanson une nuit à cinq heures du matin, après une soirée chez Marco, son voisin de pallier, essoré d’alcool, nous offrit un dernier verre, et joua Madame rêve divinement bien, c’est à peu près la seule chanson qu’il maîtrisait, et il me dit, à juste titre me sembla t-il, qu’il valait mieux ne se consacrer qu’à une chanson, et l’exécuter parfaitement, que d’être dans l’approximation de tout un répertoire, comme il était cinq heures, et que le type mettait de la conviction dans ce qu’il disait, et que Madame rêve est une belle ballade dans laquelle se promener et promener nos dames en fin de nuit, quand on a de toute façon trop bu pour faire l’amour, ce fut parfait. M est formidable sur scène à Bercy, mais pas dans le lit de Madame rêve.

Dans l’album, il y a aussi Christophe, et cette belle histoire. Vieil ami de Bashung ils se voient souvent durant une période, qui s’arrête un jour. On ne sait pas trop pourquoi, chacun chez soi. Dans Novice, sorti en 1989, Bashung chante Alcaline, dans le titre, il y a en incrustation Aline, et dans les paroles ce vers : « t’aimes plus les mots rose – que je t’écris ? » Christophe aux mots bleus ne comprendra pas que c’est de lui qu’il s’agit, que c’est à lui qu’est faite cette invite d’amitié masculine, il faudra une interview croisée dix ans après pour que Bashung lui avoue l’alcalescent cadeau. Christophe chante Alcaline dans l’album qui s’appelle tels Alain Bashung – comme il y a une histoire, c’est évidemment une réussite. Et puis Christophe a le charme vintage – il est lui même un souvenir posé sur l’étagère, il est à sa place.

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L’album se termine par le mystérieux Raphael qui chante la mystérieuse chanson de l’apiculteur – api, apiculteur. Comme c’est barré, ça marche aussi. Raphael n’est énervant que pour ceux qui n’aiment pas les complaintes, ni la langueur, ni la féminité chez les hommes. Pour les autres et pour moi, il est très supérieur à ceux auxquels on l’associe parfois, dans le sac de vipères de la nouvelle scène française, Cali, Calogero, ou Bénabar. Raphael pourrait par exemple finir suicidé, ou overdosé. Les autres non.

Enfin Fred Chichin. Mort d’un cancer foudroyant il y a trois ans, Catherine Ringer, Rita sans Mitsouko, chante aujourd’hui Ring ‘N Roll. On a envie de l’appeler affectueusement la Ring’. Le titre de l’album y invite. Dans un très beau portait donné par le Monde, titré « C’est comme ça », elle parle de son amour envolé. La journaliste quant à elle parle de Ringer. Pour cela, elle cite une phrase de Jean Cocteau, qui était dédiée à Marianne Oswald, mais qui irait aussi pour Catherine. « Je suppose que c’est cette puissance rouge d’incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l’habite, cet acharnement de braise, cette haleur de gaz d’acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l’efficacité de cette chanteuse, de cette mime. »

Il y a une photo d’Emilie et moi qui fut prise à Paris par Béno. Béno m’écrivit en me l’envoyant qu’il nous voyait comme ça, le trait fin de la moustache gitane, et puis la fée des nuits de pleine lune. Ça me fit plaisir.

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Mitterrand, Chichin, Bashung, ont la luminescence des vieux morceaux de plutonium. Leur demi-vie atomique éclaire encore très bien nos vies entières. Il leur faudra des années pour cesser d’irradier. D’ici là, on exploitera sans doute les gaz de schiste.

La vie des grands fauves

Qu’est ce qu’un type peut faire de plus dégueulasse dans sa vie que de monter une entreprise avec des capitaux de fonds d’investissement (private equity) pour essayer d’exploiter les gaz de schiste ? Pas grand-chose. Peut-être commettre un génocide, étrangler sa mère, ou rester trente-cinq ans au pouvoir, vouloir faire du chiffre avec les renvois à la frontière d’immigrés clandestins. Différentes chose. Mais quand même, prétendre exploiter les gaz de schiste dans le bassin parisien, cela relève déjà d’un certain niveau d’excellence sur l’échelle satanique néolibérale. On ne rencontre pas tous les jours des types de cet acabit. En général, les gens qui concourent dans cette catégorie des plus grandes huiles de l’enfer économique, prêts à cracher le feu, à battre le cul du prolétariat tant qu’il est chaud, à troquer le pot de terre contre le pot de fer, pourvu qu’ils en extraient un joli bénéfice, ne font pas exactement partie de mes sphères.

Il y a une exception, qui m’a été très opportunément rappelée par MG, qui m’a adressé la notice Wikipedia avec ce mot d’accompagnement : « Et dire qu’il était derrière nous au concours d’entrée »… JB. Nous avions connu JB à Sciences-Po Strasbourg, élève plus que médiocre, à moitié redoublant, et dont les pots de vin versés aux marchés truqués des Hauts-de-Seine ont sans doute contribué à acheter l’admission en deuxième année de scolarité. Nous avions laissé JB à sa Smart, avec laquelle il regagnait tous les mercredis soirs la capitale, séchant les TD de la fin de semaine (déjà le même habitus culturel propre à la Sarkozie ; passer un week-end en province, quel cauchemar), à ses fringues de marque, à son indigence culturelle, à ses notes sous la moyenne. Nous l’avions laissé là, partir en troisième année de mobilité à Berkeley (une des universités les plus prisées de toutes celles proposées à l’échange, et qu’il avait réussi à obtenir, on ne sait comment, si on ne le sait pas trop bien, malgré son dossier scolaire pourri, par l’entregent, à ne pas confondre avec l’entrechat, qui est lui un terme dansant, et aérien). On l’avait laissé à Berkeley, puisqu’il n’en était pas revenu, et ne fut de fait jamais diplômé de Sciences Po Strasbourg, pas plus que Nicolas Sarkozy de Sciences Po Paris, il faisait partie du cimetière des connaissances, ces « copains d’avant » croisés un jour et dont on se demande deux ou trois fois dans une vie, tiens, que sont-ils devenus ? Eh bien voilà.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Balkany

