J – 37 : les bourgeois

Hier, vers 20 heures, attendant dans la file devant les caisses d’un supermarché Franprix de la rue de Vaugirard, la plus longue de Paris, question Trivial Poursuite, traversant sur plus de quatre kilomètres deux arrondissements cossus, le 6ème et le 15ème, je fus le témoin d’une scène digne de la vie secrète des jeunes Parisiens bourgeois, variation de celle popularisée par Riad Sattouf.

J - 37 : les bourgeois dans Mai 2012 la-vie-secrete-des-jeunes_couv-202x300

Mais pour vous la représenter, il me faudrait pouvoir dessiner, et sinon décrire le look de fils à papa, de ces trois jeunes types, possiblement en prépa à Versailles, dans l’antichambre de Sciences Po, s’ils sont brillants, ou étudiants d’une école de commerce bac + 0 s’ils ne sont que riches, les sports de voile, les polos, le snooker, la Normandie, les mèches sur le côté, l’avaient-ils vraiment ce look de jeune premier, je n’en suis plus tant sûr, mais tout faisait tellement « ça », que c’est l’image rétinienne qui est restée accrochée comme une guirlande à  trois boules dans mon imagination, et cette voix de ceux qui n’ont pas fini de muer, et qui ont des poussées d’hormones autant que d’acné, et donc chacun de prendre dans ses bras un pack d’Heineken, folle soirée en perspective, before d’un clubbing d’une première année de fac de médecine, quand l’un d’eux, regardant les rayons devant la caisse où étaient alignées les bouteilles de rouge, dit, tiens, c’est un des vins de mon père, et les autres de le questionner, et lui d’expliquer, oui, un des vins que papa distribue, le père n’était pas vigneron, mais négociant, il est très bon, ajouta t-il, et les autres de regarder l’étiquette, 5 euros 90, et en plus il est pas très cher…

Une demi-heure après j’avais franchi la Seine, et laisser la bourgeoisie en ses meubles pour retrouver une autre race, qui n’est pas celle que François Hollande veut abolir de la Constitution, puisqu’ils sont ses électeurs, les « bobos », pour un concert de Miossec au Casino de Paris, jamais vu un concert aussi sage, troisième fois que je le vois de ma vie, mais mince, où étaient passés les drapeaux bretons, les gourdes de chouchen, les valses, les cris, un concert de Miossec propre sur lui, bien rangé, bien peigné, petit bourgeois et petite bohême, sauf Miossec bien sûr, comme toujours ivre sur scène, et toujours virulent à l’encontre du public parisien, et moi, bien sûr, qui eut le cran d’allumer une cigarette au moment du premier rappel…

 

 miossec-271x300 dans Mai 2012

Cette nuit, Jean-Luc Mélenchon me réveilla. Je m’étais couché avec la radio en sourdine, branchée sur France Info, et est-ce la soif, la gorge séchée par la nicotine, ou les élans tribuniciens, même en studio radiophonique, de Jean-Luc, qui eurent raison de mon sommeil ? Je crus d’abord qu’il était 8 heures et quart, puisque je reconnus la belle voix de Raphaëlle Duchemin, qui anime la matinale de France Info, et dont, en cherchant à l’instant le nom, je viens de découvrir qu’elle bénéficie d’une note de 3,32 sur 5, après avoir été notée par 211 auditeurs, dont les commentaires laissés en bas du site « top journaliste », montrent à voir que sa voix est bien un sujet clivant : Jean Lavrac la trouve « désagréable », un autre dénonce « cette intonation mal maîtrisée, ces hausses intempestives », ou encore un dernier « un timbre un peu stupide ». Mais moi je suis dans le camp de ceux qui écrivent cela ; « elle fait passer par le biais de sa voix une grande sympathie et un bon professionnalisme », ou mieux encore, « Une voix très douce qui accompagne des questions souvent pointues avec une impertinence « juste-ce-qu’il-faut »», , c’est signé PE ; et je me demande un instant si ce n’est pas Pierre-Etienne Minonzio, un ami qui travaille comme journaliste à l’Equipe Mag, et qui aurait pu écrire cela, n’était une immense faute d’orthographe dans la ligne suivante…

Voilà, au début je pensais écrire surtout sur Mélenchon, mais la découverte de ce site permettant de « noter » les journalistes (PE ne dispose pas encore de fiche) vient de me faire perdre une bonne heure sur ma journée de travail, et il faut bien que je capitalise cela sur mon blog…

Mais il était en fait quatre heures et demi du matin, ce n’était qu’une rediffusion, et je pris beaucoup de plaisir, un plaisir immense même, à écouter au cœur de la nuit, avant de me rendormir, et pendant une bonne dizaine de minutes, Jean-Luc Mélenchon, lequel expliqua notamment qu’il était difficile d’imaginer que les besoins de Maurice Lévy soient deux ou trois ou dix mille fois plus importants que ceux d’un employé, et que de toute façon, ni lui, ni l’intervieweuse, donc Raphaëlle Duchemin, ne pouvaient se représenter ce que c’était que 17 millions d’Euros, parce que personne n’avait jamais vu une somme pareille, et n’en verrait sans doute jamais…

Image de prévisualisation YouTube

 

 


Autres articles

Répondre

Cadence infernale. |
poésie c'est de l'art ,prov... |
athkanna philosophie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | aaronjosu
| lectures, actualités et photos
| Auberge-Atelier