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Dans leurs rêves !

SNCF: Bussereau estime que la grève « n’a servi à rien »

Ce matin, zigzaguant sur Internet, je ne pus m’empêcher de cliquer sur le lien conduisant vers cette brève relayée par le Figaro, sachant d’avance qu’elle allait me faire enrager, mais comme le poisson attiré par un halo de lumière, ayant sans doute l’intuition pourtant qu’il va y risquer sa peau, s’y rend toutes nageoires ouvertes, j’ai l’habitude de me précipiter vers les déclarations des pontes de l’UMP, et comme de la liqueur de Fehling en précipité, de virer alors au rouge sanguin – en règle général, mais plus précisément lorsqu’ils commentent des mouvements de grève.

PARIS — Le mouvement de grève à la SNCF « n’a servi à rien », a jugé mercredi le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau, alors que syndicats et direction ont entamé dans la matinée des discussions après deux semaines de conflit.

« Cette grève n’a servi à rien puisqu’il n’y a pas eu de négociations pendant cette grève. Les discussions qui commencent aujourd’hui étaient prévues quoi qu’il arrive par la SNCF », a estimé M. Bussereau sur LCI.

Interrogé sur un éventuel paiement des jours de grève, M. Bussereau s’est prononcé contre, rappelant que « depuis une circulaire qu’avait prise Jean-Pierre Raffarin, à l’époque Premier ministre, on ne paie plus les jours de grève ».

Donc voilà. Un type estime qu’une grève n’a servi à rien. Un ministre. Mais qu’en sait-il ? Ne sait-il pas que la grève est avant tout le marqueur d’un rapport de force, et que sans ces grèves qu’il juge un peu vite inutiles, on n’en serait sans doute pas là. Cette phrase d’Helen Zahavi, écrivaine anglaise d’origine israélienne, que les grévistes de Sud Rail et de la CGT Cheminots, qui auront toujours mon soutien, quoi qu’il en soit, et quoi qu’on en dise, et quoi qu’il m’en coûte (c’est-à-dire rien), a priori, ont compris mieux que tout le monde : « Les droits sont une illusion. Les droits n’existent pas. Vous possédez uniquement ce que vous pouvez défendre, et si vous ne pouvez pas le défendre, vous ne le possédez pas ».

« Donc voilà, beaucoup d’argent perdu par la SNCF, beaucoup de désagréments pour les clients », a commenté M. Bussereau.

Donc voilà.  Un type, un ministre des transports, un type qui vient de se faire étriller par Ségolène Royal en Poitou-Charentes, nous sort la rengaine habituelle, débile, culpabilisante, comme si on faisait  grève pour s’amuser, prendre du bon temps – et prend-il le soin de préciser que les jours de grève ne seront pas payés ; imagine t-il que le sacrifice financier met en transe  ces cheminots machinaux ou conducteurs de loco ?

Sur l’analyse du traitement médiatico-politique qui tend à devenir la règle en matière de mouvement social, je ne crois pas avoir jamais lu rien de meilleur que ce qu’écrivit, à l’automne 2008, au moment des luttes contre la suppression des régimes spéciaux, Pierre Marcelle, dans sa chronique donnée à Libération, No smoking. Hommage du chat qui fume.

« La démocratie, c’est la vérité du jour de sondages impressionnistes et incontrôlables, selon lesquels «l’opinion-publique-désapprouve-la-grève-des-cheminots-ayant-pris-le-pays-en-otage-pour-défendre-leurs-privilèges». (…) Comme si, derrière celle-ci, l’objectif encore indicible, mais qu’il convient d’ores et déjà de banaliser, consistait, à terme, en l’abolition de toute grève ; laquelle, si l’on a bien compris, il faudra bientôt savoir terminer avant de l’avoir entamée (dans leurs rêves !) ».

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Donc il y a Dominique Bussereau, qui tient son rôle de salaud de service ; qui le fait même avec une certaine bonne volonté, paraît-il.

Et il y a le clown, le pitre, le saltimbanque poujadiste, qui dit bien pire, mais en plus drôle, si bien qu’on lui en veut moins. J’en voudrais – pour preuve – toujours moins à Frédéric Lefèvre qu’à Xavier Bertrand.

C’est là une dépêche de l’AFP.

« Le ministre de l’Industrie Christian Estrosi a jugé inacceptable, mercredi sur France 2, la poursuite de la grève à la SNCF malgré la paralysie du transport aérien, affirmant que SUD rail aurait été capable de faire « la grève du déblaiement » après le séisme en Haïti. « C’est un peu comme si SUD en Haïti avait refusé de faire les déblaiements, de continuer à faire la grève du déblaiement. Moi je dis dans ce cas-là, on ne peut pas l’accepter », a affirmé le ministre.  « Il y en a qui ont un comportement inacceptable, a estimé M. Estrosi, et qui, alors qu’il y avait une situation exceptionnelle, un phénomène naturel, et qu’il y avait un devoir de solidarité, la nécessité de respecter les droits de l’Homme tout simplement, ont continué à avoir un comportement de repli sur eux-mêmes ». Le ministre a affirmé que les syndicats grévistes à la SNCF, la CGT et SUD rail, auraient du respecter un « devoir de solidarité », afin de permettre l’acheminement des voyageurs, bloqués par la paralysie du trafic aérien dû aux cendres du volcan islandais. 