Les gaz de schiste ont beaucoup fait parler d’eux ces dernières semaines. La mobilisation est partie d’Ardèche, comme souvent, comme presque toujours. J’ai des amis bien placés à Aubenas, je veux dire bien placés dans l’élevage extensif de poules, dans la construction de maisons écolos, ou dans la contemplation, dans l’extraction du suc de la vie, l’orgone de croissance, les Têtes Raides à l’accordéon.

Pour extraire les gaz de schiste, hydrocarbures non conventionnels, contenus dans la croûte terrestre comme un trésor du temps, il faut procéder à des « forages horizontaux » (sic), envoyer avec une pression démoniaque des tonnes de mètres cubes d’eau mélangées à du sable et des produits chimiques pour fracturer la roche, et que celle-ci libère son jus. C’est violent. Les risques sont connus ; contamination des nappes phréatiques en premier lieu, dégradation paysagère, fragilisation du manteau. Même Nicolas Hulot est contre…

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Industrie tout aussi eco-friendly que celle de la valorisation des pétroles non conventionnels ; l’aéronautique. J’ai rencontré le week-end dernier le numéro deux de la nouvelle compagnie aérienne qui vient de se créer à Djibouti, Djibouti Air. Bachir est libanais, spécialisé dans la création ex nihilo de compagnies aériennes. Il vend ses services à des hommes d’affaires qui veulent se lancer sur ce créneau, sans rien connaître des secrets de l’aviation civile. L’entreprise de Bachir, qui sait les rouages du métier, monnaie son expertise. Bachir contracte les pilotes, choisit les appareils, s’arrange avec les prestataires extérieurs, type restauration à bord, et surtout se démène pour obtenir la cinquantaine d’autorisations et de licences nécessaires avant de pouvoir envisager d’entrer dans l’espace aérien international (la semaine dernière, je l’ai accompagné sur un bateau mouillant dans le port de Djibouti pour un « dîner d’affaires », où je me suis retrouvé à essayer des costumes de stewart dessinés par la femme du propriétaire du bateau, une styliste yéménite spécialisée dans la création de tenues pour le personnel naviguant…). Puis quand les avions volent, Bachir s’en va. Il a ainsi créé de toutes pièces une compagnie à Abu Dhabi, dont la flotte s’élevait quand même à la fin de son contrat de services à 70 appareils. Il a des contacts avec des financiers tanzaniens pour une nouvelle compagnie à Dar es Salam. Et il ne lui a fallu que 28 jours, une belle prouesse, pour obtenir l’agrément de vol pour Djibouti Air, qui vient de réaliser son vol inaugural, Djibouti/Dubaï, Bachir habite d’ailleurs en temps normal à Dubaï. Une seule liaison pour l’instant ; à l’arrivée du premier vol, sur la tarmac de l’aéroport de Djibouti, avec un aréopage de VIP dans l’avion, le pilote russe, après avoir éteint les gaz, a aussi coupé le contact. La lumière s’est éteinte, et les portes se sont verrouillées. Il a fallu faire venir un groupe électrogène pour ramener l’électricité dans l’appareil, du reste, les hôtesses ne savaient pas comment ouvrir les portes. Vu comme ça, on  pourrait croire que Bachir est un amateur. Mais il s’agit quand même de quelqu’un qui doit toucher sa dizaine de milliers de dollars mensuels ; à trente piges, la rollex est pour bientôt. La réalité assumant parfois vaillamment la caricature, son père, qui vient de passer une semaine à Djibouti, est un homme d’affaires libanais marié avec une ukrainienne de trente ans sa cadette et qui s’apprête à s’installer à Boston. Les chiens ne faisant pas des chats, lui était hier sur ma terrasse, à fumer le narguilé toute la soirée. Une compagnie charmante, avec des histoires dignes de la revue Forbes. X. m’a ainsi raconté l’acquisition de son bateau de 22 pieds qui a mouillé durant huit ans au port de Deauville. Il s’exprime dans l’anglais sobre et efficace des affaires, que même moi je comprends. En voyage en France, avec des amis libanais, tous décident d’aller passer quelques jours à Deauville, pour y jouer au casino, Enghien-les-Bains étant pour lui « trop près » de Paris. Location de voiture, réservation d’hôtel ; arrivée le soir, tapis vert. A la roulette, il joue comme toujours des numéros voisins sur le cadran ; toujours les mêmes : 30, 11, 8 En une heure, X. gagne 8000 dollars. On lui suggère de s’arrêter, lui trouve dommage d’avoir fait toute cette route pour si peu d’adrénaline, ses amis rentrent à l’hôtel, au petit matin, il a perdu les 8000 dollars gagnés, plus 6000 dollars. Fouetté peut-être par la brise de mer, dans un accès de lucidité, il se dit qu’il serait quand même un peu con de passer ces quatre jours à Deauville à voir partir tout son pognon dans les caprices d’une petite boule blanche, et qu’il serait mieux de faire du bateau. Problème ; il n’a pas de bateau. Il en parle à ses amis, partent se promener près de l’embarcadère, cherchent un bateau à vendre. Tiens, justement il y en a un, assez joli quoiqu’un peu petit, il relève le numéro, appelle. Le propriétaire est à Paris ; il en veut 90 000 dollars. X. a, comme toujours, tout son fric sur lui en espèces. Au total, 60 000 dollars à l’arrivée à Deauville, moins les 6000 engloutis à la roulette, soit 54 000 dollars. Mais il ne veut pas négocier au téléphone ; il dit, parlons nous de visu, rendez-vous est donné l’après-midi même dans un café des champs-élysées. X. y va avec tout son « staff », comme il dit. La première impression n’est pas très favorable ; le type est grand, bourru, moustachu, sans sourire. Les Libanais commandent des bières, mais le type ne veut rien boire, il dit « j’ai peu de temps, allons droit au but ». Mais évidemment, X. insiste ; partageons au moins une bière, une seule, après nous parlerons du bateau. Bon d’accord. A la fin de la première bière, le vendeur en accepte cependant une seconde, puis une troisième. Quand il se lève pour aller aux toilettes, X. prévient son équipe ; surtout pas un mot sur la bateau maintenant. Dix sept bières plus tard, qui savent correctement dérider un homme, s’il peut tenir debout, le bateau s’immisce enfin dans la conversation. J’en veux 90000 dollars, réussit à articuler son propriétaire, dans un réflexe d’autodéfense. C’est trop, dit X. Combien en voulez-vous ? Eh bien, j’ai sur moi exactement 54 000 dollars en coupures, et je vous les donne maintenant. Forcément, le cash rend un peu fou, un gros tas de cash, surtout quand il s’agit de dollars américains, doit être capable d’hypnotiser correctement un homme quand il a bu 17 bières. Le lendemain, X. et ses potes naviguent tranquillement dans la Manche.  

