Archive pour mars, 2012

J – 53 : vers chez les Verts

Terrible. Je suis abonné à plein de listes d’Europe-écologie ; les membres d’EELV ; les coopérateurs – les représentants du CPR (Conseil Politique Régional) ; les anciens Verts. Les pas encore mûrs…. Je reçois vingt messages par jour, ou parfois plus. Il s’agit, soit de terribles bréviaires mettant en garde contre le risque des ondes électromagnétiques pour la continuation du genre humain, soit de liens vers des sites où signer des pétitions contre la répression au Maroc (« STOP A LA REPRESSION AU MAROC- Rassemblement en soutien à la population  d’Ait BOUAYACH et IMZOURENE ») ou manifester sa solidarité envers le peuple syrien (« Caravane de la liberté vers la Syrie ») ; mais il s’agit aussi, et c’est là le plus truculent, et le plus désespérant, de notes, de commentaires, d’analyses sur la campagne présidentielle, sur les qualités de candidate d’Eva, et il y a ceux qui l’aiment et qui s’accrochent, qui écrivent que bien sûr, « sa pondération, sa voix mesurée, son accent du Nord » la rendent probablement inaudible, mais d’une certaine manière, font son charme, et sont compensés après tout par « sa constance, son obstination, sa détermination, son courage », il y a par contre les plus pragmatiques, les moins utopistes, qui eux savent, car évidemment, « si Eva Joly a du mal aujourd’hui à rassembler, c’est 1/ parce qu’elle court après Mélenchon au lieu d’occuper le champ qui est vraiment le nôtre 2/ parce qu’elle apparaît sectaire, sûre d’elle et moralisatrice, et cela gâche des propositions par ailleurs intéressantes », il y en a qui préfèrent écrire sur la possibilité d’un traître, parmi les membres du Politburo, comme il l’appelle, ayant signé l’accord avec le PS n’engageant pas sur la sortie du nucléaire (« Les désillusions étaient à prévoir dès ces accords que les socialistes n’ont signés que du bout du stylo bille »…), des élucubrations sur le choix d’un suppléant aux législatives dans le Val d’Oise, récusé parce que soupçonné de connivence avec le Parti de Gauche, des militants de Seine et Marne qui se plaignent de ce que leur département ne soit « la variable d’ajustement de l’accord, sous prétexte que nous n’avons pas négocié localement suffisamment en amont avec le PS » , ou que faire encore de ce salarié dela Mairie de Paris licencié pour avoir exprimé son refus de travailler avec un élu socialiste condamné pour violences conjugales, un vœu au Conseil municipal ?, comme ça, tous les jours, trois bandeaux à l’heure, ce soir une rencontre de riverains pour militer en faveur de la création d’une deuxième bouche de métro sur la station Château rouge, je ne sais plus trop quoi en faire, sinon des billets doux pour mon blog…

Parfois certains s’inquiètent pour la santé d’Eva, son moral, son équilibre. Alors il y en a toujours qui la côtoient, ou font semblant de, pour leur répondre.

« Eva est quelqu’un qui a beaucoup d’énergie et de courage. Jamais de psychodrame, de déprime. Rationalité forte. Elle a connu une très forte pression pendant 8 ans avec l’affaire Elf. Aujourd’hui elle subit aussi une très forte pression, mais elle a l’habitude, elle est assez préparée. Ça l’affecte, mais veut aller jusqu’au bout ».

« Qu’en est-il des lunettes ?, demande un militant. - Elle veut pas trop faire de marketing politique. Pas trop d’accord ».

Et puis je tombe sur ce genre de lectures.

J - 53 : vers chez les Verts dans Mai 2012 les-malfaisants

Et je me dis que le 22 avril, je voterai quand même pour Eva Joly…

J – 54 : comme on ne sait pas ce que la vie nous donne

 Il y a quinze jours, j’ai reçu sur ma boîte Outlook professionnelle un message de Nicolas Sarkozy.

« Mes chers amis,

J’ai annoncé cette semaine ma candidature à l’élection présidentielle.

Pendant cette campagne qui commence, je veux aller à votre rencontre pour écouter, échanger et proposer.