Moi je dis qu’il y a à la fois le droit de grève mais aussi le devoir de solidarité», a déclaré M. Estrosi, racontant avoir dû porter assistance en tant que maire de Nice, à «près de 400 personnes qui pendant deux nuits d’affilée ont dû se coucher à même le quai de la gare ». 

Le séisme du 12 janvier en Haïti a fait au moins 220.000 morts et quelque 1,3 millions de sans-abri, principalement dans la capitale Port-au-Prince ».

Je vous l’ai retranscrit en intégralité, parce que je trouve que la fin est assez subtile ; on dit souvent que la neutralité du ton à laquelle sont contraints les journalistes de l’AFP les empêche de prendre position ; ici, sous couvert de donner des informations factuelles et chiffrées, m’est avis que le type se paie très clairement la tête de ce ministre grand-guignolesque. En douceur, certes, mais en douceur, en douceur, en douceur et profondeur ! 

Vieux et cons

Je prépare un long post sur l’Ethiopie où je viens de passer trois jours d’hiver, je me documente, je recoupe mes sources ; je me rends compte que cela fait dix jours que le chat ne miaule plus et je ne veux pas désespérer Billancourt, pas plus qu’Uffholtz, la goutte d’Or, ou Djibouti, aussi je me suis résolu à écrire ce matin ce qu’on appelle dans le jargon professionnel « un message d’attente » ; dire que l’on fera quelque chose, mais qu’on le fera plus tard. Je ne savais pas exactement quelle en serait la teneur, jusqu’à ce qu’une information glanée sur le net ce matin me mette suffisamment en transe pour activer mes griffes sur le clavier.

Damien Saez est un type a l’allure un peu mystérieuse, avec une voix partant souvent en oblique vers les aigus comme le vol d’un busard cendré. Il sort un dernier album, qu’il a décidé d’autoproduire, pour ne pas finir « en sonnerie de téléphone portable ». Il a eu l’idée de jeune et con, il y a quelques années, qui l’a fait connaître, et il ne passe jamais à la télé. Plutôt des bons points.

L’affiche annonçant sa prochaine de tournée de concerts, et qui devait être placardée dans les couloirs du métro, a été refusée par l’Autorité de Régulation professionnelle de la Publicité. Au motif qu’elle présentait un « caractère dégradant pour l’image de la femme dans la mesure où elle apparaît nue, et qui plus est, dans un chariot de supermarché ». Qui plus est.

Voici l’affiche.

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Après, on peut en discuter des heures, dire qu’on trouve son esthétique admirable, qu’il y a un côté warholien, que la fille est belle. On peut discuter du message qu’elle véhicule, et qui semble être l’établissement d’un parallèle entre la grande distribution et la prostitution, une dénonciation des ficelles marketing, que Charles-Edouard Leclerc est un proxénète, que la vraie vie est ailleurs, que faire l’amour dans un chariot ne doit pas être très confortable, que les pin-up de magazines sont comme des dindonneaux sous cellophane à expiration rapide, et des produits de grande consommation, presque de première nécessité. Ou exactement l’inverse. Zola accusait l’antisémitisme, la mauvaise foi, et les réflexes conservateurs de sa troisième République, Saez accuse le merchandising, les logiques consuméristes, mercatiques, dégradantes de la quatrième Internationale du fric (je lisais la semaine dernière un long article d’une quinzaine de pages, extrait d’un ouvrage de l’architecte David Mangin, la ville franchisée, sur les ravages qu’avaient causé sur le territoire français le développement d’un urbanisme commercial dans les années 60 – immenses parkings posés comme des furoncles purulents d’hydrocarbures sur les campagnes périphériques, centres commerciaux, galeries, Norauto, Kiloutou, Decathlon, Kiabi, structures d’une laideur préfabriquée, préformatée, implacable, échangeurs s’échangeant au-dessus de nos têtes comme un nid de serpents à sonnettes, à klaxons, pollution visuelle des grandes enseignes, pollution atmosphérique du tout-automobile censé agréger la demande vers ces lieux d’offre à l’étalage, disparition lente et progressive, inéluctable, des petits commerces, des petits quincailliers, des petits primeurs, en centre-ville, (oui, c’est bobo, et je m’en fous) (on en revient lentement)). Le plus parfait symbole de cette dégénérescence qu’engendra et qu’engendre encore (mêmes si les textes réglementaires se sont un peu durcis, comme de la pâte à sel au four) cette logique de spéculation sur la grande consommation, c’est le caddie, cette icône païenne, le caddie où il faut mettre une pièce de dix balles, ou de deux euros, mais c’est pas comme dans un juke-box, il y a pas de musique, et on n’a pas envie de danser.

Aussi, on pourrait discuter des heures des interprétations multiples que propose l’affiche, on pourrait même accepter de recevoir des critiques là-dessus, est-ce une atteinte à la dignité des femmes, pourquoi pas, si les chiennes de garde, ou autres mouvances féministes étaient un peu moins stéréotypées dans leurs positions – accusant chez Frédéric Taddei la semaine dernière Damien Saez d’être un mac…Qu’aurait à dire Elisabeth Badinter là-dessus ? Je trouve que globalement, toutes les associations qui soi-disant défendent des minorités oppressées, type chiennes de garde, MRAP, CRIF, SOS RACISME, ou même parfois la CGT, ressemblent de plus en plus à des organisations terriblement autocentrées, qui n’hésitent jamais à jeter de l’huile bouillante sur le feu, comme ces défenseurs de forteresses à l’époque médiévale qui en déversait par les mâchicoulis pour repousser l’ennemi, évoquant des groupements au point de vue réduit, comme s’ils avaient chopé le soleil en pleine face, éblouis, ne pensant qu’à s’en tirer du mieux possible, et oubliant complètement la nécessité du vivre ensemble (oui, je sais, c’est un terme dévoyé, mais je m’en fous), alors que comme l’explique Pierre le Hir dans un article très beau du Monde, même les animaux sont capables d’empathie, d’altruisme ;

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/26/des-animaux-doues-d-empathie_1311733_3244.html

Les humains semblent de manière générale avoir oublié que ce sentiment existait.