Mais ce que j’ai trouvé précieux chez ce type, c’est que, indépendamment des partouzes auquel il a du participer sur des yachts d’anciens agents du KGB, et quand bien même des parties de pêche au requin les narines remplis de cocaïne, il avait l’air très heureux, concentré, et précis, à pêcher vendredi sur un petit bateau de vingt chevaux piloté par un yéménite, tenant dans ses mains une planchette de bois enroulé de fil de pêche, et terminé par un petit leurre rose fluo. Quand il a sorti la première daurade de la journée, deux kilos à peine, il a juste dit ; « It’s so good ».

Fin de partie.

Mais JB devra mener « d’autres raids virulents » pour bâtir sa fortune. Les députés, visiblement émoustillés par la montée du Front National et de l’abstention lors des dernières cantonales, autant que par la catastrophe de Fukushima, cherchant à retrouver le confiance du « peuple », à rester en phase avec les craintes et les espoirs et les attentes folles et les prévenances de ceux qui les élisent, s’apprêtent à légiférer pour interdire l’exploitation des gaz de schiste en France, au nom du salutaire, quoique décrié, principe de précaution.

Quant à Bachir, il a été licencié il y a deux jours de Djibouti Air, « la seule compagnie au monde ayant le courage d’avoir un dindon comme emblème », dit-il, alors qu’il s’agit d’un francolin, un volatile endémique de Djibouti aujourd’hui menacé.

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En fait, toutes les autorisations étaient fausses. Djibouti Air perdrait cinquante mille dollars par mois, et servirait d’abord à blanchir des capitaux. La semaine dernière, l’avion est revenu de Dubaï avec deux passagers à bord. 16 tonnes de carburant pour deux passagers. Avant de quitter Djibouti, Bachir m’a donné rendez-vous cet été à Las Vegas.

Mon coeur en fusion

« Bon, je préférerais ne pas mourir, bien sûr. Mais tôt ou tard la dame distinguée arrive, le problème est que parfois ce n’est pas une dame, qu’elle est encore moins distinguée, mais qu’elle est, comme dit Nicanor Parra, dans un poème, une pute chaude, ce qui fait claquer des dents le plus endurci ». C’est une phrase prononcée par Roberto Bolano, écrivain chilien, au seuil de sa vie, et de sa postérité. La phrase est rapportée par Philippe Lançon, critique littéraire à Libération, et qui est sans conteste la plus belle plume journalistique qu’il ne m’ait été donné de lire. Libé vit encore de belles plumes, comme de beaux restes, quand tout le reste a tendance à partir à vau-l’eau, ou plus loin encore, dans l’eau fangeuse qui fait les mares dans lesquelles se sont assoupi les journalistes complaisants, et les maquettistes maquereaux qui ont fait de Libé un gratuit payant. Du temps de Val, sur la fin, je n’achetais Charlie que pour y lire les petits trésors qu’y déposait chaque semaine Philippe Lançon, ses chroniques sabrées comme celles d’un marchand de sable pour y réveiller les morts. Philippe Lançon a aussi écrit un livre, Je suis un innocent et je ne sais pas écrire, signé sous le pseudonyme de Gabriel Lindero, mais son intelligence et son style métaphorique sans rien avoir des métaphores qui se regardent pisser tiède, empreinte mieux les petites tenues cintrées de la critique. Par exemple, dans ce texte sur Roberto Bolano, il écrit : « un vautour lui mange le foie depuis sept ans ». Tout le monde aura compris. Une fois, de temps en temps, quand j’y pense, j’imprime au kilomètre toutes les dernières parutions de Lançon, et je lis ça, allongé sur mon lit, ou à la plage, comme on peut déguster des poésies de Francis Ponge ; à petites goulées pétillantes, comme quelque chose de très bon, d’infiniment supérieur à tout ce qu’on peut lire, au quotidien, surtout dans un quotidien. Philippe Lançon vient de recevoir le prix du journalisme littéraire Hennessy. Ses textes sont des petits verres serrés de VSOP.

