Archive pour juillet, 2012

Quatre petites chansons

Ce sont des moments et ce sont des musiques et ce sont des mots, et parfois par magie, tous se superposent à la perfection, et les notes prennent leur juste pose sur les lignes intemporelles de nos vie, elles s’accrochent en blanche ou en noir, endeuillées ou pour un mariage sur une péniche, il y a parfois, de l’eau qui dort, c’est le lac de Gérardmer sous une pluie fine un dimanche matin, un pêcheur en ciré est là en bas nous le regardons depuis notre sommeil disloqué mais qu’on reconstituera vite, depuis le balcon surplombant le lac enchâssé au milieu de la forêt, comme au tout début de Jules et Jim, où la voix off de François Truffaut indique : « le ciel était très bas », le pêcheur, donc, que l’on retrouva l’après-midi, son oxygène en bandoulière, intubé, et tremblotant au moment de glisser les grains de maïs sur l’hameçon, en courage, et en abnégation, quarante années de tabagisme précisa t-il quand il vit m’allumer à ses côtés une cigarette, l’après-midi il pleuvait encore, on monta des lignes de vifs, les tout petits gardons tentèrent de prendre le large, et l’on ferra un brochet trop petit d’après les prescriptions du code de pêche vosgien, on le relâcha, c’était là la chanson de Marco (qu’il fredonna alors qu’on était tous dehors, et dedans à nos lancers et à nos moulinets) et de Bashung dont on vient d’inaugurer le square, le « ça mord ça fout l’effervescence »

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Et puis une semaine après, sur la route de la Normandie, entre des courses dans un hyper, et une fiole de mauvais whisky qu’on cache au fond sa culotte, alors qu’on a entendu trois ou quatre fois cette chanson de Dominique A à l’autoradio, siglé sur une compil 2012 des Inrocks, 17 ans peut-être après le courage des oiseaux qui a failli nous faire devenir ornytho : rendez nous la lumière, rendez-nous la beauté, sur scène il est là, il a plu toute la matinée, il y a de la boue partout, il est 17 heures, le soleil tente de filtrer, ses rayons comme des lasers dans la grisaille toute cidrée, tout en pomme et en bouchon, il pourrait y avoir des vaches en pâture, c’est un festival familial, et Dominique A donc chante pour nous et nous demandons avec lui qu’on nous les rende, que ceux qui nous les ont confisquées nous les restitue, cette lumière qui s’en va, et cette beauté qui ne prend pas

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Et puis c’est Sébastien Tellier le lendemain soir, là c’est un moment plus pur et plus fugace, il a enlevé quelques secondes ses lunettes noires, toute la scène n’est qu’une irisation bleutée, il s’installe au piano, dit, je vais faire cette chanson parce que j’aime bien la jouer, quelques minutes plus tard déboule, de nulle part, et l’on voit que Tellier est autre chose que sa parodie, un sketch ou un clochard, mais bien une pépite, l’amour et la violence à la fois.

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Hier soir, Miossec en rappel devant le parvis de la mairie du troisième arrondissement annonce, « je reviens bien seulement parce que c’est un concert gratuit, c’aurait été payant, je serais pas revenu », l’important c’est qu’il soit revenu, qu’il soit là, et après un tonnerre de Brest bien et vite envoyé, cette histoire de bières ne s’ouvrant plus aujourd’hui que manuellement, sous une pluie fine mais tenace, Miossec finit son concert, d’un joli « et continuez à bronzer c’est magnifique… », ça fait bien une semaine que l’été a déserté Paris, et lui Breton, ça le fait bien marrer.

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