Archive pour octobre, 2010

Message d’absence

C’est un message a caractere purement informatif, que je tape depuis le clavier d’un cybercafé d’addis abeba dont les touches meriteraient d’etre graissees, pour vous dire que le chat prend ses conges annuels, et qu’il sera de retour dans trois semaines, avec sans doute quelques pages d’un carnet de route abyssin> d’ici la, que les souris dansent (et fument)> Un bisou a tous>

The man who wasn’t here

Dans mon dernier billet, je décrivais deux endroits de plein air plein les narines. Du sel marin et des dioxines. Voici le pendant en intérieur ; un petit salon de coiffure du centre-ville, et une salle de classe en tôle du quartier pauvre de Balbala. Ici, je vais chez le coiffeur, pas tant pour me faire couper les cheveux (ils sont plutôt incompétents en la matière) que pour que quelqu’un prenne soin de moi. Si j’écrivais un nouveau roman, il s’appellerait ; « Je voudrais que quelqu’un prenne soin de moi ». On m’accuserait de plagiat, et j’en aurais rien à foutre. Car en effet, la coupe proprement dite des cheveux est presque secondaire par rapport à l’ensemble des prestations qu’offrent tous ces petits salons tenus exclusivement par des Indiens, et par des coiffeurs hommes qui n’ont pas l’air d’être homosexuels. C’est un endroit un peu crassouilleux, mais seulement pour les détails. Exemple ; la serviette qu’on vous passe autour du cou sent tout à fait bon, et le barbier introduit une lame neuve dans son appareil avant d’attaquer chaque menton. Mais par contre, le miroir est un peu opaque de poussière, le sol laisse à désirer, il y a des cadavres de bouteille de savon et de shampooing qui traînent, des restes de bâtons d’encens, enfin rien de surprenant quand on est allé en Inde. Et surtout on peut FUMER pendant qu’on s’occupe de vos tifs et foutre la cendre par terre, c’est même recommandé. Quand c’est un blanc qui est assis sur le fauteuil, il y a des types un peu partout dans le salon de coiffure qui regardent ça comme si c’était un film MIRAMAX et chacun donne ses conseils et ses préconisations esthétiques au type qui tient la paire de ciseaux, il y en a même qui voulaient me roussir les cheveux au henné. Donc pas de magazine de mode avec les dernières coupes printemps-été, mais un indien appliqué, qui joue du couteau. Je précise que je veux une coupe civile, à Djibouti où les militaires français sont trois milliers, chacun comprend immédiatement ce que cela signifie. Mais le gars a voulu trop bien faire, il m’a pris pour Tintin, alors je lui ai quand même demandé de s’occuper de cette espèce de houppette blonde qu’il voulait me laisser par civilité, qui me faisait passer pour un jeune reporter épris d’un chien blanc. Après, il m’a fait un masque au savon, on ferme les yeux, ça sent le vieux savon de Marseille, ça mousse, c’est pas une crème lavante au beurre de karité, c’est les produits du terroir, ceux avec lesquels Monfreid venait déjà se faire tailler le bouc, après le visage, j’ai droit à un massage du cuir chevelu qui dure une quinzaine de minutes, les yeux toujours fermés, quelqu’un dans le salon croyait que je m’étais endormi tellement je ronronnais comme un vieux chat. A la fin, l’indien m’a fait craquer les vertèbres cervicales d’un côté, il a voulu faire pareil de l’autre, mais je lui ai demandé de s’abstenir. C’est pas douloureux du tout, mais c’est juste que c’est un bruit moyennement rassurant que d’entendre ses os du cou craquer comme du petit bois. Enfin, voilà, Ganesh Coiffure, ou un truc du genre, Shanti cheveux, rue de Paris à Djibouti ; pas de carte de fidélité, mais on y revient quand même.

