J – 40 : Juliénas

Samedi, dans la petite boutique d’optique où j’ai mes habitudes, et ceux qui connaissent un peu mes histoires de verres solaires et de mutuelles de santé sauront pourquoi, je passais cette fois-ci en toute intégrité récupérer une boîte de lentilles de contact, lorsque je fus le témoin de cette conversation.

-         Monsieur, bonjour, est-ce que vous avez des lunettes de soleil pour bébé ?

-         Mais très certainement…

-         Des Ray-Ban ! –

-         Des Ray-Ban ?! Ah non, je ne pense pas, il a quel âge votre enfant ?

-         Trois mois…

Je m’autorisai alors une réflexion à la cantonade sur le pré-conditionnement bling-bling des enfants en bas âge, et l’opticien se justifia de n’avoir que des modèles spécialisés pour très petite taille, dans cette gamme, vous comprenez, les bébés n’ont pas de nez, il leur faut un modèle particulier. Et la femme de répondre, vexée : « Ah si, mon bébé a bien un nez ! »

De là, évidemment, des Ray-Ban, on passe à Sarkozy, qui dans un joli lapsus, voulant honorer le maire de Valenciennes, trouva que Jean-Louis Bordeaux – pardon Borloo, patati patata, rénovation urbaine, le reste on s’en fout, ce qui compte, c’est le grand cru, les larmes sur le verre qui disent la concentration en éthanol, la couleur de la robe de Jean-Louis travesti, le bouquet garni, ou final.

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 De Jean-Louis Borloo, on peut aller tout droit au salon des vignerons indépendants, où, baguenaudant à la maison un dimanche très ensoleillé, mais avec des zones floues dans le programme, nous eûmes soudain l’illumination de nous rendre, d’abord pour participer à un atelier d’initiation à la dégustation, et puis aussi parce que le scooter Peugeot que j’avais acheté une fortune un jour à un de mes amis qui s’était plu à m’escroquer en me vendant ce tas de ferraille, venait cependant de survivre à l’hiver polaire passé sur un trottoir faisant face à la gare de Bercy, et, rien qu’avec une nouvelle bougie, tutoyait de nouveau les 80 kilomètres/heure, qu’il fallait bien se prendre le vent du printemps dans les yeux, et sur le boulevard des Maréchaux, rejoindre la porte de Champerret et le salon des expositions, où nous trouvâmes donc quelques 600 exposants en rang d’oignons, et pour la plupart tout à fait sobres, nous faisant gouter des doses homéopathiques de leur nectar, parfois divin, des Châteauneuf du pape, à 45 € la bouteille, mais plus souvent du Sylvaner ou du vin de table, du vin de coteaux, et finalement nous délaissâmes un peu les grands crus pour faire toute la tournée de la vallée du Midi, et des côtes du Rhône, des châteaux près d’Aix où l’on est plus habitué à goulotter du rosé, mais où nous trouvâmes avec François, qui est connaisseur, ou amateur, du vin rouge, bien charpenté, âpre, violent, et qu’invariablement François identifiait comme parfait pour boire au coin de la cheminée avec un bon bouquin, quand les vignerons nous le vendaient plutôt accompagnant un gibier ou une viande en sauce, l’un d’eux, trouvant peut-être notre compagnie distrayante, moins rémunératrice, mais plus distrayante que celle des négociants japonais recrachant dans la bassine, voulut partager avec nous un ballon, et reçut les gros yeux de sa femme qui se permit de lui rappeler que tout à l’heure, à l’éthylotest, il était presque déjà positif, le dernier promit-il, vers 20 heures un dernier saut pour un trait de poire d’Alsace, d’une famille de viticulteurs habitant Westhalten, domaine du Bollenberg, et j’en profitais pour leur parler avec emphase de ma première amoureuse qui y habitait, et y habite peut-être encore…

 

 


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