Mais en fait, il n’y a même pas matière à discussion. Il ne devrait même pas y avoir matière à débat. Cette interdiction est aussi conne que celle qui frappa Vian à la sortie de J’irai cracher sur vos tombes, en 47 (trop érotique), ou Franz Fanon, avec son brûlot anticolonial les Damnés de la terre en 61 (trop africain). La preuve qu’on régresse.

Pour revenir à Saez, et à la juste mesure des choses, pour illustrer je sais pas quoi, l’absurde, le ridicule, une image que tout le monde connaît sans doute, la dernière campagne de prévention du tabagisme chez les jeunes. Des photos qui outre d’être moches, véhiculent un message des plus débiles, des plus réducteurs, des plus caricaturaux, très loin de la polysémie, de la polyphonie de Saez.

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Demain l’Ethiopie.

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Ligue nationale du football, du racollage frontiste, et de l’inconséquence

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Gueuler un coup.
Contre Thiriez, à lui en défriser les moustaches, même si c’est du réchauffé. Passé au micro-ondes. Ce con, énarque, président de la ligue nationale de football, qui, se pliant aux recommandations de je ne sais pas quelle obscure commission médico-sociale et sanitaire de santé publique, décide l’abrogation du match de football le plus chaud de l’année, OM-PSG, à quinze heures, le dimanche, six heures avant le coup d’envoi, alors que 1500 parisiens sont déjà sur place et qu’un TGV chargé d’Ultra boulonnais et auteuilois s’apprête à entrer en gare Saint Charles. Tout ça parce que trois joueurs du PSG ont le nez qui coule et un début de fièvre, la preuve, l’un d’entre eux est même à l’heure dite en train de battre le carton avec d’autres coéquipiers dans un hôtel de luxe jouxtant l’aéroport de Marignane. Dès lors, que pouvait-on croire qu’il allait se passer, et qui d’ailleurs se passa, sans avoir besoin de lire l’avenir dans du marc de café, ou pourquoi pas de Gewurtz ? Les supporters parisiens ayant payé comme il se doit leur 150 Euros à la SNCF pour descendre en Provence, ou s’étant tapé dans la promiscuité d’un bus sentant sans doute à son arrivée la bière, voire l’urine, allaient ils civilement s’installer à la terrasse d’un bistrot du vieux port pour commencer une partie de scrabble, ou s’engager dans une visite commentée du musée de la Fayence (il existe, j’ai vérifié) ? Les choses se déroulèrent quelque peu différemment. Pour ne pas avoir le sentiment d’avoir perdu leur week-end, les Parisiens se mirent à casser des trucs, les Marseillais bastonnèrent quelques Parisiens isolés (un peu comme dans un troupeau de brebis, gare aux boiteux), après certains se lancèrent des couteaux, ou se dévissèrent à la gueule des bombes lacrymogènes, un moment donné, les flics entrèrent dans le tas, certains finirent au poste et d’autres dans un TGV spécialement mandaté par la SNCF les ramenant dans la capitale, dont ils taguèrent abondamment chacun des wagons. Faut-il être con, ou avoir fait une grande école, pour ne pas se douter qu’une situation déjà explosive risque de dégénérer à l’annonce de l’annulation d’un match à cause de la grippe A ? Faut-il manquer de clairvoyance, et de lucidité, et raisonner en bon gestionnaire, pour générer une situation comme celle-là, c’est-à-dire ne pas voir les risques réels induits derrière le rideau de fumée des risques virtuels d’une hypothétique pandémie même pas mutante ? Bref, Thiriez doit démissionner.
Gueuler un coup.
Contre Besson. Dont décidément le zèle à devenir le plus stakhanoviste des sarkozistes et le plus imbuvables des mecs de droite, continue de me surprendre, chaque fois un peu plus. Il y eut d’abord les attaques contre Ségolène, puis le franchissement du Rubicon, le doigt sur la couture, la dette rubis sur l’ongle, et le con de l’autre côté du gué, que Besson franchit à la nage, d’un crawl délié. Puis un ministère. Puis le ministère de l’identité. Puis un poste au bureau exécutif de l’UMP. Puis la reconduite des afghans. Puis l’idée lancée de ce débat sur l’identité française, dont je ne sais pas trop à quoi il pourrait aboutir, m’est parvenu à l’oreille l’idée de chanter au moins une fois par an la Marseillaise (banaliser une date ?). En fait, l’obsession de Besson aujourd’hui, et il l’avoue clairement dans de nombreuses interviews, c’est comme il le dit, de « tuer le FN », de lui savonner la planche, de lui siphonner ses voix. C’est ce qui l’excite (texto, voire sic). « Depuis une semaine, je suis la cible privilégiée. Ca me réjouis. Jean-Marie Le Pen a peut-être compris qu’on va lui piquer définitivement un certain nombre de valeurs qu’il croyait s’être attribuées et qui ne sont pas des valeurs qu’il devrait naturellement porter ». C’est son cheval de Troie et de bataille. Sauf que Besson, pour arriver à ses fins, qui n’en est, je trouve, pas une en soi – car le FN est comme l’hydre de Lerne, le monstre à sept têtes, chacune se régénérant après avoir été tranchée, et dont l’haleine soufflée par les multiples gueules exhale un poison radical, bref, vouloir tuer le FN n’a aucun sens, si celui de se faire mousser comme un Picon bière, donc Besson ne s’interdit rien. Et à propos de ce fameux débat sur l’identité, j’ai beaucoup aimé cette contribution signée Mathieu Potte-Bonneville, philosophe, enseignant, et membre de la revue « Vacarmes », paru dans Libé avant-hier, où il est dit notamment ces paroles pouvant sembler un peu obscures mais qui s’éclairent dès lors que l’on a lu ce qui précède dans son texte : « C’est pourquoi, à la question «Qu’est-ce qu’être français ?» posée par le ministère de l’Immigration, il ne saurait y avoir dans les mois qui viennent qu’une seule réponse, endurante, ressassée, monotone, obstinée : «Cela ne vous regarde pas». Vous avez perdu le droit de poser cette question au moment même où, liant identité nationale et contrôle de l’immigration, vous avez aménagé le renversement systématique des composantes de la citoyenneté en autant de critères d’exclusion. A cette captation, il ne saurait y avoir de réponse qu’en acte ; libre à vous, lorsque ce temps viendra, d’interpréter la violence de notre refus comme une composante de la «francité». L’article complet : http://www.liberation.fr/societe/0101599904-qu-est-ce-qu-etre-francais-cela-ne-vous-regarde-pas
Donc cela ne regarde pas Besson et Besson doit démissionner.
Gueuler un coup. Contre les antennes du pôle emploi, qui sont fermées le vendredi après-midi, tous les vendredi après-midi, et celles des allocations familiales, fermées durant trois vendredis de novembre à Paris, sans raison explicitée. Evidemment, personne n’est au courant avant de s’être cassé les dents devant une porte close. Ça m’est arrivé vendredi dernier, puis aujourd’hui, à chaque fois, en cinq minutes de temps devant ces bâtiments, j’au vu défiler une dizaine de personnes s’étant déplacées pour venir activer une indemnité de chômage ou déposer un dossier d’APL, bref, des personnes déjà en difficulté a priori investissant de leur temps et de leur énergie pour satisfaire à toutes les démarches des administrations de l’état-providence, qui leur oppose donc, en l’état, ces vendredis après-midi là, une fermeture inopinée, liée à quoi, à des mesures d’économie, au confort de leurs salariés voulant voir leur week-end démarrer le vendredi à midi, ou un raisonnement un peu bancal et infantilisant présumant que ces oisifs ont tous les autres jours de la semaine pour venir quémander leurs indemnités de vie, et que rien ne les astreint à se déplacer le vendredi. 
Le Pole-emploi et la CAF devraient démissionner.