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L’autre endroit, c’est un centre d’alphabétisation et de soutien scolaire dans la zone périphérique de Djibouti, la zone des grandes misères, la zone qui fait que Djibouti mérite sa carte de fidélité au club assez open des PMA (les Pays les moins avancés,+/-  moins de 1000 $ de PIB par habitant et par an, d’après la Banque mondiale – quand aux participants, ils ne donnent pas d’estimations). On est venu me chercher pour que je participe à quelques cours d’expression orale, et aussi parce que quand un européen vient par là, c’est comme un gage de sérieux sur la qualité des formations dispensées, m’a-t-on dit. Je crois qu’on aimerait surtout que je règle la facture d’électricité du centre, et que je monte des dossiers de subvention. Pour l’instant, j’y vais de temps en temps, pour moi qui habite une villa végétalisée dans le quartier le plus cossu de Djibouti, c’est aussi une manière de ne pas perdre pied avec la réalité du milieu, comme quand les hommes politiques descendent dans le métro ou vont serrer des mains en Seine Saint Denis, il y a toujours la petite dose d’hypocrisie qu’il faut. Win win, dirait Ségo. Car on est très loin des standards de l’Education nationale française. Le sol est en terre battue, il y a quelques néons qui diffusent cette toujours atroce lumière blanche, on n’est pas vraiment dans un endroit lounge, les salles sont cloisonnées de plaques de tôle qui renvoient l’écho du cours voisin. Les élèves sont timides. Le professeur a écrit au tableau les quatre questions du jour qui feront débat, le cours est en anglais, il y a surtout des immigrés éthiopiens dans cette salle. « What’s is the better ; education or money ? » est le thème qui provoque les discussions les plus vives. Qui surpasse de loin le débat proposé sur la polygamie ou l’émigration. Globalement, les jeunes qui s’avancent pour répondre sont plutôt policés. Ils expliquent pourquoi l’éducation prime. Mais il y en a qui ont quand même le sens des réalités, ou l’art de la provocation, ou les deux, et qui expliquent très précisément que ce qu’ils veulent, c’est s’acheter un yacht, donc plutôt l’argent que le savoir. On me demande mon avis. Je pense d’abord à leur traduire cette maxime de Coluche ; l’argent ne fait pas le bonheur des pauvres. Mais je rentre dans le rang vite fait. Il faut donner l’exemple. « Both », je dis avec mon anglais fluide et glacial. « Both. Education AND money ». Tout le monde est d’accord. Je crois que je pourrais faire de la politique.

Le soleil, une boule à facettes

On quitte le Brésil pour revenir à Djibouti, l’important, c’est qu’on reste toujours sous les tropiques ! La semaine dernière, il m’a été donné de me rendre dans un laps de temps de 24 heures dans deux endroits assez exceptionnels, mais pas pour les mêmes raisons ; et, distants à vol d’oiseau d’une quarantaine de kilomètres, diamétralement opposés ; la décharge à ciel ouvert de
la Douda, dans une banlieue de Djibouti, sur la route vers la frontière somalienne qui n’est qu’à 22 kilomètres, d’abord, puis la rade de Ras-Ali, le lendemain, à quelques kilomètres de la plage des sables blancs, à l’Est de Tadjoura.

La France a le chance de compter parmi ses entreprises le fleuron de ce qui se fait en matière d’assainissement solide et liquide, Veolia et Suez détenant ensemble la plus grosse part de ce marché des services urbains, à l’échelle de la planète. A la longue, on a presque oublié que ce n’était pas par la volonté du Saint-Esprit que nos poubelles carbonisaient dans des centrales d’incinération, mais parce que nos services publics fonctionnent correctement. Djibouti est un peu l’enfance de l’art, en la matière. Le degré zéro de la gestion raisonnée des déchets. L’Office de la voierie qui en a la charge est peut-être l’institution djiboutienne la plus chaotique, en tout cas celle qui a plus mauvaise presse parmi les administrés, quand bien même coupures d’eau et délestages interviennent à une fréquence effrayante. Le ramassage est donc à l’avenant, c’est un peu à chaque quartier de s’organiser, il y a des milices privées chargées de l’éloignement des déchets dans les quartiers résidentiels. Dans le grand bidonville de Balbala, c’est une autre histoire, évidemment. Les hiérarchies sociales ont leurs marqueurs, et la manière dont s’envolent les poubelles, d’un quartier à un autre, révèlent bien des fractures. On est conduit sur le site par le directeur adjoint de l’OVD, en charge de la collecte.

