Archive pour mars, 2012

J – 37 : les bourgeois

Hier, vers 20 heures, attendant dans la file devant les caisses d’un supermarché Franprix de la rue de Vaugirard, la plus longue de Paris, question Trivial Poursuite, traversant sur plus de quatre kilomètres deux arrondissements cossus, le 6ème et le 15ème, je fus le témoin d’une scène digne de la vie secrète des jeunes Parisiens bourgeois, variation de celle popularisée par Riad Sattouf.

J - 37 : les bourgeois dans Mai 2012 la-vie-secrete-des-jeunes_couv-202x300

Mais pour vous la représenter, il me faudrait pouvoir dessiner, et sinon décrire le look de fils à papa, de ces trois jeunes types, possiblement en prépa à Versailles, dans l’antichambre de Sciences Po, s’ils sont brillants, ou étudiants d’une école de commerce bac + 0 s’ils ne sont que riches, les sports de voile, les polos, le snooker, la Normandie, les mèches sur le côté, l’avaient-ils vraiment ce look de jeune premier, je n’en suis plus tant sûr, mais tout faisait tellement « ça », que c’est l’image rétinienne qui est restée accrochée comme une guirlande à  trois boules dans mon imagination, et cette voix de ceux qui n’ont pas fini de muer, et qui ont des poussées d’hormones autant que d’acné, et donc chacun de prendre dans ses bras un pack d’Heineken, folle soirée en perspective, before d’un clubbing d’une première année de fac de médecine, quand l’un d’eux, regardant les rayons devant la caisse où étaient alignées les bouteilles de rouge, dit, tiens, c’est un des vins de mon père, et les autres de le questionner, et lui d’expliquer, oui, un des vins que papa distribue, le père n’était pas vigneron, mais négociant, il est très bon, ajouta t-il, et les autres de regarder l’étiquette, 5 euros 90, et en plus il est pas très cher…

Une demi-heure après j’avais franchi la Seine, et laisser la bourgeoisie en ses meubles pour retrouver une autre race, qui n’est pas celle que François Hollande veut abolir de la Constitution, puisqu’ils sont ses électeurs, les « bobos », pour un concert de Miossec au Casino de Paris, jamais vu un concert aussi sage, troisième fois que je le vois de ma vie, mais mince, où étaient passés les drapeaux bretons, les gourdes de chouchen, les valses, les cris, un concert de Miossec propre sur lui, bien rangé, bien peigné, petit bourgeois et petite bohême, sauf Miossec bien sûr, comme toujours ivre sur scène, et toujours virulent à l’encontre du public parisien, et moi, bien sûr, qui eut le cran d’allumer une cigarette au moment du premier rappel…

 

 miossec-271x300 dans Mai 2012

Cette nuit, Jean-Luc Mélenchon me réveilla. Je m’étais couché avec la radio en sourdine, branchée sur France Info, et est-ce la soif, la gorge séchée par la nicotine, ou les élans tribuniciens, même en studio radiophonique, de Jean-Luc, qui eurent raison de mon sommeil ? Je crus d’abord qu’il était 8 heures et quart, puisque je reconnus la belle voix de Raphaëlle Duchemin, qui anime la matinale de France Info, et dont, en cherchant à l’instant le nom, je viens de découvrir qu’elle bénéficie d’une note de 3,32 sur 5, après avoir été notée par 211 auditeurs, dont les commentaires laissés en bas du site « top journaliste », montrent à voir que sa voix est bien un sujet clivant : Jean Lavrac la trouve « désagréable », un autre dénonce « cette intonation mal maîtrisée, ces hausses intempestives », ou encore un dernier « un timbre un peu stupide ». Mais moi je suis dans le camp de ceux qui écrivent cela ; « elle fait passer par le biais de sa voix une grande sympathie et un bon professionnalisme », ou mieux encore, « Une voix très douce qui accompagne des questions souvent pointues avec une impertinence « juste-ce-qu’il-faut »», , c’est signé PE ; et je me demande un instant si ce n’est pas Pierre-Etienne Minonzio, un ami qui travaille comme journaliste à l’Equipe Mag, et qui aurait pu écrire cela, n’était une immense faute d’orthographe dans la ligne suivante…

Voilà, au début je pensais écrire surtout sur Mélenchon, mais la découverte de ce site permettant de « noter » les journalistes (PE ne dispose pas encore de fiche) vient de me faire perdre une bonne heure sur ma journée de travail, et il faut bien que je capitalise cela sur mon blog…