La mort est arrivée comme une pute chaude sur le Japon claquemuré par la vague, déferlante et tremblante, la terre en ses derniers soubresauts, ou rugissants. La dizaine de milliers de japonais dont la trajectoire vitale s’est arrêtée le 11 mars, a dû voir arriver la vague submergeante comme une pute chaude, ou pire. Ou rien du tout ; les catastrophes naturelles engloutissent des milliers de vie d’un seul coup sans que la mémoire médiatique ne parvienne à en fixer une seule ; tout va trop vite, et déjà la mer reflue ses victimes sur les plages, comme les migrants d’Ethiopie noyés vers le Yémen, et dont on ne parle pas. Ceux-là, et les autres, n’auront pas connu le la distinction de s’éteindre dans leur lit de mort naturelle, dans ce pays pourtant raffiné qu’est le Japon, où, après que les pommiers aient donné leurs fleurs, on cueille chaque fruit un à un à la main, gantée de blanc, on lustre chaque pomme pour que leur robe éclate de rouge, on enveloppe individuellement chacune d’entre elles dans une feuille de papier blanc. Son linceul.

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Les catastrophes nous renvoient tous à la petitesse de nos vies. Comme d’apprendre une nouvelle sur l’autoroute, ce que disait Delerm dans la nouvelle du même nom, pour lui, la mort de Brel serait toujours une autoroute à trois voies, avec un gros camion Antar sur la file de droite. Le séisme au Japon, cela sera pour moi une petite télévision branchée sur France 24 dans une pièce sombre d’une arrière cour à Obock, toute petite ville du Nord, à l’heure où les hommes commencent à mastiquer le qat.

D’instinct (maternel), j’ai d’abord pensé à ma maman. Elle est médecin volontaire dans une association médicale d’intervention d’urgence, Medilor, et peut être appelée d’une seconde à l’autre à partir sur le front de n’importe quelle catastrophe sanitaire qui pourrait intervenir et qui l’exigerait, pour perfuser, recoudre, ablater, panser, ce qui peut encore l’être. Maman était en Haïti l’an dernier. Et puis bon, évidemment, le Japon, la troisième puissance économique mondiale, qui tient dans ses mains comme un carré d’as ouvert la créance de tous les Etats-Unis d’Amérique ; on ne parle pas d’Action contre la faim. On n’a pas besoin de maman.

Ensuite, j’ai pensé que j’allais m’offrir un cocktail de sushis au restaurant le Melting-Pot le soir, par solidarité, et parce qu’on peut essayer de trouver des motifs de se réjouir à tout, lorsqu’on est impuissant au reste.

Et puis il y a eu ce bordel atomique. Julien était avec moi à Obock, alors qu’on recevait hallucinés toute l’info des premières minutes, avant que la cataracte n’ait eu le temps de s’habituer à ces portions d’autoroute avec des plaies béantes comme des lèvres, à ces voitures emportées par des raz-de-marée filmés depuis le ciel, mais pas par Yann-Arthus Bertrand, « Yann-Dieu » comme l’appelle l’écrivain écolo-dissident Iegor Gran… Défilait un bandeau sur France 24 ; « les autorités japonaises annoncent que les centrales nucléaires ont été mises à l’arrêt simultanément au séisme et qu’aucun incident ne serait à déplorer ». Julien est une sorte de mec dubitatif, artiste et nihiliste, qui n’aime pas les ambassadeurs qui boivent du champagne et exhibent leurs maîtresses, pas plus que Strauss-Kahn comme candidat de la gauche, et encore moins l’indulgence que l’on peut avoir pour Marine le Pen, et pas non plus que je reprenne mes coups lorsque je l’affronte aux échecs, Julien est un mec qui ne se-fera-pas avoir-comme-ça-par-la communication-de-crise, et n’est pas un mec qu’on achète avec des promesses, ou des pots de vin, sauf lorsqu’il a trop bu, comme nous tous. Au contraire, il aime Colette Magny.

 

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Dans les mails qu’il m’envoie, maintenant qu’il est rentré en France, pour me raconter une nuit d’amour, il écrit « J’ai passé la nuit avec une fille sublime et on a fait les chatons toute la nuit ». Philippe Lançon pourrait écrire ce genre ce choses. Mais là, à Obock, à jeun, Julien est un cœur révolté, qui me dit, tu verras, dans six mois, on nous annoncera que c’est pire que Tchernobyl. Il n’a pas fallu attendre six mois. Là, on nous annonce que le taux de radioactivité est seulement 3000 fois supérieur à la normale, qu’est-ce que ça veut dire, rien, c’est aussi abstrait qu’un bonus de trader, et on ne voit pas de véritable issue à la catastrophe, on ne sait quand les cœurs en fusion auront un peu refroidi, c’est un scénario à la BP, quelqu’un bientôt va proposer de couler un sarcophage de béton armé sur la centrale. Et qu’on n’en parle plus. Quand j’étais petit, Hiroshima était un des trucs qui me faisait le plus peur. Autant que la sorcière de la rue Mouffetard. Mes parents me chantaient la chanson de Moustaki : Hiroshima.

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Plus tard, j’ai pensé à mon papa, dans l’album photo duquel j’avais un jour trouvé ce vieil autocollant, très simple, années 70, Flower Power, Halte à l’industrie nucléaire. Combat pour la vie. C’est beau comme du Schweitzer. Un visionnaire.

