Brazil, when hearts were entertaining June…

Tout le monde parle du Brésil en ce moment. Les magazines y consacrent tous leur une, c’est normal, Lula va être réélu pour la troisième fois consécutive…à quelques détails près. Le chat ne déroge pas ; ça lui plaît aussi d’écrire sur le Brésil, et dans le premier billet d’introduction à ce blog, il était d’ailleurs explicitement fait mention qu’il y aurait sur ces pages la dose nécessaire de brésilitude. L’occasion prenant donc les traits de cette élection présidentielle jouée d’avance, le chat ressort des vieux trucs manuscrits, raturés, et poussiéreux, écrits dans la fièvre d’une année passée au Brésil il y a huit ans exactement, à Rio. Une année carioca.

J’ai vécu les derniers meetings de campagne du candidat Lula, donnés sur la plage de Copacabana. J’ai été le témoin des premières mutations d’une société qui venait de se coltiner 20 ans de néolibéralisme avec le président Cardoso. Je me suis promené un peu en Amazonie et j’ai visité des campements de paysans sans-terre. De là : des bribes de Brésil, des micro-anecdotes cueillies sur le vif et cuisinées à feu doux, refroidissaient depuis 8 ans dans une pochette cartonnée en piteux état que je me suis trimballé chaque fois au gré de mes déménagements (je viens de compter, il y en a eu douze depuis mon retour du Brésil !).

J’ai repris ces bouts de mots comme ils avaient été couchés sur le papier il y a huit ans. Je les ai dactylographiés, en ne changeant rien, sinon j’aurais changé tout. Y demeurent donc des jeux de mots approximatifs, des néologismes hasardeux, des constructions grammaticales bancales, et précisément la manière dont j’écrivais à 20 ans, avec la fougue de mes vingt ans, et le décor énergisant de la petite montagne de Santa Teresa, Montmartre carioca où j’occupais une grande chambre d’un appart-hôtel, avec hamac accroché à mon balconnet, d’où la vue surplombait les rues du quartier de Lapa, et donnait droit sur d’autres favelas autrement plus dangereuses…

C’est une rapide esquisse du Brésil d’avant Lula que je livre ici en dix épisodes, le Brésil d’avant sa croissance économique et exponentielle, le Brésil d’avant l’emballement médiatique, d’avant Porto Alegre, le Brésil avec son lot de misère et de pauvreté, de bal forros, et de caïpirinhas, de chauffeurs de taxi bien allumés, et de fin de soirées sur le sable des plages de la zone Zone Sud, un Brésil assez intemporel de toute façon, puisqu’il y a des choses qui ne changeront jamais dans ce pays, le meilleur et le pire, la volonté des Brésiliens d’être brésiliens jusqu’au bout des ongles, aussi vrai dans les plaines du Nordeste sous dictature militaire que dans les riches gratte-ciel du quartier d’affaires de Sao Paulo, à une époque où on découvre de larges nappes de pétrole au large des côtes, il ne manquait plus que ça. Ces dix petites histoires se passent à Rio, elles sont à l’état brut comme l’a été mon Brésil, lorsqu’étudiant à l’Universidade Federal Fluminense, du 8 août 2002 au 3 août 2003, j’ai fait la connaissance de Mauro, de Livia, de Aira, de Isabel, et de toutes ces belles personnes qui m’ont perfusé une affection infinie pour ce « pais tropical ».

En accompagnement musical durant dix jours, pour chaque billet une petite ballade.

Pour cette introduction, « pais tropical » de Jorge Ben Jor. Je précise pour terminer que les illustrations seront toutes de moi.

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3 commentaires

  1. tinou dit :

    Message personnel au chat qui fume,

    Je suis rentré de trois mois et demi d’Argentine il y a moins de 36 heures. Le décalage horaire encore dans le sang et les idées tourbillonnantes, le sommeil est dur à trouver ce soir. Alors en attendant de se faire enlever par Morphée, détour par ici pour essayer de ralentir un peu l’emballement anarchique que se livrent tous mes souvenirs.
    Mais voilà que le chat dévoile quatre proses brésiliennes, heureux finalement de les découvrir cette nuit. Mon voyage continue et le tien sonne bien différemment aujourd’hui.
    un gracias à l’accent sudaméricain pour ces contributions, en attendant la suite.

  2. lechatquifume dit :

    Merci Tinette de tes messages assidus. Je te décerne la palme de mon meilleur lecteur. Ce nouveau post sur les churrascos ne devrait pas trop dépayser tes papilles accoutumées par trois mois d’Argentine !

  3. tinou dit :

    En Argentine, ils appellent ca un asado. J’ai noirci plus d’une page de mon carnet de voyage à ce sujet et si les mots utilisés sont différents, le fond est très proche. Dommage juste que des descriptions ne traduiront jamais suffisamment les odeurs et les saveurs de ces incontournables traditions.

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