Mais il était en fait quatre heures et demi du matin, ce n’était qu’une rediffusion, et je pris beaucoup de plaisir, un plaisir immense même, à écouter au cœur de la nuit, avant de me rendormir, et pendant une bonne dizaine de minutes, Jean-Luc Mélenchon, lequel expliqua notamment qu’il était difficile d’imaginer que les besoins de Maurice Lévy soient deux ou trois ou dix mille fois plus importants que ceux d’un employé, et que de toute façon, ni lui, ni l’intervieweuse, donc Raphaëlle Duchemin, ne pouvaient se représenter ce que c’était que 17 millions d’Euros, parce que personne n’avait jamais vu une somme pareille, et n’en verrait sans doute jamais…

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J – 39 : Santiago Cheminade (suite)

Dans le Canard enchaîné de ce mercredi, portrait de Jacques Cheminade…pas grand chose que je ne vous ai déjà dit dans mon précédent billet sur le sujet, sauf cette information qui m’avait échappé : Cheminade se revendique de l’amitié de …Michel Rocard.
Lequel confirme à demi-mots : « Je suis très séduit par l’ampleur de son information sur les déséquilibres financiers internationaux, il m’appelle environ tous les trimestres à ce sujet. (…) Il cherche le respect auprès de moi, car je sais bien qu’il sent le soufre »…
La fin de l’article est bien aussi.
« J’ai rencontré LaRouche une fois, il y a une demi-douzaine d’années. Cheminade m’a fait balader avec lui dans Paris. Il m’a fait l’effet d’un intellectuel impressionnant, mais un peu bizarre »…
Le Canard de conclure : Tu l’as dit, Rocky !
J - 39 : Santiago Cheminade (suite) dans Mai 2012 jacques_cheminade-300x225

J – 40 : Juliénas

Samedi, dans la petite boutique d’optique où j’ai mes habitudes, et ceux qui connaissent un peu mes histoires de verres solaires et de mutuelles de santé sauront pourquoi, je passais cette fois-ci en toute intégrité récupérer une boîte de lentilles de contact, lorsque je fus le témoin de cette conversation.

-         Monsieur, bonjour, est-ce que vous avez des lunettes de soleil pour bébé ?

-         Mais très certainement…

-         Des Ray-Ban ! –

-         Des Ray-Ban ?! Ah non, je ne pense pas, il a quel âge votre enfant ?

-         Trois mois…

Je m’autorisai alors une réflexion à la cantonade sur le pré-conditionnement bling-bling des enfants en bas âge, et l’opticien se justifia de n’avoir que des modèles spécialisés pour très petite taille, dans cette gamme, vous comprenez, les bébés n’ont pas de nez, il leur faut un modèle particulier. Et la femme de répondre, vexée : « Ah si, mon bébé a bien un nez ! »

De là, évidemment, des Ray-Ban, on passe à Sarkozy, qui dans un joli lapsus, voulant honorer le maire de Valenciennes, trouva que Jean-Louis Bordeaux – pardon Borloo, patati patata, rénovation urbaine, le reste on s’en fout, ce qui compte, c’est le grand cru, les larmes sur le verre qui disent la concentration en éthanol, la couleur de la robe de Jean-Louis travesti, le bouquet garni, ou final.

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 De Jean-Louis Borloo, on peut aller tout droit au salon des vignerons indépendants, où, baguenaudant à la maison un dimanche très ensoleillé, mais avec des zones floues dans le programme, nous eûmes soudain l’illumination de nous rendre, d’abord pour participer à un atelier d’initiation à la dégustation, et puis aussi parce que le scooter Peugeot que j’avais acheté une fortune un jour à un de mes amis qui s’était plu à m’escroquer en me vendant ce tas de ferraille, venait cependant de survivre à l’hiver polaire passé sur un trottoir faisant face à la gare de Bercy, et, rien qu’avec une nouvelle bougie, tutoyait de nouveau les 80 kilomètres/heure, qu’il fallait bien se prendre le vent du printemps dans les yeux, et sur le boulevard des Maréchaux, rejoindre la porte de Champerret et le salon des expositions, où nous trouvâmes donc quelques 600 exposants en rang d’oignons, et pour la plupart tout à fait sobres, nous faisant gouter des doses homéopathiques de leur nectar, parfois divin, des Châteauneuf du pape, à 45 € la bouteille, mais plus souvent du Sylvaner ou du vin de table, du vin de coteaux, et finalement nous délaissâmes un peu les grands crus pour faire toute la tournée de la vallée du Midi, et des côtes du Rhône, des châteaux près d’Aix où l’on est plus habitué à goulotter du rosé, mais où nous trouvâmes avec François, qui est connaisseur, ou amateur, du vin rouge, bien charpenté, âpre, violent, et qu’invariablement François identifiait comme parfait pour boire au coin de la cheminée avec un bon bouquin, quand les vignerons nous le vendaient plutôt accompagnant un gibier ou une viande en sauce, l’un d’eux, trouvant peut-être notre compagnie distrayante, moins rémunératrice, mais plus distrayante que celle des négociants japonais recrachant dans la bassine, voulut partager avec nous un ballon, et reçut les gros yeux de sa femme qui se permit de lui rappeler que tout à l’heure, à l’éthylotest, il était presque déjà positif, le dernier promit-il, vers 20 heures un dernier saut pour un trait de poire d’Alsace, d’une famille de viticulteurs habitant Westhalten, domaine du Bollenberg, et j’en profitais pour leur parler avec emphase de ma première amoureuse qui y habitait, et y habite peut-être encore…