Pendant cette campagne, je veux insuffler une énergie nouvelle àla France, cette France que nous aimons, pour laquelle je n’ai cessé d’agir, et que j’ai toujours cherché à protéger de la crise et de l’adversité. Le seul sujet de cette campagne, c’estla France. Qu’allonsnous faire pour elle en cette période faite de risques, de difficultés mais aussi d’opportunités et d’espoir ? 

Un ancien monde a du mal à mourir. Un nouveau monde a du mal à naître. Et dans cet entre-deux, nous devons faire un choix. Nous pouvons choisir d’attendre et de subir, ou nous pouvons agir et prendre en main notre destin en relevant les défis du présent, en poursuivant le train des réformes dont notre pays a besoin. C’est cette voie du courage que je vous propose aujourd’hui. Celle du travail, de l’effort et de la responsabilité. Celle d’une France forte.

Cette France, c’est avec vous que je veux la bâtir et la faire grandir.

Voilà pourquoi je veux parler avec les Français. Voilà pourquoi j’ai décidé d’être candidat. Vous pouvez compter sur ma détermination. 

 Avec toute ma fidélité, et mon amitié 

 Nicolas Sarkozy »

 J - 54 : comme on ne sait pas ce que la vie nous donne  dans Mai 2012 ns_sign

Je vois que le filtre antispam de l’institution pour laquelle je travaille a quelques défaillances.

(Quelques jours plus tard, le Canard enchaîné révélait que l’équipe de campagne de NS avait obtenu ce large échantillon d’adresses électroniques en toute légalité via les listings consulaires ; sur lesquels j’avais pris le soin de m’inscrire à mon arrivée à Djibouti au cas où, au cas où, par exemple, NS aurait appelé un référendum sur la peine de mort. Sur l’immigration. Sur Schengen. Ce genre de trucs dont il est capable. Au cas où la vallée du rift se serait ouverte d’un coup et que je serais tombé dedans).

Une remarque, cependant, sur l’amitié, que semble vouloir me donner (ou me prêter – est-ce un legs ? Une amitié subventionnée ?) NS à la toute fin de son message. Qu’en faire ? Des confettis. De la pâte à papier sur laquelle noter les paroles de cette chanson d’amitié authentique qui ne s’achète pas en voix, et ne se paie pas de mots.

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Ce matin, j’appris pour l’inversion des courbes au réveil. Ça m’a foutu un lumbago.  

J – 55 : Schengen

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Et on placera des snipers embusqués à proximité des tracés de frontière, des zones grises, sur les plages méditerranéennes, de Sète à Antibes, déguisés en maître-nageur, ils prendront possession des miradors sur les pentes du cap Cerbère, dans les Pyrénées, à deux pas de l’Espagne, ils investiront les bunkers oubliés de la Grande guerre dans le massif vosgien, entre ligne bleue et carrière de grès, à la hauteur du Grand Ballon, et toute la vallée de la forêt noire sera entièrement couverte par le feu de ces milices du Ministère de l’Intérieur, ils infiltreront à titre préventif, les ferryboat de voyageurs qui partiront de Tanger, d’Alger, ou même les yachts d’oligarques russes qui mouilleront vers Saint-Tropez pour tuer dans l’œuf toute velléité d’immigration, les aéroports seront, au même titre que les centrales nucléaires, considérés comme des biens stratégiques de la défense nationale, on déroulera des kilomètres de fils de fer barbelés, et on déversera des clous sur les nationales, et de là, on attendra les invasions barbares, retranchés dans la joliesse de notre petit pays géométrique.