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Les années soixante-dix. L’histoire de la création de Greenpeace, une dizaine de types (américains) vibrionnants qui s’embarquent depuis Vancouver sur un vieux rafiot pour rejoindre Atchimka et aller défier la puissance états-unienne qui s’apprête à faire exploser une charge atomique au large de l’Alaska, là où il n’y pas grand monde à part des ours blancs et des crabes. Il y a là sur le bateau tout ce que l’époque, la côte Ouest américaine dans les années 70, était capable de fabriquer de hipsters ; des journalistes pour la presse underground, des cultivateurs de chanvre, des animateurs dans des maisons associatives, des activistes contre la guerre du Vietnam, des chargés de TD en ethnologie. Et puis aussi des écrivains ayant encore leur œuvre à écrire, des professeurs d’université. Une joyeuse clique, et un capitaine caractériel ayant roulé sa bosse sur toutes les mers du monde, un peu Achab traçant son erre contre un Moby-Dick de plutonium. Le Phyllis Cormack, rebaptisé Greenpeace, navigue vers Amchitka en arrêtant parfois sa route dans des villages indiens, ou des villes fantômes spécialisés dans la production de crabes manufacturés, parfois il y a des pannes mécaniques, et la date de l’essai est reporté, la bateau fait demi-tour vers Vancouver, puis repart vers le Nord, Nixon ment, des collectifs se forment à terre, on envoie des dépêches pour raconter l’odyssée marine du Greenpeace, quand
la VHF autorise les communications, que la météo se calme, certains vomissent par-dessus bord, le mal de mer, ou les cuites au whisky, tout l’équipage finit par se haïr, ou le feindre, ou haïr la promiscuité, ou cette fuite en avant vers un ennemi presque imaginaire et qui se dérobe, on soupçonne même l’un des membres de l’équipage, parce qu’il a un peu plus les pieds sur terre que d’autres, est un peu plus « pragmatique », d’être un agent double de la CIA, c’est dire le climat de psychose qui règne, et celui qui raconte l’histoire, Robert Hunter, en a tellement marre, un soir, il a punaisé sur le rideau tiré sur sa couchette, Fuck off,  et le matin, il va prendre le petit déjeuner avec ce mot doux badgé à son t-shirt, c’est la débandade de toute communauté humaine qui vit dans un espace trop confiné quand elle n’est pas régentée par un ordre militaire, mais quand même, à l’arrivée à Vancouver, ils sont des héros, et s’en aperçoivent. L’histoire sera écrite d’une traite, sifflée comme une bière brune, par Robert Hunter, qui au retour, en bisbille avec ses collègues, en plein tourment dans sa relation conjugale, et au bord de la dépression nerveuse, viendra se terrer dans la cabine du Greenpeace mouillant tranquillement  tout l’automne suivant dans le port de Vancouver, l’inspiration dopée par la bière, l’insomnie, et des centaines de cigarettes, comme il le raconte dans la préface, un peu Kerouac, si l’on peut dire. Les combattants de l’arc-en-ciel., aux éditions Nature writing, le manuscrit est resté vingt ans au bord de l’eau avant d’être publié. De là est né Greenpeace.

Ces mecs avaient cela dit, bien compris vers où soufflait le vent.

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Ce livre, c’est mon petit-frère qui me l’a offert pour Noël. Car quand on parle de Greenpeace, quand il y a un pétrolier qui menace de s’échouer et de déverser sa bile noirâtre sur des plages toujours très jolies, ou une plate-forme d’extraction d’hydrocarbures qui explose par deux mille mètres de fonds, quand les centrales nucléaires japonaises s’affolent et que le cœur du réacteur fait de la tachycardie, c’est aussi de lui qu’il s’agit, tout aussi chat, chat écolo qui fume des joints, boit du maté, porte des pantalons larges comme des jupes découpés dans du coton biologique amérindien, et travaille à GP.

Aujourd’hui, il m’envoie régulièrement des nouvelles du Japon ; des analyses assez fines de la situation. Et notamment cette vérité implacable ; toute l’industrie nucléaire a toujours bâti son discours en matière de sécurité sur l’argument suivant : le nucléaire aurait développé sa sûreté sur la base de la défense en profondeur, ce qui veut dire que la redondance et la variété des garde-fous et des moyens de mitigation seraient tels qu’ils devraient en théorie empêcher toute catastrophe d’ampleur de se produire. Or dans le cas de Fukushima, ce qui s’est passé est limpide ; les digues de protection anti-crues s’élevaient à 10 mètres. Or la vague s’est dressé sur la pointe des pieds jusqu’à 17 mètres et elle a tout submergé : la perte conjointe des sources d’alimentation électrique et d’eau de refroidissement de tous les réacteurs du site ont conduit à une entrée quasi mécanique dans un scénario catastrophique. 

Le lien vers l’article d’Alain Vallee.