Messieurs les censeurs, bonjour

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Il y a une copine qui m’a alerté, heureusement, sinon l’information me serait passée sous les moustaches, j’ai des bons indics. Ils ont gommé la pipe de Tati. Pas le fondateur des magasins rose et vichy, non, Tati, le papa de Monsieur Hulot, pas Nicolas, Jacques. Pas la personnalité politique préférée des Français. Et pas Mamère non plus. Mon Oncle. Jacques Tati. J’ai vu un seul de ses films dans ma vie, mon Oncle, dans un vieux cinéma défraîchi du centre de Calcutta, à l’occasion du festival français du film en Inde. Le film était programmé un lundi matin, à 10 heures et demi. On était une petite dizaine dans une salle de près de 1000 places, un ancien théâtre, installés dans des fauteuils de bois, sur le deuxième balcon. Le contexte était favorable. C’est drôle, Mon Oncle, il y a très peu de dialogues, mais il y en a quand même, et ils étaient pas sous-titrés. Les Indiens ont rien pigé. Ou peut-être si. Il y a pas grand-chose à comprendre chez Tati, il y a juste à regarder ce grand bonhomme dégingandée, avec son costume de flanelle trop court, son noeud papillon, son chapeau rebondi, son vélo, et sa veste qu’on imagine s’ouvrir tel un présentoir de sucreries pour impressionner les enfants. Avec une pipe, aussi. Toujours éteinte. Mon papa fumait la pipe sur le rocking-chair au coin du feu, durant les soirées d’hiver de ma prime enfance. J’ai toujours aimé l’odeur du tabac de pipe. Ça me fait penser à Moustaki et au pot-au-feu, à la marine à voile et à la lampe à huile, à la mélancolie du temps d’avant. Tati, c’est comme une odeur de pipe froide dans un pull de laine, un film muet avec une bande son, ou du cinéma noir et blanc colorisé. La pipe va avec. Sans la pipe de Monsieur Hulot, c’est différent.

Et bien voilà que la cinémathèque de France organise une grande exposition représentant comme une fresque la carrière de Tati. Sur les affiches, mon Oncle fait du vélo au vent, emportant à l’arrière de son porte-bagages un gamin de Doisneau. A la bouche, une pipe.