J – 56 : tétine au miel

C’est il y a vingt minutes, sur la ligne 2 du métro (aérien, donc, sur cette portion), entre Jaurès et la Chapelle. Un petit bébé est allongé dans une poussette, sa maman sur un strapontin juste à côté, et le bébé qui suçote le doigt de celle-ci. Juste à côté, un clochard, ou disons, un marginal, qui ne prétend plus, et peut-être depuis longtemps feindre de ne pas l’être – le visage est rougeaud, cerné, l’alcool est passé par là, et puis d’autres intempéries. La discussion s’engage. L’homme, qui a d’incroyables oreilles décollées et des cheveux gris éparpillés, demande pourquoi elle ne prend pas la tétine, ou la sucette. La maman explique que non, elle la rejette, elle mime, elle a quelque chose comme trente cinq ans, un bonnet orange, un air très sain – de bonne santé, de bonne composition, d’honnêteté. Elle ne fuit pas le dialogue, s’intéresse à ce qu’a à lui dire le clochard, qui justement lui dit que, dans ce cas, il y a peut-être quelque chose à faire, ce que sa maman à lui faisait, et là, on mesure le chemin parcouru, c’est-à-dire qu’elle mettait des petites boules de miel à l’intérieur de la tétine, hein qu’en pensez-vous, ça ne peut pas faire mal à un enfant du miel, dit celui, qui, comme dirait papa, n’a pas du sucer que des glaçons dans sa vie, et ne sera pas à Villepinte demain, c’est bon le miel. Oui, c’est une bonne idée, acquisse la maman. C’était l’humain d’abord, slogan de Jean-Luc Mélenchon sur la ligne 2 du métro un samedi soir.

J – 57 : Jacques Cheminade, Life on Mars

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Cheminant il y a quelques jours en direction du RER B, je fus accosté à l’entrée de la bouche de métro légèrement cariée par des militants dont je ne fus pas capable d’identifier à la seconde l’appartenance partisane : Front de Gauche ? Témoins de Jéhovah ? Je continuai ma route, mais eu le temps de lire en passant la titraille du tract… « Qui a peur de Jacques Cheminade ?! ». Arrivé au tourniquet, je fis demi-tour ; rebroussai chemin sur quelques mètres pour finalement me saisir du feuillet ; je me souviens plus trop de l’apparence des colporteurs matinaux, sinon qu’ils étaient deux, ce qui me paraissait déjà beaucoup pour Jacques Cheminade.

Je fus content en effet de les avoir rencontrés, après avoir lu quelque part que la masse volumique du parti Solidarité et progrès se composait au total d’une cinquantaine de militants dévoués, population trente fois inférieure à celle des pandas – vivant dans la sauvagerie de leur biotope s’entend. Le même plaisir de la rareté que de lever un lièvre, maraudant en forêt l’automne, que de cueillir un trèfle à quatre feuilles, dont le très grand Eric Chevillard écrivit un jour sur son blog l’Autofictif que « s’il portait chance, incontestablement, il était si hasardeux d’en trouver un que tout son pouvoir bénéfique s’épuisait dans cette bonne fortune ». Phrase que l’on peut être amenée à relire deux fois pour être sûre de l’avoir bien comprise, et qui ensuite emplit de joie.

Le programme du parti au nom fleurant bon la gauche, ou l’arnaque, me laissa perplexe, car, à l’analyse, son contenu échappait complètement aux classifications périodiques des éléments politiques connues : un atome de pensée économique crypto-léniniste, quelques molécules frontistes, d’autres électrons libres, et une dimension cosmique inédite dans le paysage politique ; je reprends là Libé, ayant perdu depuis le tract que j’avais pourtant l’intention de coller dans mon carnet de vie, compilation intelligente de tous les petits bouts de papier que l’on ne veut pas jeter : 

« Accélérer les programmes d’exploitation et d’industrialisation lunaire, créer une atmosphère artificielle sur Mars et un pont terrestre eurasiatique de l’Atlantique à la mer de Chine, mais aussi orienter l’effort scientifique vers les armes à bouffées électromagnétiques, enseigner l’astrophysique (qui permet de voir et de comprendre au-delà de la «banlieue Terre»), autonomiser les établissements scolaires sous forme de «Républiques en petit», et apprendre dès la maternelle le «chant choral» ou remettre la langue de Villon et de Rabelais au poste de commande dans l’enseignement ».

Quelque chose qui me fit penser au critique rock Yves Adrien, rock thermidor, quelque chose d’infini, quand le programme anticrise du PS ou de l’UMP d’augmenter la TVA ou de se serrer la ceinture plutôt que les coudes, évoque plutôt le parti-fini bien connu des éboueurs marseillais.

Cela étant, crédit doit être donné à Jacques, dont j’appris ce matin en écoutant distraitement France Inter depuis mon lit, qu’il venait de déposer ses 500 signatures au CC, d’avoir, lorsqu’il eut la première opportunité d’être candidat en 1995, été un des premiers, avec Arlette, à taper aussi sauvagement sur le grand capital et annoncer la crise à venir avant tout le monde.