Au fil de l’eau, l’hostilité d’un site, entre chaleur, poussière et puanteur ! Quelques hectomètre déjà avant d’atteindre la Douda, le bord des routes est jonché de détritus divers, on dépasse le golf, le cimetière des voitures, on est déjà nulle part, nulle part où vivre, je veux dire, un no man’s land, ce que les Djiboutiens appellent un peu ironiquement le nomad’s land. Sur place, un amoncellement de déchets en tous genres, le parc des Buttes-Chaumont avant qu’on n’ait recouvert la butte. Majoritairement des rebuts de plastique. C’est parce que, nous explique t-on, les collecteurs ne s’intéressent pas aux plastiques (sauf aux bouteilles de grande contenance), déchets ultimes, mais récupèrent par contre tout ce qui est métal-aluminium-verre. Et effectivement, sur place, au milieu des troupeaux de chèvre, une armée de petits chiffonniers s’affairent à trouver là des trésors recyclables. Des trésors qu’on ignore. Pas d’organisation collective, pas de règles, pas de leadership, pas de coopératives ; chacun pour soi, et Dieu pour tous, oui, puisque c’est la volonté d’Allah. Ils sont peut-être 200, 300, 500 à amasser bouteilles de plastique, canettes d’aluminium, boîtes de conserve, compactées dans des sortes de ballots, ou entassées à l’air libre. On se demande un peu où seront acheminés ces déchets et pour quel type de valorisation. Il semblerait que l’essentiel de cette matière brute parte à destination de l’Ethiopie, de Dire-Dawa, par la voie de chemin de fer. Ainsi, on nous explique que les grandes boîtes de conserve de lait sucré sont éventrées, le métal aplati, les feuilles de métal ainsi obtenues liées les unes aux autres via du fil de fer, composant de grandes tôles utilisées dans la construction des baraquements de fortune éthiopienne. A la périphérie de la décharge, des petits « toukhouls », constructions de bric et de broc faisant office d’habitat pour les quelques centaines de personnes qui vivent là. On continue la visite, il s’agit d’une visite professionnelle, d’où ces détails microéconomiques que je cherche à obtenir, on passe devant une toute petite unité d’incinération, à l’arrêt, et qui servirait surtout à la combustion des marchandises de contrebandes, cigarettes et autres. Plus loin, l’endroit où sont déposés les déchets des abattoirs. Des cornes de vaches sortent du sable, au loin des carcasses de chameaux brûlent dans une fumée grise et suffocante. A l’horizon, un bulldozer essaie dans cet enfer de regrouper en tas les déchets, dont la prolifération semble inexorable. Voilà, on quitte le site de la décharge. On laisse dernière nous cette incroyable misère humaine.