Ces affiches qui servent à la promotion de l’expo devaient être accrochés entre autre dans les couloirs de métro et sur les quais de gare. Les services juridiques de la RATP et de la SNCF ont estimé qu’il y avait un risque de transgression de la loi Evin, qui interdit la publicité pour le tabac, et ils ont gommé la pipe, la remplaçant par un petit moulin à vent. Il y a quelques années, ils avaient déjà fait le coup à Sartre, réécrivant son histoire sur les murs de la BNF sans sa cigarette sans filtre, une gauloise peut-être.

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On peut avoir le sentiment que c’est de l’ordre du détail, une pipe ou un clope qui partent en fumée sous les coups fumeux de la censure. Mais c’est ce genre de détail qui renseigne sur l’état de délabrement de l’honnêteté (intellectuelle) d’une société. Quand des publicitaires effacent d’un coup de palette PhotoShop un petit héritage symbolique du cinéma français pour éviter par avance toute emmerdement, toute complication, c’est qu’un truc déconne. Comme si à la vue de ces affiches, des lycéens allaient délaisser les Fortuna pour fumer la pipe. Comme si, demain, tout le monde courait s’acheter un parapluie. Il en faudrait pourtant contre la connerie qui pleut dru.

Iggy, la voix de la pop…

Je viens d’allumer le poste, j’apprends que la loi Hadopi a été rejetée cet après-midi, « à la surprise générale », par l’Assemblée nationale. Première bonne nouvelle. Quelques mots là-dessus. Une fois de temps en temps, tous les six mois, un des innombrables textes de lois qui jour après jour contribuent à réduire le carré de soleil, à effacer les quelques rais de lumière orangée qui éclairent encore certains pans de la société, des textes qui accroissent les zones d’ombres, et qui sont comme des ventouses aspirant les dernières poches résistantes de notre fluide vital, de notre énergie, ce qu’on appelle l’orgone (cf wiki), un de ces textes est rejeté, et donc des raisons d’être content, mais pas heureux, non, de toute manière, le texte sera représenté à la fin des vacances de Pacques en seconde lecture, c’est juste une passe de torero qui a réussi, mais on finira quand même emplâtré après une véronique ratée. Frédéric Lefèvre n’était pas dans son bureau. Il prétend qu’il animait une réunion sur la « modernisation de l’UMP », ce qui sent quand même le charabiage et la tentative d’enfumage. Quand à Copé, absent lui aussi, et interrogé, il admet avec humilité : « J’étais dans mon bureau, juste à côté de l’hémicycle, mais le problème n’est pas là… ». T’as raison, Jeff, le problème, c’est la savonnette présidentielle qui va suivre, il y a des jours comme ça où ça veut pas.

Alors Hadopi, de quoi ça parle ? De la lutte contre le téléchargement illégal. De sanctions graduées, de protection du droit d’auteur, de fermeture inopinées de lignes Internet pour les contrevenants, et bien sûr aussi de pognon, d’amendes (non honorables), et de cabanes. Il y en a plein, de ces trucs un peu vicelards grimés sous des pseudonymes candides. Hadopi, moi m’évoque Okapi, le magasine de l’enfance, qui défend les animaux sauvages. C’est comme Edwige, avant d’être un fichier de recensement des caractères potentiellement déviants de chacun d’entre nous, c’était juste une copine, blonde, et avec de beaux seins. Il y a une plante qui porte le poétique nom de digitalis purpurea, qui pousse dans les forêts alsaciennes, qui a de jolis globes roses et qui est mortelle parce qu’elle ralentit le rythme cardiaque.

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Sur le fond, que penser du téléchargement libre de musique, de films, de supports culturels en tous genre ? Déjà, que les Anglais ont un peu plus avancé que nous sur le sujet, et proposent que ce soient les majors qui se mettent d’accord avec les fournisseurs d’accès Internet pour financer les artistes, ce qui semble quand même un peu plus réaliste que de vilipender le cybernaute. Ensuite, qu’il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter. C’est aller trop à contre-courant des évolutions de notre monde, c’est perdre son temps, et son énergie. On doit essayer de lutter tant bien que mal et quelque soient les échecs rencontrés, les couleuvres à avaler, contre, par exemple, la déforestation dans les zones tropicales humides d’Afrique centrale. On doit lutter contre la propagation du SIDA. Mais Internet ? Le gouvernement chinois s’accroche à son Google filtrant, mais dans vingt ans, les dernières barrières auront sauté. Mettre en place des mesures de protection de la confidentialité et de la vie privée sur Internet, oui, c’est possible, comme le montre le recul de Facebook. Mais le téléchargement ? C’est la nature même d’Internet. C’est l’essence de ce réseau, que de s’échanger des informations, il y aura toujours des plates-formes, des fichiers joints, du streaming. Vouloir lutter contre ça, c’est comme de vouloir fabriquer de l’électricité avec des moulins à vent, c’est comme de bâtir des châteaux en Espagne sur une terre un peu glaise, c’est voué à l’échec. Avant même de dire si c’est bien ou si c’est mal. Cela dit, moi, sur le fond, je trouve ça plutôt bien. Il y a des trucs qui me font flipper avec Internet ; la dématérialisation des liens sociaux par exemple, le fait de pouvoir faire ses courses sur le Net, le fait que des gens qui sont dans la même pièce se parlent par twitter interposé plutôt que par la voix. C’est là que je vois le risque d’une régression. Mais l’accès libre, gratuit, généralisé, à tout type d’information, de savoirs, de chansons, et bien ça participe à mon sens à un mouvement de démocratisation qui est intéressant parce qu’il met à mal d’une certaine manière la logique marchande d’une part, et la logique de l’élite de l’autre, regroupée autour de son petit savoir comme un pack de rugby au-dessus de l’ovale. Par exemple, que je puisse dire que Philippe Val est un con sur un blog (ce qui n’est pas une information exclusive) et de pouvoir être lu en ayant écrit ça, ça me plaît. C’est comme si j’étais un petit journal de quartier.