Le Japon est un des premiers partenaires de Djibouti. Son agence de développement, la JICA, a financé l’acquisition du bac qui relie la capitale aux villes du Nord, Tadjoura et Obock, de l’autre côté du golfe, un moyen de transport qui a considérablement contribué à désenclaver le pays afar. Le Japon finance aussi la construction d’un centre de recherches, a ouvert une ambassade, et s’apprêtait à installer à Djibouti sa première base militaire à l’étranger depuis la seconde guerre mondiale…C’est dire si les autorités djiboutiennes ont fait la gueule après le séisme, imaginant déjà le reflux de l’argent nippon, comme l’argent de Dubaï s’est évaporé avec la crise financière qui a frappé le petit émirat. Mouvement de marée économique. Djibouti croit toujours à sa pleine lune, et un peu en sa bonne étoile. Les ciels sont toujours superbes. Après le tremblement de terre, le gouvernement djiboutien, avec un empressement louche, a pondu des communiqués de condoléances, des messages d’amitié au peuple japonais endeuillé, des déclarations de solidarité binationale. L’agence de presse djiboutienne a même annoncé que le peuple djiboutien était tout disposé à aider le peuple japonais en quoi qu’il s’agisse, et a eu le bon ton de préciser que c’est le geste qui comptait. Djibouti est un des Pays les Moins Avancés (PMA, appellation contrôlée). Djibouti est plein de bienséance avec les misères du monde riche, et moins avec les siennes.  

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Indochine, que j’aime autant que Philippe Lançon, mais pas pour les mêmes raisons, pas tant pour la qualité de ses textes que pour le souvenir d’un amour adolescent, pour la mèche tombante de Nicola Sirkis, pour les verres de rouge bus en écoutant « savoure le rouge », pour les fleurs posées délicatement sur la tombe littéraire pleine ouverte de Salinger, pour les filles maquillées avec du khôl et les ongles vernis de noir, vient de sortir une chanson en japonais, un Ange à ma table, « dont les bénéfices seront reversés aux victimes » (une phrase tout autant d’appellation contrôlée). C’est kitsch. Mais Indochine a toujours pu se le permettre.

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C’était un post-hommage à Philippe Lançon, au Japon, à Indochine, et à Greenpeace.

Vous pouvez aussi financer l’achat de pièces du futur bateau de Greenpeace, un nouveau Rainbow Warrior.

http://anewwarrior.greenpeace.org/?lang=fr

Ulysse

Hier, j’ai été invité à dîner chez Ulysse. Ulysse supervise les chantiers que nous exécutons à Djibouti. Ulysse est un ingénieur italien de 70 ans, et qui a une barbe blanche bien taillée, et de belles rides. Quelqu’un me disait, il y a pas très longtemps (mais je ne me souviens plus ni qui, ni où) qu’il suffisait de regarder les rides d’un visage pour savoir si la personne avait eu une vie heureuse. Ulysse a des rides qui sont comme le prolongement d’un sourire, d’une espièglerie. Il a dû avoir une vie heureuse, comme quelqu’un qui aurait fait un beau voyage. Sa vie est loin d’être finie. Il a soixante-dix ans, largement de quoi être en retraite, tant au niveau de ce qu’il a déjà donné que de ce qu’il a aussi reçu, et depuis dix ans, chaque chantier dont il a la charge est soi-disant le dernier. A chaque fois il replonge. Peut-être qu’il a développé une relation toxicomaniaque avec le travail, comme certaines personnes qui sont nées dans la première moitié du XXème siècle, et qui ont commencé à travailler vers quatorze seize ans, comme apprenti, à une époque et dans une région où au déjeuner, il y avait des petits bocaux de tomates séchées, et où on travaillait soixante heures par semaines, où on se levait avec le soleil et où se couchait peu après lui, après une cigarette fumée devant la maison. Il a une résidence secondaire sur la côte à une trentaine de kilomètres de Rome. Il a fait construire à côté une maison pour chacun de ses enfants. Il se peut d’ailleurs qu’il les ait construites lui-même. Quand il rentre chez lui, il découvre à chaque fois que son potager n’a pas été correctement entretenu durant son absence. Il ne s’en plaint pas vraiment ; son fils qui pourrait s’en occuper, travaille en tant qu’ingénieur auprès des tours de contrôle, et voyage autant que lui. Ulysse est actuellement seul à Djibouti, sa femme est demeurée en Italie. Lors de son dernier séjour italien, il a ramené de l’huile d’olive, et du basilic, et des pignons de pin. Je ne sais pas comment il a eu connaissance de ma folle passion pour les pâtes au pesto, je lui en ai sans doute glissé un mot au hasard et comme on lance un ballon à la contrée, quand on discute avec un Italien, si l’on ne parle pas de football, ou de vespa, ou de la gauche radicale, on en vient vite à parler antipasti, bruschetta, et pizza au feu de bois. Alors voilà, il m’a invité à dîner, c’était une drôle de tablée, Ulysse, François, son adjoint, plus jeune que lui d’une quarantaine d’années, Français expatrié à Djibouti depuis neuf ans, mariée avec une fille d’ici, père de quatre petits enfants, et une belle et longue barbe ourlée comme un bouquet d’aubépine, de quelqu’un qui ne boit pas d’alcool. X, jeune ingénieur libanaise en mission d’une semaine à Djibouti, et moi-même. Ulysse a cuisiné les pâtes au pesto en s’appuyant sur les instructions données au téléphone par sa femme distante de quelques 8000 bornes, tout est affaire de dosage pour faire un bon pesto, m’a-t-il dit, et j’ai approuvé. Et moi-même. La hotline délocalisée était performante. Un pur délice. Et une drôle de tablée. Ulysse a sorti une bouteille de vin rouge maison, de sa production artisanale. Un peu râpeux, comme l’est un vin dans lequel on n’a pas rajouté de glycérol, et qui n’a pas été oxygéné façon Mondovino. On a parlé de l’Arabie Saoudite, où Ulysse a travaillé une dizaine d’années à construire des routes, et aussi des villas je crois, pour tous les cheiks de la famille royale, en parvenant toujours à tenir les délais, ce qui lui a valu le respect de toute la péninsule arabique. On a parlé du Cap Vert, qui est peut-être le plus beau pays pour vivre. Après on a siroté un petit whisky. Ulysse, monumental comme une œuvre Joyce, dans lequel serait inscrite toute l’Italie.  

