Les gens qui doutent
un cadeau de Pierrot et merci pour la tendresse
J’aime les gens qui doutent / Les gens qui trop écoutent / Leur coeur se balancer / J’aime les gens qui disent / Et qui se contredisent / Et sans se dénoncer
J’aime les gens qui tremblent / Que parfois ils ne semblent / Capables de juger / J’aime les gens qui passent / Moitié dans leurs godasses / Et moitié à côté / J’aime leur petite chanson / Même s’ils passent pour des cons
J’aime ceux qui paniquent / Ceux qui sont pas logiques / Enfin, pas comme il faut, / Ceux qui, avec leurs chaînes, / Pour pas que ça nous gêne / Font un bruit de grelot
Ceux qui n’auront pas honte / De n’être au bout du compte / Que des ratés du coeur / Pour n’avoir pas su dire / « Délivrez-nous du pire / Et gardez le meilleur » / J’aime leur petite chanson / Même s’ils passent pour des cons
J’aime les gens qui n’osent / ‘approprier les choses / Encore moins les gens / Ceux qui veulent bien n’être / Qu’une simple fenêtre / Pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme, / Les daltoniens de l’âme, / Ignorent les couleurs / Ceux qui sont assez poires / Pour que jamais l’Histoire / Leur rende les honneurs / J’aime leur petite chanson / Même s’ils passent pour des cons
J’aime les gens qui doutent / Et voudraient qu’on leur foute / La paix de temps en temps / Et qu’on ne les malmène / Jamais quand ils promènent / Leurs automnes au printemps
Qu’on leur dise que l’âme/ Fait de plus belles flammes /Que tous ces tristes culs / Et qu’on les remercie / Qu’on leur dise, on leur crie / « Merci d’avoir vécu
Merci pour la tendresse / Et tant pis pour vos fesses / Qui ont fait ce qu’elles ont pu ».
Paroles et Musique: Anne Sylvestre 1977