Val, justement. Dans le dernier post, au-delà d’une détestation lié à un chagrin d’amour d’enfant bafoué, je ne disais pas grand-chose des raisons pour lesquelles il avait fini par me paraître à côté de. Décalé. Hors sujet. Et bien sur le projet de loi Hadopi, il signait il y a quinze jours un éditorial dans Charlie pour dire son soutien. J’ai essayé de le retrouver dans l’amoncellement de journaux qui obstruent l’entrée de ma chambre, sans succès. Ce qu’il disait, en gros, c’est que la gratuité est symbolique, et qu’elle dévalorise un produit culturel. Il citait l’exemple des journaux gratuits, sur lesquels les gens essuient leurs pieds dans le métro, alors que ça se passe différemment avec le cahier Livre du Monde. En même temps, Métro ou Direct soir sont déjà en tant que tel des sous-produits culturels. Et c’est pas parce que Radiohead met son dernier disque en téléchargement gratuit sur son site, qu’on va s’empresser d’envoyer les fichiers mp3 dans la corbeille sitôt la première écoute terminée. C’est donc là que Val se goure. Lui aimerait qu’on continue à payer pour « symboliquement » continuer à aider les artistes qu’on aime, qu’on a choisi, et s’extraire d’une logique de zapping. Pensée d’arrière-garde, pensée archaïque, critique me semble t-il insurmontable pour un soi-disant homme de gauche, car la gauche, c’est la modernité. Même habillée en fringues vintage. Il dit, les artistes ne vont pas être incités à produire des albums de qualité s’ils ne touchent rien derrière. Déjà, des artistes, il y en a peut-être 1%, partie immergée de l’iceberg, qui vivent de leurs royalties, les autres se contentant de faire le spectacle. Et comme si un type allait un jour se dire, tiens là, je tiens un bon rif, une jolie ligne mélodique, mais je vais pas faire de chansons, ou alors, je vais la pourrir un peu, parce que, de toute manière, elle ne me rapportera rien. La pensée de Philippe Val est dénuée de tout principe de réalité et élaborée dans son petit univers mental fictionnel, en vase clos, d’où eau stagnante et odeur un peu nauséeuse.

Pour donner le contre-mot à Val, je suis allé chercher Iggy Pop qui donnait une interview la semaine dernière aux Inrockuptibles. Iggy, il est plus vieux que Val, et pourtant, c’est comme Jean-Paul Cluzel, il a jamais eu peur de se foutre à poil. Voilà ce qu’il répond à la question : comment réagissez-vous à l’idée que les gens téléchargent votre musique sans payer.

« Je m’en fous complètement, allez-y ! Je peux me le permettre ! Mon problème, c’est plus d’essayer de ne pas totalement dépenser l’argent que j’ai, pas de me casser la tête pour récupérer celui que j’aurais potentiellement perdu ».

Voilà, c’était Iggy aux platines. Qui s’en fout complètement. Comme moi.

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L’endormeur du Val

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Attention, on parle du salaud de Val pour prendre la relève à France Inter. Qu’il commence par poser nu dans des catalogues d’Act Up et on en reparlera. Pédant dans sa pudeur et sa pondibonderie, je suis à peu près certain qu’il n’osera jamais se défroquer. En 1789, il aurait été plutôt Louis XVI que sans-culotte. On prétend que Val est un enfant de la balle, un patron de gauche, une sorte d’obscure clarté. Val, qui n’a jamais eu peur des oxymores, a été une forme d’idole de jeunesse, le veau d’or dont il m’a fallu du temps pour percevoir que les facultés intellectuelles n’étaient que des enjoliveurs de pacotille plaqué or, le strass et les citations de Voltaire et de Spinoza masquant comme l’arbre la forêt le degré zéro de la pensée journalistique. De la pensée tout court en fait. Celui là même qui disait que Ségo était le degré zéro de la pensée politique. C’est dire s’il est con. Qui licenciait Siné pour critique licencieuse. L’un des premiers amis et soutiens de Val dans la sphère germanopratine, c’est BHL. Un indice. Ajoutons à ça qu’il a chanté pendant des années sur les routes de France avec un type qui s’appelle Patrick Font, qui a été condamné pour pédophilie il y a une dizaine d’années. Je sais, c’est bas. Val a juré ses grands lieux agnostiques qu’il n’en savait rien. Qu’il se casse alors avec le bénéfice du doute, et les stocks-options qui vont avec. Mais Val s’est depuis converti au sarkozisme, même s’il n’a pas le courage de le dire ouvertement, par lâcheté sans soute, et aussi parce qu’il est toujours plus intéressant d’être un patron de gauche pour pouvoir servir de caution. De caution amorale. Et enfumer la ruche d’un lectorat de Charlie qu’il croit acquis à sa cause, mais qui n’achète Charlie que pour les dessins de Wolinski et la toujours sublime chronique de Philippe Lançon. Il ira loin, ce petit, qui a compris la mécanique des fluides, celle des renvois d’ascenseur, et des retours de balancier. De 0 à 5 ans, j’admirais le Père Noël. De 6 à 13 ans, c’était Jean-Pierre Papin. De 14 à 20 ans, c’était Philippe Val. Aujourd’hui, je me demande si l’homme des grands froids ou JPP ne seraient pas de meilleurs patrons de presse que Val.

