Sweet chariot

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On voulait jouer de la guitare, mais Farid trouvait pas son accordeur, alors comme on est vraiment nuls, et incapables d’accorder une guitare à l’oreille, encore moins au fa du téléphone, on a laissé tomber, et on s’est dit qu’on allait regarder un film. Et puis on s’est branché sur un documentaire qui s’appelait Woodstock, trois jours de paix et de musique. C’est un documentaire sur le festival, et merde, comme j’ai regretté en voyant ça d’être né en 1982 à Mulhouse, et pas en 1950 dans l’Etat de New-York ou un truc dans le genre. Les filles se promènent toutes nues, elles se jettent dans la boue, après la pluie, tout le monde a une fleur dans les cheveux, ou à la boutonnière, et un joint au bec, et Joan Baez est là sur la scène, elle raconte la détention de son mari, et se met ensuite à chanter avec une voix mélodieuse comme un beau violon.  

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Il y a 300 000 ou un million de personnes, les estimations varient comme les jours de grève en France, mais ça n’est pas très grave, car tout le monde s’en fout, ce n’est pas ça qui fera l’histoire, de toutes façons plus personne ne paie, toutes les barrières ont été enlevées, un organisateur prend le micro sur scène et dit ; « Tous les guichetiers sont invités à se rassembler au siège de l’organisation, on n’a plus besoin de vous ». Après, le même dit, il se murmure que l’acide qui circule par ici n’est pas de très bonne qualité, si j’ai un conseil à vous donner, c’est abstenez-vous, mais après tout, vous faîtes ce que vous voulez, c’est pas mon problème. Aux Soliday’s, la dernière fois que j’y étais, on m’a refusé d’entrer avec une toute petite fiole de cognac, et j’ai même dû dévisser la capsule d’une bouteille de flotte.

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A la fin de la première journée, le festival dure trois jours, l’orga annonce au micro, il doit être six heures du matin, ce que je vous conseille de faire maintenant, c’est de vous trouver un petit coin sympa et de vous reposer, il y a des gens qui s’embrassent.

Après je me suis endormi, comme souvent, et j’ai raté les derniers concerts du dernier jour, Janis Joplin et Jimmy Hendrix bien sûr, j’ai quand même vu les Who, et Santana aussi qui avait une sacrée pêche, et un type dont j’ai oublié le nom, un afro-américain, seul à la guitare, et qui, absolument tranquille, se change une corde entre deux chansons, comme si c’était du fil de pêche, sans vraiment regarder il fait son nœud, tout en parlant au public, et il se remet à jouer comme un dingue en battant la mesure avec son pied, il y a un zoom sur son pied, et il porte des espèces de sandale avec des chaussettes bleu foncé, et un t-shirt jaune. Farid m’a raconté que sur un des derniers plans du documentaire, alors que le festival vient de se terminer, et que la scène est vide, on voit encore des gens assis dans l’herbe, un peu hébétés, et qui ne bougent pas, et ça dure longtemps comme ça, ils avaient dû prendre des mauvais acides, enfin, voilà.

 

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