Je suis sans

Je suis sans, je suis sans Valérie Trierweiler qui se répand en lune de fiel, peut-être à défaut du mariage qu’elle semble souhaiter, embrasse moi sur la bouche, mais là plutôt comme un crachat au visage, la rayure de la carrosserie avec les clés de voiture, la gratuité de l’attaque, comme une menthe religieuse, avait-elle prévu la déflagration, le souffle de son tweet, était-ce de l’indolence de la frivolité, ou simplement un truc de garce, l’insoutenable légèreté de Valtrier, son pseudo sur le réseau social qui me fait penser à la chevauchée des Walkyrie, deuxième partie de la tétralogie wagnérienne, vierges guerrières, divinités mineures de la mythologie scandinave, il y a de ça, un air danois, les cheveux blonds,  la nudité dans le sauna, les Valkyries, « revêtues d’une armure, volaient, dirigeaient les batailles, distribuaient la mort parmi les guerriers, à l’image de ces femmes guerrières, les Skjaldmös que content les sagas nordiques », leur nom provenant du vieux norrois valkyrja (pluriel : valkyrur), des mots val (abattre) et kyrja (choisir) (littéralement, « qui choisit les abattus »), je suis sans Olivier Falorni, dont le nom m’évoque lui davantage la félonie que la flagornerie, Olivier qui, non pas parla Colombe, n’est probablement pas pour grand-chose dans cette saga, ce château des Oliviers, n’ayant rien demandé à personne et surtout pas au National, mais décidé à se maintenir, à se tenir à sa place, cramponné comme l’alpiniste à la paroi que la foudre ne viendra jamais frapper, et proche du sommet, attendant que l’orage soit passé, j’aurais probablement fait pareil, je suis cependant sans lui, je suis sans Tweeter, qui amène de l’émotion là où il faudrait de la retenue, de la bassesse et de la discorde là où il faudrait du silence, du larsen là où il faudrait de l’opéra, sans tweeter et cette indigence du support numérique et cette mesquinerie des 140 caractères quand je suis capable d’en écrire 30 000 pour un article dans le Tigre, et ce redoublement de voyelles comme Yahoo, ce caramel mou, qui est comme une manière de surfer sur la phonétique, un sociologue montrait bien que le succès en asymptote de sports comme le kitesurf, le snowboard, le parapente, tous ces sports où il importe de faire corps avec les éléments, d’en adopter les courbures et les empâtements, d’être à la mesure des chutes de vent ou des risques d’avalanche, était symptomatique de nos sociétés où l’on recherche une forme de rondeur et d’inoffense, de non-agression, comme un igloo, je suis sans Jean-Luc Mélenchon, qui dans son vieux par-dessus râpé, sur ce parking de supermarché hard discount, un dimanche soir, où il aurait mieux valu manger des crêpes, prendre un bain, et lire « La vie dans les arbres » de Sylvain Prud’homme, n’emballait même plus ses mots dans le cordage vocal de l’harangue, mais plutôt de l’hareng-saur, célébré par le chroniqueur gastro de Libé et journaliste de terrain, Jacky Durand, comme le cycliste, dans « la nuit où le hareng sort », à Boulogne sur Mer, premier port de pêche français, ce n’est pas exactement Hénin-Beaumont, mais ce n’est pas très loin, Boulogne où l’on fume le hareng dans des coresses, ces fours à bois qui ressemblent à de hautes armoires et où le poisson prend cette saveur et cet aspect inimitables que procure le lent fumage à l’ancienne (vingt-quatre à quarante-huit heures). « Depuis la nuit des temps, le hareng migrateur est vécu comme une manne quand il se déplace par millions et que dit-on, du côté de la Côte d’Opale, il peut faire friser la mer tant il est nombreux », mais Jean-Luc est un pélagique qui migre solitaire, et qui s’est fait bouillir dans la casserole où l’on fait les pommes de terre du Nord, puis il faut écumer, et passer au chinois, et même si je suis avec elle, je suis sans Ségolène Royal et ses larmes, qui l’a sans doute cherché, à force d’inimitiés mal placées, même si aujourd’hui toujours belle et soignée, jusqu’au bout des ongles vernissés, mais l’air un peu absente, attendant au bout du quai l’arrivée de Martine et de Cécile, et pensant bien, déjà, même si se refusant à l’avouer, que la bataille est bel et bien pliée.

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Un commentaire

  1. Jocelyn dit :

    Je partage ton amertume. Les femmes savent être cruelles.

    Amitiés

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