J – 18 : voir et nommer

Voilà, enfin ça chauffe un peu je trouve, enfin les fumerolles de l’élection comment à soufrir, comme à l’approche de Noël où il faut parfois attendre le 22 décembre pour parvenir à sentir les effluves natales, lorsque la crèche a trouvé sa place, que l’on a fini de rouler les truffes dans la poudre de cacao, que l’on s’apprête à ouvrir les huîtres, et qu’on allume des cierges…Eh bien là, je me mets enfin à ressentir l’adrénaline des derniers jours, les palpitations de la campagne, les barouds d’honneur, comme on le dit des vins. Ce soir, je vais voir Eva Joly faire des claquettes ou des numéros de bonneteau au Cirque d’hiver. Et plus le temps passe et plus je l’aime (bien que des amis bien intentionnés m’adressent des compilations d’article expliquant, mais vainement, pourquoi le vote écologiste en ce mois de mai, c’est Jean-Luc Mélenchon) ; j’ai même bravé mon devoir de réserve en accrochant aux murs de mon bureau sa profession de foi. Hier soir, documentaire sur France 2 sur les agriculteurs victimes de l’utilisation massive de pesticides depuis cinquante ans, sujet méconnu : cancer, handicaps, lymphomes, et des combats sans fin contre les mutuelles agricoles, aussi dures en affaire que des études notariales, pour faire reconnaître ces infirmités en maladies professionnelles. Tout ramène à l’écologie.

Par contre, sur un autre plan, scène marrante ce midi dans un cinéma de la Garede Lyon, où à l’heure du déjeuner, je suis allé voir en compagnie d’un chat, Blanche-Neige le film (ne riez pas). Une dame devant nous, visiblement prenant très à cœur la projection, l’agrémentant à haute voix de ses commentaires : « Qu’est-ce qu’elle est belle, Blanche Neige… ». Mais à un moment plus perfide, suite à l’apparition de la mère castratrice de Blanche neige à l’écran, un « Oh la salope », échappée fugace de la Tourette.

J - 18 : voir et nommer  dans Mai 2012 3llfb360-206x300

Je lis aussi en ce moment un opuscule d’une trentaine de pages, aussi fin que mignon et intéressant : « Les yeux d’Œdipe (inutiles, sauvés) ; quand le google, face au monde, saura voir et nommer », de Frédéric Metz, Institut de démobilisation.

Voir et nommer. Google prend dans ce cas une minuscule, il est une sorte de minotaure.

 


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