 

J – 44 : comment ça, Kad Merad ?

Mort en tombant par la fenêtre du rez-de-chaussée, donc s’il fallait en croire les premières déclarations de Claude Guéant, MM fut cependant bien aidé en cela par une balle de sniper, sans doute pas tirée à bout touchant celle-ci, non, mais presque portant, et l’on se demande effectivement, pourquoi ne furent pas privilégiées une tirade de taser ou une rasade de flashball, autant d’armes non létales pour lesquelles j’ai de manière générale assez peu de considération, mais qui en l’espèce, auraient pu rendre service, les déclarations ensuite du patron du RAID, pour se justifier par avance de critiques dont il doit bien pressentir qu’elles ne vont aller qu’augmentant avec les jours, et à mesure que le délai de décence paraîtra périmé, « C’est la première fois de ma vie que je vois quelqu’un, alors que nous lançons un assaut, venir mener l’assaut contre nous », assura-t-il, ou encore, « Son petit trois-pièces, Mohamed Merah en avait fait sa « zone de combat » : « Tout était barricadé. Il avait aménagé des recoins et des tanières. »

On imagine difficilement toutefois les 25m2 transformés en camp retranché, la cuisine intégrée comme war room, le salon avec ses chausse-trappes et ses charbons ardents, mines antipersonnelles dans le placard à chaussures, et lui attendant depuis la salle de bains inondée par la rupture d’une tuyauterie lors de la première explosion d’intimidation, et sortant en ouvrant le feu de toute part et en faisant des éclaboussures.

Tout cela évoque un certain amateurisme, surtout après une trentaine d’heures pour réfléchir, intuition que ne fit que conforter la marrante déclaration de l’ex-patron et fondateur du GIGN, Christian Prouteau, ne comprenant pas que l’on n’ait pas « bourré Merah de gaz lacrymo » (« il n’aurait pas tenu plus de cinq minutes »), plutôt que de l’avoir continuellement excité en lançant des grenades…

J’aurais voulu commenter le sondage donnant Mélenchon troisième à 14%, mais je dois me conforter à ma ligne éditoriale qui m’interdit de commenter les sondages.

J – 45 : ma France

Ce matin, sortant de l’immeuble de la Goutte d’Or qui est mon hôtel de charme, pour aller travailler, sur les coups de huit heures et demi, un type a surgi devant moi, place de l’église Saint-bernard, devant d’autres passants piétinant le trottoir, armé d’une nuit blanche et d’une cannette de bière, d’une ébriété indiscutable et d’une voix forte, dans le petit matin de soleil, et d’une cannette de bière donc, de celle qu’on réserve aux alcooliques, 50 centilitres marque allemande et 8 degrés ou plus, vociférant, dans une démarche chaloupée, ses revendications pour la France comme des complaintes assoiffées, en France, on n’a plus le droit de fumer en plein  air, en France, on n’a même plus le droit de boire le matin, on n’a même le plus droit de respirer, moi je m’efforçais de zigzaguer entre ses braillements, voyant bien qu’auprès de lui, mon costard repassé et ma chemise au col amidonné ne produisaient pas le meilleur effet, bien qu’il n’y eut pas d’hostilité, et puis soudain dans un autre registre, « et si, se mit-il à hurler, et si en fait c’était l’UMP qui avait payé le tueur à Toulouse, hein, vous y avez pensé, et si c’était l’UMP… »…, je connais cependant d’autres gens des amis qui quand ils n’ont pas assez dormi ou pris trop de drogues, se contentent de se promener dans les rues du 18ème en chantant pour le plaisir des passants (et parfois un peu leur effroi), Ma France, de Jean Ferrat, qui est une autre manière de faire de la politique.  

