J – 52 : Arno Klarsfeld, fils de.

Sont-ce ceux de cordonnier les plus mal chaussés, ceux de médecin (merci maman) les plus mal soignés ? Les maximes portent leur part de vérité, et de mensonges. Et le fils de Patrick Balkany, qui fut un de mes camarades de promotion à Sciences-Po, n’est pas devenu humanitaire pour Médecins du monde, ni voltigeur dans une troupe d’arts de rue, mais il a fait fortune dans l’exploitation des huiles de schiste, et s’apprête à briguer la députation de la circonscription nord-américaine lors des prochaines législatives, UMP dissident. Les chiens ne faisant pas de chats qui fument, c’en est une autre…

Mais ce qui m’intéresse, c’est le cas d’Arno Klarsfeld, que rien n’arrête. La semaine dernière, il proposait  « d’ériger un mur entre la Grèce et la Turquie contre l’immigration clandestine », sur le modèle de celui entre les Etats-Unis et le Mexique, défendant cette idée comme une mesure de « bon sens ».

Interrogé afin de donner des précisions quant à la construction dudit mur, Arno Klarsfeld expliqua : « un mur c’est fait avec des fils, des barbelés, un mur quoi, comme à Rome, il y avait un mur. La paix a duré quatre siècles » (en référence au mur qui marquait les limites de l’Empire contre les barbares venus du Nord).

De cette mesure, ajouta t-il, dépendait l’avenir de la France. Sans quoi, dans cinq ans, « au deuxième tour, ça ne sera pas Sarkozy-Hollande, mais Le Pen-Mélenchon ».

Et ce matin, je l’ai retrouvé dans le Monde auteur d’une tribune intitulée : « Pourquoi Nicolas Sarkozy doit gagner ».

« Les petits défauts de Nicolas Sarkozy horripilent, mais il est tellement plus rare de trouver un dirigeant avec de grandes qualités et de petits défauts qu’un dirigeant sans petits défauts et sans qualités exceptionnelles. Hollande n’a pas ces qualités exceptionnelles, il n’a pas non plus les petits défauts de Sarkozy. D’où, pour l’instant, une vague de sympathie à son égard.

(…)

Nicolas Sarkozy va gagner, car les électeurs du Front national ne veulent pas d’une immigration incontrôlée et parce que les électeurs de Bayrou rêvent d’une comptabilité de la France impeccablement tenue. Le programme du PS et l’alliance de Hollande, de Joly et de Mélenchon sont incapables de satisfaire ces exigences. Tous les petits défauts du monde de Sarkozy n’y pourront rien changer ».

« Les petits défauts ». Comme « les petits mouchoirs » de Guillaume Canet, les petits chevaux auxquels on aimait bien jouer quand Internet n’existait pas et qu’on était petit, les petits riens. Les petites hystéries, les petits mensonges, les petits racismes, les petites affaires, les petites bassesses. Les petites années d’un petit quinquennat d’un petit président.

Les latins ont un art des diminutifs appréciatifs. Cafezinho, amorzinho. Defeitos, dit-on pour défaut en portugais. Os defeitinhos. Les petits défauts.

Chez Arno Klarsfeld pourtant, la réduction des mots qu’il emploie, comme pour une sauce, leur donne une texture plus concentrée, plus savoureuse, qui nappe ses idées jusqu’à finalement l’écœurement.

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