Mettre Parisot en bouteille

Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, déclare hier à un journaliste :

« Je ne comprends pas l’esprit de la manifestation de demain »

Bon, quelqu’un lui explique, là…

Siné sème (encore) sa zone

Comme on dit, les affaires reprennent. Siné répondait hier et aujourd’hui de délit d’antisémitisme, d’incitation à la haine raciale, et peut-être même de parjure à l’humanité, allez, tant qu’on y est, pour la petite chronique qu’il avait commise l’été dernier dans Charlie, et qui lui avait valu un licenciement du journal dans lequel il semait pourtant sa zone depuis des lustres, lustrant les costumes des toreros, patinant les parkas vertes kaki des tueurs de gibier et froissant les robes des prêtres, rabbins et autres imams de son écriture pleine d’enzyme libertaire, en même temps que les susceptibilités. L’histoire, tout le monde la connaît. Et la LICRA, Philippe Val n’ayant pas eu le courage sans doute de le faire, a porté plainte pour la fameuse critique anti-jeansarkoziste.

Le procès a débuté hier, et étrangement il s’est tenu à Lyon, à la demande de la LICRA. Pourquoi à Lyon ? Bien que ce ne soient pas les allégations officielles de la partie civile, il est probable que la LICRA ait voulu évité que l’affaire ne soit jugée devant la même cour qui avait l’année passée, et à raison, absout Philippe Val pour la publication des caricatures de Mahomet…

Donc se sont succédés à la barre les arguments fallacieux et les témoins de bonne moralité, mais uniquement la leur : Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, ami intime de Philippe Val que j’avais vu témoigner l’année passée pour défendre le droit à la critique religieuse lors du procès des caricatures. Bernard-Henri Lévy, qui porte son sigle BHL comme la marque de sa petite entreprise unipersonnelle et lucrative de philosophie sans réflexion. BHL qui écrivait encore il y a 2 semaines à propos de Gaza (en prenant des pincettes de homard): « Et puis, enfin, je peux me tromper mais le peu, très peu, que je vois (..) indique la ville sonnée, transformée en souricière, terrorisée – mais certainement pas rasée au sens où purent l’être Grozny ou certains quartiers de Sarajevo. Peut-être serai-je démenti quand la presse entrera enfin dans Gaza. Mais, pour l’heure, c’est, encore, un fait ».

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J’ai écouté récemment les cours enregistrés par Gilles Deleuze à l’Université populaire de Vincennes dans les années 70, où d’une voix chaude comme une poignée de marrons grillés au feu de bois, il explique ce que cela veut dire pour lui, « être de gauche ». Vous pouvez l’écouter en cliquant sur le lien. : http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafYczR.html. « Etre de gauche, c’est être minoritaire », dit Deleuze. BHL croit qu’être de gauche, c’est soutenir Ségolène Royal aux présidentielles alors qu’il est un ami intime de Sarkosie avec qui il a passé de nombreuses vacances aux sports d’hiver dans une station huppée des Alpes, ainsi que discourir l’éloge funèbre de Jean-Luc Lagardère lors de ses obsèques, dont il était bien sûr aussi un ami du premier cercle. BHL est à la pensée intelligente ce que Sarkosie est à la sincérité politique : l’absolue négation, et rien ne compte tant que l’agitation et la couverture médiatique, qui est pour leur ego surdimensionné une couverture de survie.  

Le procès démarre. Me Jakubowicz, l’avocat de la LICRA, annonce à la presse : « Les masques tombent aujourd’hui. Siné apparaît comme le gros beauf qui utilise des arguments d’extrême droite quand il dit : « Il y en a partout ». Sa véritable personnalité apparaît. La société a changé, on ne peut plus faire de blagues grasses sur les blacks, les youpins, ou les bicots ». Voilà, ça a été très violent, comme ça, durant deux jours. Et d’abord, qui l’a décidé qu’on ne pouvait plus faire ce genre de blagues ? Qui peut décréter, comme l’a fait BHL, que la ligne jaune avait été franchie ? Grand bouffon, il prétend que le stéréotype riche-juif « véhiculé » dans la chronique de Siné « jette le feu dans la tête des gens ». Comme si l’on prenait Siné pour notre idéologue. Comme si on le prenait au sérieux. Et qu’on était pas capable de rire. Juste de rigoler. Qui disait que la gravité était le bonheur des imbéciles ? Montesquieu. Alors Siné se défend.