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J- 46 : …

Comme la campagne est mise entre parenthèses, je mets également mon blog entre.

J – 47 : Art martial

Ainsi, c’est vrai, comme un grand pan frileux, comme un moine tao pratiquant l’ataraxie et qu’aucune insulte ne parvient à faire vaciller, ou même seulement des paupières ciller, Hollande encaisse tout, sans broncher ; comme le petit mignon qui se fait racketter dans la cour de récré, et qui, plutôt que dans la délation, se réfugie derrière ses bonnes notes, François Hollande est un peu, en cette campagne légèrement rase, guimauve – Guy mauve, Guy Mollet, œuf mollet, etc. Et s’il ne tend pas l’autre joue (gauche) aux gifles ou aux crachats venus de la droite, on ne peut pas dire non plus qu’il inspire la terreur : on l’aimerait un peu plus perfecto santiags, mais non, on l’a servant de messe.

Le stoïcisme n’est jamais loin de l’apatheia.

C’est cependant, peut-être, je l’espère, une stratégie gagnante ; en esquivant les coups, les piques, en refusant le duel à l’épée, Hollande se spécialise dans l’art des contre-prises ; du type harai-hoshi, de ces prises au judo qui visent à surprendre l’adversaire en utilisant au mieux la propre énergie que celui-ci développe. Grand balayage extérieur.

Et tout le PS est un peu comme ça, à guetter les coups, pour mieux les éviter, plutôt qu’à les donner. Tatami sondagier oblige.

J - 47 : Art martial  dans Mai 2012 JUDO-300x273

Tout le monde, sauf Ségolène, qui a cet art exquis de rendre fou les gens de droite (et souvent de gauche aussi, autre problème). Cette fois-ci, c’était avec sa phrase :

« Si Nicolas Sarkozy veut remporter l’élection présidentielle, c’est parce qu’il a peur [de]perdre son immunité, et on connaît tous les problèmes de corruption qui ont émaillé ces cinq années ».

Elle cita ses sources, ses références : Kadhafi, Woerth-Bettencourt, Takedienne, les sous-marins pakistanais, etc.

Et comme sur les affiches promotionnelles de films, où l’on cite les extraits de critique les plus racoleurs, Télérama, Première, Match, cette fois-ci la baronnie UMP :

« Indignes, abjects et diffamatoires », Nadine Morano.

« Dérive outrancière », Eric Ciotti,

« J’ai trouvé que cette femme dépassait toutes les limites du genre », Gérard Longuet

« Violence inouïe,  scandaleux,  ignoble »,Henri Guaino

« Campagne de caniveau », Valérie Pécresse

Ce qui donne envie d’aller voir le film. Et, comme celle qui maîtrise les happy end, et le story-telling, que leur a répondu Ségo ?

« Si mes propos sont diffamatoires, que l’ump porte plainte au lieu de vociférer ».

Ségolène Royal (@RoyalSegolene) March 19, 2012

Pendant ce temps-là, j’écoute la belle chanson de Courchevel.

(Quand tu passais tes Noëls> Au chalet, à Courchevel> Bien trop loin de nos fenêtres> J’imaginais sans connaître

> Dans tes poumons de crevette> L’odeur de la piste verte> Et tes parents bedonnants> Dans les hôtels du néant)

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J – 48 : vive la Sociale

La place de la Bastille était noire de monde, et rouge de cœur, et tel que l’avait prédit Mélusine, s’il ne faisait pas de grand soleil, il ne pleuvait pas non plus comme on aurait pu le craindre, car là-haut, les forces de l’esprit avaient, elles aussi, sorti le bleu de chauffe, « Mitterrand s’en occupe », avait dit JLM le matin à propos de la météo, et c’était un temps de mars, un temps pour les giboulées de promesses, & soudain résonna au loin la voix de Stentor, le crieur de l’armée des Grecs lors de la guerre de Troie, dont on parla, d’outre-tombe, pleine d’échos et de chevrotements, et oui, l’on escalada des Velib, on s’y percha pour tenter d’apercevoir la petite silhouette au loin balançant les bras, comme une pince-à-linge sur le fil derrière la maison, mais la logistique du Front de gauche n’avait sans doute pas anticipé une telle mobilisation qui empêchait beaucoup des participants de rejoindre le cœur de la place, bloqués dans les rues adjacentes, il aurait fallu des murs d’enceinte grands comme les chutes d’Iguaçu, des Watts par millions pour que le message puisse convenablement porter, circuler dans l’air de cette place ouverte aux quatre vents, que le son se propage comme le cri du peuple, il fallut tendre l’oreille et attraper alors au vol des mots, de cette scansion lente et enivrante, des mots battus comme le fer, et chauds, des mots de forgeron ou de forteresse qu’on va abattre, Louise Michel, parité, constituante, fin des privilèges, insurrection, Alsace-Moselle (hourra dans l’Assemblée, en voilà un qui pour une fois ne s’y trompait pas), et à la fin, vive l’Humanité universelle,  vive la France, vive la République, vive la Sociale, qu’a-t-il dit, vive la Sociale, c’est bien cela. C’est déjà fini ? Après il commence à pleuvoir.    