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Que la montagne est belle

Ça y est, ils recommencent avec leurs conneries. Il fait entre vingt et vingt cinq degrés la nuit, et les gardiens du quartier résidentiel du Héron où je demeure s’enveloppent le soir venu dans des doudounes avec des cols en poils, des trucs polaires, et font semblant de grelotter. Ils m’avaient déjà fait le coup l’an dernier quand je venais d’arriver. Ils se font même des petits feux en grillant des cagettes de bois, une sorte de chauffage d’appoint. C’est assez comique. Retour à Djibouti. Après une longue absence, je veux dire sur mon blog, je m’en excuse, je me sens à l’égard du chat fumant des responsabilités frisant les obligations et qui sont peut-être absurdes, mais je ne suis jamais serein quand un délai de plus d’une semaine s’écoule entre deux billets. Mais je viens de passer trois semaines en France en pleine errance, ou plutôt en itinérance, puisque l’errance désigne l’absence de but précis, alors que le mien était bien clair : revoir mes amis. Qui à Saint-Haon le Châtel (Haute-Loire), qui à Aubenas (Ardèche), qui à Dijon (Côte d’Or), qui à Voussac (Allier), qui à Mulhouse (Haut-Rhin), pas les endroits les plus glamours de France, mais eux le sont cependant, et c’est un joli tour de France (dans une Ford Ka, en écoutant les stations de radio locales). De là qu’il découle des moments rares, boire des matés au coin d’un feu de cheminée avec la presse du jour, boire du champagne une veille de réveillon en écoutant le dernier concert hommage à Jean Ferrat donné à la fête de l’humanité cet automne, et le visage sublimé par les ans de Allain Leprest reprenant « On n’était pas riche ». Boire du rhum agricole auprès d’un poêle agricole en écoutant le sillon de Jean Ferrat lui-même, avec le diamant (brut) posé sur le vinyle. Boire un chocolat chaud entre deux pistes d’une station vosgienne. Avec toujours des gens autour. Apprendre des naissances à venir, découvrir des reconversions professionnelles, jouer à des jeux de société, embrasser des gens. C’était trop pour le chat, qui n’a pas trouvé un clavier ni une connexion pour y coucher ses tourments durant ces trois semaines françaises. Djibouti offre le temps, et n’offre presque que cela, c’est ce qu’on se dit certains jours (certains soirs) où les amis sont trop loin, et la vibration de l’Afrique un peu éteinte, mais le temps, c’est déjà beaucoup.

Meilleurs vœux. Que 2011 soit limpide comme les eaux qui bordent les îles Moucha, salée comme la banquise du lac Assal, sulfureuse comme les cheminées volcaniques qui entourent la lac Abhé, trois des premières attractions touristiques ici.

Ici, deux attentions qui m’ont bouleversé. La première, une enveloppe envoyée de France à mon adresse postale ici, adresse militaire, que je communique au cas où d’autres se sentiraient des velléités…

SP 85005 Armees, 00801 France. Précédé de mon nom. Simple.

Dans l’enveloppe, rien d’autre qu’une carte plus ou moins postale que j’ai scannée pour vous.

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C’est un dessin de Yves Saint-Laurent (gouache sur papier), et 1982, c’est mon année de naissance. Love, 1982. Pas de signature, pas d’expéditeur, rien que de l’amour dessiné par un créateur de mode. Je ne sais qui a envoyé cette carte, mais il faut bien que ce soit quelqu’un, qui ait noté ainsi d’une écriture assez élégante mon adresse sur l’enveloppe. J’aime bien les années paire.

La deuxième, c’est un fax envoyé par mon petit frère depuis son bureau de Greenpeace, la copie d’une « astreinte » d’un huissier de justice me réclamant ses droits, usurpés, mais il est maître (de la situation du moins). Il s’est pointé le 30 novembre en personne (faut-il n’avoir rien à foutre de son temps) à mon domicile parisien pour me réclamer le paiement d’un obscur reliquat d’impôt en ma qualité d’autoentrepreneur (n’y a-t-il pas là une niche qui me protégerait ?). Je n’étais évidemment pas là, mais mon colocataire a bien voulu recevoir sa plainte. Son astreinte, comme il est dit.

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Le notaire a écrit dans le rapport ; « Des voisins ont confirmé que la personne habitait bien à cette adresse et son nom est inscrit sur la boîte aux lettres ». François Millet a accepté de recevoir la supplique notariale en qualité d’ « ami » comme il l’a écrit à la main. Car il faut bien des qualités pour recevoir convenablement un huissier. François Millet l’a fait en qualité d’ « ami ». Qu’il en soit ici tendrement remercié. J’ai adoré voir cette amitié officialisée par un acte notarial.

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Bonne année à tous. Le chat fume à nouveau des Bensons Red.