Prophète farfelu, mage, avec quelque chose en lui de Thierry Meyssan plus que de Tennessee, mais cependant diplômé d’HEC et de l’ENA, ménestrel, sourcier, ainsi va Jacques Cheminade sur son petit sentier à la pente légère, entre 0 et 1%.

Je fus cependant heureux de l’entendre renvoyer dans ses buts Pascale Clark, qui décidément, m’insupporte chaque jour davantage, presqu’autant qu’Ariane Massenet. Il y eut notamment cet échange ; Cheminade interrogé sur les raisons de la non-validation de ses comptes de campagne en 1995.  

« - Le compte a été rejeté pour des raisons absurdes, en s’asseyant sur le code civil, parce qu’on a  dit : « Vous avez présenté des prêts de personnes physiques sans intérêt, or l’absence d’intérêts dénote une intention donatrice » – on va la chercher & on requalifie en don ; à ce moment là il y avait trop de dons… Or le code civil dit : « Un prêt se caractérise par la nécessité de rembourser, avec ou sans intérêts », donc probablement on a cru que j’étais un musulman, parce que je ne voulais pas d’intérêt.

Pascale Clark, interloquée. – Un musulman. Et alors ?

Cheminade. – Oui. Parce qu’on est contre le prêt intérêt. Blanc. Les Musulmans sont contre le prêt à intérêt. Voyant qu’elle ne comprend rien…Non c’est une plaisanterie, vous savez…

- Ouais, de pas très bon goût, d’ailleurs. Pas très bon goût.

Par-dessus, la voix de Cheminade. – « Il faut en faire parfois à la radio ».

Retour en arrière. Pascale Clark visiblement n’a pas réussi à suivre le raisonnement un peu alambiqué de Cheminade, et on lui pardonnera. Tout à coup, elle entend le mot « musulman ». Là, elle croit à un dérapage, et se couvre, avec ce « de pas très bon goût » répété deux fois.

Or la blague n’est pas si mauvaise, et en tout cas, on ne peut y voir aucune connotation raciste ou dépréciative.
Cheminade a l’air de connaître effectivement la finance islamique, que je connais moi surtout pas le biais de la microfinance du même nom, largement pratiquée à Djibouti – répondant aux principes de la charia, finance islamique, en accord avec le droit musulman donc, est basée sur deux principes : « l’interdiction de l’intérêt et la responsabilité sociale de l’investissement ». La banque se rémunère cependant – non pas en demandant des intérêts, mais en achetant elle-même le bien pour le compte du client – et en le lui revendant avec une marge – une sorte de leasing. Au final, ça ne change pas grand-chose, sauf que formellement il n’y a pas d’intérêt…Que l’honneur est sauf. Sauf celui de Pascale Clark.

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Bonjour le vote

J-58. Le site Bonjour le Vote propose tous les jours le détournement d’une image célèbre pour en faire une invite à aller voter le moment venu. C’est-à-dire dans 58 jours, ainsi que l’annonce le compte-à-rebours du site, créé par un ami graphiste, que je vous invite à aller voir (son site, mais aussi lui ; il habite du côté de Place d’It).

www.bonjourlevote.fr

 Quant au chat, c’est, après quelques semaines de miaulements très tamisés, aujourd’hui que commence véritablement sa campagne électorale ; je promets à mes lecteurs, s’il m’en reste, un billet par jour jusqu’au premier tour. Mes articles seront plus intéressants que la rubrique Désintox de Libé – on y parlera aussi de drogues dures, plus enlevés que les commentaires des internautes qu’on trouve sous les articles d’Edwy Plenel sur Mediapart, plus denses que les éditos du demeuré Nicolas. Vous pourrez donc quotidiennement bénéficier des lumières félines – et de la beauté des affiches dévoyées de Libafichop, bonjourlevote, à imprimer et à coller sur tous les murs. Ayez le réflexe tous les matins. Merci.

Aujourd’hui, histoire de commencer en beauté, Jacques Cheminade.

Bonjour le vote  dans Mai 2012 tumblr_m0m7f95GMQ1r9ctmuo1_500

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