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Et ce qu’il dit coule de source : « Il s’agit de propos humoristiques destinés à faire rire, sourire. Je ne tiens pas une chronique dans le Monde Diplo ». Voilà, tout est dit ou presque, ce jeu de posture, d’imposture, d’hypocrisie qu’on lui inflige, alors qu’il déverse la même parole un peu vérolée, mais marrante parce que tellement viscérale depuis vingt ans, et qu’il n’a jamais préservé ni la chèvre voilée ni le chou à kippa. Val plus tard, appelé à l’audience, se débine complètement, lâche Siné, fait semblant de prendre sa part de responsabilité en tant que directeur de la publication (« J’aurais du relire la chronique, je savais qu’il y avait parfois des problèmes de racisme ou de xénophobie ») pour mieux accabler l’autre. Ça m’a rappelé Daniel Bouton, le pédégé de la Sogé, offrant à la meute des journalistes financiers le scalp de Kerviel. En fin de journée défilent les soutiens de Siné. Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien : « Bob Siné est un humaniste ». Marc Feld, un architecte qui dépose en se présentant assez rapidement comme juif : « Au fond, Siné est un juif d’honneur ». Et Bedos, qui à la première question de Me Jakubowicz tentant de le faire réagir à une phrase un peu douteuse de Siné, répond à l’avocat : « Tu m’emmerdes ». Ce qui est une excellente réponse. En fait, il n’y en a pas d’autres. Ils nous emmerdent, ceux qui font semblant de ne pas comprendre, ou ceux qui comprennent de travers, ceux qui passent chacune de nos phrases au rayon laser de leur logiciel de pensée préformaté censé détecter des traces d’antisémitisme comme on détecte des traces de produits dopants dans le sang d’un coureur cycliste, comme si cela constituait une preuve. C’est comme de jouer aux échecs contre un ordinateur : chiant, parce qu’il gagne toujours, mais pas pour les bonnes raisons.

Alors, aujourd’hui, j’ai été content quand on est enfin revenu à un peu de raison. Le procureur a requis la relaxe, estimant qu’on était seulement sur le plan de la provocation, ajoutant, que l’honneur lui soit rendu, « qu’il fallait prendre garde à ne pas tomber dans le politiquement correct » et à ne pas se comporter comme des « snipers de la morale ».

En tout cas, on ne peut pas dire que Siné n’aime pas les chats.

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Merci pour lui. 

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Ball-trap

Dans mon dernier post, je faisais allusion aux figures romantiques de Ferré, Prévert, et Tintin, pour éclairer la route. Oui mais… 

Mais la vie n’est pas un chemin jonché de roses, et on n’y trouve pas que des anarchistes inspirés, des poètes libertaires et des reporters sans frontières pré-pubères. 

Et comme je ne voudrais pas avoir le sentiment de donner une image anamorphosée de notre époque globalement pleine de vulgarité et de perversité, j’ai décidé de consacrer ce billet à trois salauds…

fillon.jpgbesson2.jpgBall-trap dans Les griffes à l'air 1201698538981aznar-detalledn

J’ai cherché volontairement des photos où transparaissaient leur côté canin, opportuniste et un peu con, et j’avoue que ça n’a pas été très compliqué, car il y a déjà un sacré potentiel au départ. Ils ont l’air en tout cas très content (d’eux-mêmes ?). Pourquoi ces trois ? Parce qu’au hasard de la lecture de la presse, activité qui est devenue extrêmement difficile pour les nerfs, et les cardiaques de gauche feraient bien de s’abstenir, on peut remplacer ça par une cruche de café fort, j’ai relevé ces derniers jours trois citations des intéressés (pas très intéressants, sinon pour l’étude de cas sociologique qu’ils offrent…) qui valent la peine d’être relevées (à mon sens, que j’ai développé, comme tous les chats). 

Donc Fillon. 

« J’appelle l’opposition à la mesure. Nous n’allons pas rejouer indéfiniment la sempiternelle pièce du coup d’Etat permanent. Je trouve inacceptable que les débats parlementaires tournent à l’affrontement, au blocage, à l’injure et notamment à l’endroit du président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer ». 

Besson, à propos de son intégration au sein de la direction de l’UMP et de l’accueil soi-disant chaleureux qui lui a été réservé : 

«  J’ai essayé une seconde d’imaginer la situation inverse : Ségolène Royal élue, et mon équivalent de droite traité comme je le suis. Je vois d’avance comment cela se serait passé ». 

Et Aznar, pour finir en beauté : 

«  Pour sortir de la crise économique, il faut plus de flexibilité et de liberté dans l’économie, moins de taxe, moins de dépenses, plus de stabilité budgétaire, moins d’intervention de l’Etat (un propos que le Figaro résume par « Pour sortir de la crise, il faut plus de libéralisme »). 

Alors oui, ces phrases sont sorties de leur contexte, et on peut tout leur faire dire, et c’est un procédé vil. N’empêche que j’ai bien regardé le contexte et que je n’ai rien trouvé d’exonérant, la vérité, c’est juste que plus personne a peur de dire des conneries incroyables, c’est devenu une grande mode.   

Ce n’est bien entendu qu’un tout petit florilège loin d’être exhaustif, et je n’ai même pas parlé du traitement du conflit israélo-palestinien. Encore ce matin, le président de l’association France-Israël (2-3) fait un papier sur l’inquiétante dérive antisémite de l’extrême gauche. Il cite notamment pour appuyer son propos « la tendre rencontre entre le chérubin de l’anticapitalisme et un certain Jean-Marc Rouillan ». Besancenot appréciera la périphrase. 

Voilà, après ce genre de lecture que je m’impose pourtant, j’ai juste envie d’avaler un vermifuge, mais après ça me fait déglutir et j’ai des nausées toute la journée.  Heureusement, il y a ce type génial qui écrit les manchettes sur Yahoo ! Actualité et qui, plein d’humour, offre assez souvent de quoi rigoler un peu. C’est surtout une question de reformulation. Ce matin : 

« Le quotidien L’Équipe publiait hier une photo « privée » de Laure Manaudou. Seul problème, ce n’était pas elle ». 

Ça m’a fait rire.

Au fait, le SAV. La SNCF s’apprête à annoncer une nouvelle hausse de son chiffre d’affaires en 2008 de 7,7%. 

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