Des lecteurs du chat qui fume

Depuis son lancement  le 1er janvier 2009, le chat qui fume a connu presque chaque mois une courbe de visiteurs uniques en croissance, parfois même en croissance exponentielle. Il m’est même arrivé la semaine dernière de m’entendre dire, pour la première fois, tiens, j’ai lu sur un blog un article intéressant traitant de la question des décharges à ciel ouvert à Djibouti,  le chien qui chique, s’appelait-il je crois… Ce genre de choses. J’ai même appris que j’avais parmi la communauté française de Djibouti, parmi des gens que je ne connais pas, des groupies, et que des remarques du type, « C’est pas vrai, tu es encore sur le chat qui fume » étaient prononcées, par un mari attendant pour un câlin du soir ou une tisane sa femme affairée sur l’écran, eh ouais ! Peut-être certains pourraient-ils avoir l’initiative d’un petit comité de soutien, ou pourquoi pas lancer une souscription pour me permettre de me consacrer à temps plein à la vie du chat et d’être complètement détaché des contingences matérielles… 

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En tous cas, il est un petit plaisir simple et privilégié, offert à son modérateur, quand un blog commence à avoir un certain trafic, à dépasser le simple cercle des initiés et des convertis, c’est celui de consulter régulièrement les « référencements ». Par référencements, on entend la manière dont les lecteurs débarquent sur le site. Si 80% des gens tapent directement l’url du chat, ou font une recherche simple sur google, « lechatquifume.unblog », « unblog.net.unchatquifume », il y a quelques variations, il y a aussi un certain  nombre d’internautes, non négligeables, qui arrivent ici visiblement par hasard, et pour de bonnes ou plus hasardeuses raisons. Mais après tout le chat est ouvert à tous les vents, pas sectaire pour un sou (sauf en ce qui concerne les jeunes populaires ou les lecteurs de la Règle du jeu). En consultant les référencements, on a un petit aperçu des requêtes qui sont faites quotidiennement sur google, de l’usage fait de la toile en 2011, et il faut bien dire qu’il y a certaines choses surprenantes. J’ai fait une petite nomenclature des différentes formules clés ayant permis la redirection depuis google vers la gouttière du chat, de juin à novembre 2010. Je n’ai évidemment rien changé ni à la syntaxe ni à l’orthographe. En un certain sens, on peut dire que l’Internet est vraiment le réceptacle de nos pulsions les plus bestiales ou de nos questionnements les plus bassement humains, ou humains tout simplement. 

Du fait de fumer et de ses prolongements existentiels 

quel est le pays qui fume le plus? / « fumer les croissants au beurre « / prof qui fume en cours  / fumée qui fait rire / photo femme musulmane qui fument 

Du chat dans tous ses états 

la paresse du chat quand il fait chaud / faire fumer un chat pour qui reste petit (j’aime beaucoup celui-ci)  / « mitonné aux petits légumes » / chat de cirque  / chat 36 ans / loi constitutionnelle nourrissage chats (Peut-être l’Internaute est-il Jean-Louis Debré)  / prenom de chat qui fini par ied / un chat qui miaule à la mort dans une chambre 

Des drogues et des usages qu’on peut en faire 

Bernard Henri Lévy consommateur de cocaine / apparence d un dealer de cocaine  / arbrisseau d’arabie, masticatoire excitant / « j’ai trouvé » +HASCHICH +agadir  / ques quil fon de la cocaine en pharmacie (Qu’en font-ils ???) 

Du sexe en général et de la prostitution en particulier 

les pompier toutnu (on démarre soft)  / où trouver une prostitué à séville / la prostitution sur tabouret a antananarivo  / trouver prostituee africaine a rambouillet / faire l’amour avec les belles filles erythrée 

Sans surprise, les requêtes sur les chats et la fumée caracolent en tête, et sans trop de surprises non plus, connaissant les penchants de mes congénères d’espèces, le surf orienté sur la dope et l’amour n’est pas loin derrière…  Après, le chat qui fume a aussi visiblement aidé à réaliser quelques exposés scolaires ; je ne suis pas contre donner de temps en temps un petit coup de pouce à des collégiens en délicatesse. 

Le prix du pétrole et la Théorie des Jeux /  DIFFERENCES ENTRE ROMS TSIGANES ROMANICHELLES 

Le chat qui fume à Djibouti fait aussi guide de voyage, ou journal de petites annonces à ses heures perdues. 

comment se laver dans les camps a tadjourah  / 4 4 a vendre djibouti 

Il y a encore le module « copains d’avant ».

farid lalouche a thonon les bain  / yves sismologue djibouti alsace 

Ou bien le manuel d’utilisation d’une automobile

decoration du tablau de beur fiat ducato  / je cale à l’arret et chauffe kia - Moi aussi j’ai eu le même problème. 

Ou quelques colères saines prix du fuel scandaleux kiloutou / Pourquoi construire un sarcophage en béton ? 

Oui, pourquoi ? 

Mais il y a certaines recherches qui me paraissent plus obscures, du genre inclassables, où l’on se dit qu’il y parfois des idées un peu bizarres en vadrouille sur cette terre. 

Ainsi le  « principes serment hippocrate devotion empathi » ne m’apparaît pas totalement limpide, le « desapés dans son fourgon » fait-il référence à une situation générale ou particulière, le « yemen +gril sexe » et le « CE2 dopant » m’ont l’air d’émaner de cerveaux assez machiavléiques. Sans parler du « caf espace chat dating ». 

Pour finir, d’autres recherches beaucoup plus claires, mais pour lesquelles je ne comprends pas qu’elles aient mené leur auteur vers le chat qui fume, qui sont presque une remise en cause de mon travail… 

roc voisine caraoke plus parole ( !) / douches collectives nues ucpa ( !!)  / anar de droite ( !!!) Ou encore le « seminaires stage en groupe electrogenne 2010 » qui montre que tout le monde n’a pas une vie des plus excitantes. 

Et enfin les formules magiques qui m’ont rempli de fierté. 

on s’aime comme une huitre et du citron / kurt cobain lucky strike  / le chat qui fume bashung   

C’est beau comme du Bashung… 

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