Brice chez les Oulipiens

Hier, de retour nocturne du casino du Sheraton les poches pleines, après plusieurs fins de coups heureuses sur un tournoi Texas Hold’em, je m’attardais quelques instants devant une de ces chaînes d’info où il se passe toujours quelque chose même quand il ne se passe rien, sirotant une bière et savourant mon succès, en regardant s’agiter sans le son une de ces poupées nymphomanes qui font maintenant office de journaliste. En bas de l’écran, le bandeau d’informations continues, faisant défiler sur un pied d’égalité les nouveaux morts dans les manifestations de Sana’a, les sondages d’une primaire automnale, ou la composition d’un quinze de France qui réussit ce matin l’exploit de se faire atomiser par une petite île du Pacifique moins peuplée que Mulhouse. Cette info, donc : « Brice Hortefeux dénonce l’avalanche de boules puantes qui ne viseraient qu’à atteindre le Président de la République (JT France 2) ». Si on attend cinq minutes, l’info réapparaît.

Boules puantes ; l’expression est à la mode. Il faudrait suggérer au porte-parole du gouvernement, qui pourrait relayer aux ministres, d’autres trouvailles inspirées d’une boutique de farce et attrapes : avalanche de poil à gratter, de coussins péteurs, avalanche de poudre à éternuer. Mais lisant donc Brice Hortefeux en invoquer à la puissance de la « petite ampoule de verre contenant du sulfure d’ammonium (NH4)2S ou du sulfure d’hydrogène H2S », qui déversée en avalanche, dans l’espace confiné d’une majorité experte en mystification potache, menacerait d’empuantir jusqu’au bureau élyséen, me revint à l’esprit le premier mot de Zazie dans le métro, de Raymond Queneau, magnifique membre du corps des  (farces &) Satrape du collège de Pataphysique : « Keskipudonctan ? ». C’est donc toi, Brice.  

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