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J – 51 : les cris des animaux

Eva Joly à propos de Jean-Pierre Chevènement :

«C’est un homme du passé. Le rugissement du lion de Belfort ne pèse pas plus lourd que le miaulement d’un chat».

J - 51 : les cris des animaux  dans Mai 2012 Chat-stylise

J – 52 : Arno Klarsfeld, fils de.

Sont-ce ceux de cordonnier les plus mal chaussés, ceux de médecin (merci maman) les plus mal soignés ? Les maximes portent leur part de vérité, et de mensonges. Et le fils de Patrick Balkany, qui fut un de mes camarades de promotion à Sciences-Po, n’est pas devenu humanitaire pour Médecins du monde, ni voltigeur dans une troupe d’arts de rue, mais il a fait fortune dans l’exploitation des huiles de schiste, et s’apprête à briguer la députation de la circonscription nord-américaine lors des prochaines législatives, UMP dissident. Les chiens ne faisant pas de chats qui fument, c’en est une autre…

Mais ce qui m’intéresse, c’est le cas d’Arno Klarsfeld, que rien n’arrête. La semaine dernière, il proposait  « d’ériger un mur entre la Grèce et la Turquie contre l’immigration clandestine », sur le modèle de celui entre les Etats-Unis et le Mexique, défendant cette idée comme une mesure de « bon sens ».

Interrogé afin de donner des précisions quant à la construction dudit mur, Arno Klarsfeld expliqua : « un mur c’est fait avec des fils, des barbelés, un mur quoi, comme à Rome, il y avait un mur. La paix a duré quatre siècles » (en référence au mur qui marquait les limites de l’Empire contre les barbares venus du Nord).

De cette mesure, ajouta t-il, dépendait l’avenir de la France. Sans quoi, dans cinq ans, « au deuxième tour, ça ne sera pas Sarkozy-Hollande, mais Le Pen-Mélenchon ».

Et ce matin, je l’ai retrouvé dans le Monde auteur d’une tribune intitulée : « Pourquoi Nicolas Sarkozy doit gagner ».

« Les petits défauts de Nicolas Sarkozy horripilent, mais il est tellement plus rare de trouver un dirigeant avec de grandes qualités et de petits défauts qu’un dirigeant sans petits défauts et sans qualités exceptionnelles. Hollande n’a pas ces qualités exceptionnelles, il n’a pas non plus les petits défauts de Sarkozy. D’où, pour l’instant, une vague de sympathie à son égard.

(…)

Nicolas Sarkozy va gagner, car les électeurs du Front national ne veulent pas d’une immigration incontrôlée et parce que les électeurs de Bayrou rêvent d’une comptabilité de la France impeccablement tenue. Le programme du PS et l’alliance de Hollande, de Joly et de Mélenchon sont incapables de satisfaire ces exigences. Tous les petits défauts du monde de Sarkozy n’y pourront rien changer ».

« Les petits défauts ». Comme « les petits mouchoirs » de Guillaume Canet, les petits chevaux auxquels on aimait bien jouer quand Internet n’existait pas et qu’on était petit, les petits riens. Les petites hystéries, les petits mensonges, les petits racismes, les petites affaires, les petites bassesses. Les petites années d’un petit quinquennat d’un petit président.

Les latins ont un art des diminutifs appréciatifs. Cafezinho, amorzinho. Defeitos, dit-on pour défaut en portugais. Os defeitinhos. Les petits défauts.

Chez Arno Klarsfeld pourtant, la réduction des mots qu’il emploie, comme pour une sauce, leur donne une texture plus concentrée, plus savoureuse, qui nappe ses idées jusqu’à finalement l’écœurement.

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