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Le lendemain matin, on prend un boutre de bonne heure. On mange des brochettes de poisson au-dessus des coraux. Après la sieste, le capitaine accepte de dépêcher pour nous une des annexes à moteur qui ont accompagné notre traversée, pour nous mener jusqu’à la rade de Ras-Ali, à un mile nautique de là. Ras-Ali est un endroit assez réputé à Djibouti, mais que peu de gens ont réellement vu ; sa légende le précède. Jean-François Deniau, ministre, académicien, et quoi d’autre encore, joueur de bridge disons, de passage un jour à Djibouti, pour introduire peut-être un quelconque colloque rimbaldien, survolait en hélicoptère cette côte du golfe de Tadjoura. « Mon ami, est-ce que vous savez que vous avez la plus belle rade du monde », demanda t-il au sultan au cocktail du soir. « C’est vrai, laquelle ? », interrogea le sultan. « Celle de Ras-Ali », répondit Deniau. « Eh bien elle est à vous ». La phrase ressemble un peu à celle que De Gaulle fit au préfet Delouvrier survolant l’Ile-de-France en sa compagnie, avant les premiers schémas d’aménagement directeurs. « Mon cher Paul, remettez-moi un peu d’ordre dans ce foutoir… ». Ce qui fut fait, et déboucha sur la création des cinq villes nouvelles, Cergy, Evry, Marne-la-Vallée, Saint Quentin, et une dernière que j’ai oublié. C’est une légende, donc peut être une mystification, et il se peut très bien que ni la phrase de De Gaulle ni celle du sultan de Tadjoura ne furent réellement prononcées, mais Deniau se fit quand même construire, non pas une ville nouvelle, mais une très jolie villa sur la rade. C’est donc ce deuxième endroit auquel je voulais arriver (en petite vedette). Des murs blancs crénelés, un chemin bordé de pierre dessinant l’accès, une grande terrasse de plain-pied, quelques plantes grimpantes le long des façades étincelantes de blancheur ensoleillée. Là, sur la terrasse, quelques pêcheurs yéménites ayant lié lien avec le gardien de la villa. L’un d’eux est en train de faire au cuire un barbecue un coquillage dont il mangera quelques minute après l’innocent occupant. Les autres sont assis, avec quelques branches de qat et des paquets de cigarette à portée de main, dans ces jupes bariolées que les Yéménites portent si bien, de même que la prestance. Presque pas de bruit, sauf le clapotis de l’eau. Il y a un reste de bateau de bois en train de pourrir sur la plage blanche, et l’eau est là, tout autour de la maison, bleue turquoise évidemment, au-dessus des collines pierreuses. C’est extraordinairement beau et calme. Deniau venait y passer plusieurs mois chaque année avant sa mort. On peut imaginer qu’il s’y sentait à sa convenance pour vivre et pour écrire. C’est un endroit où il ne faut pas avoir peur de la solitude, ni de la mélancolie. Car le paysage en est plein. Pour Deniau, ça devait aller ; avant sa mort, il avait demandé au sultan si son fils pourrait hériter de ce bien dépourvu de titre de propriété. La réponse aussi est belle ; « Eh bien s’il vient, oui ». Le fils de Deniau serait venu quelques fois, en petit avion, avec une dizaine d’amis. Mais pas assez souvent, sans doute. Aujourd’hui, la villa appartient d’abord à ce gardien et à ces pêcheurs yéménites qui profitent de son ombre.

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Je repense aux pauvres collecteurs de la Douda, à cette atmosphère empuantie et poussiéreuse.

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Après, il faut pousser notre barque à la main le temps de sortir du petit cirque, parce que la marée s’est retirée, et que l’eau n’est pas assez profonde.

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Sweet chariot

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On voulait jouer de la guitare, mais Farid trouvait pas son accordeur, alors comme on est vraiment nuls, et incapables d’accorder une guitare à l’oreille, encore moins au fa du téléphone, on a laissé tomber, et on s’est dit qu’on allait regarder un film. Et puis on s’est branché sur un documentaire qui s’appelait Woodstock, trois jours de paix et de musique. C’est un documentaire sur le festival, et merde, comme j’ai regretté en voyant ça d’être né en 1982 à Mulhouse, et pas en 1950 dans l’Etat de New-York ou un truc dans le genre. Les filles se promènent toutes nues, elles se jettent dans la boue, après la pluie, tout le monde a une fleur dans les cheveux, ou à la boutonnière, et un joint au bec, et Joan Baez est là sur la scène, elle raconte la détention de son mari, et se met ensuite à chanter avec une voix mélodieuse comme un beau violon.  

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Il y a 300 000 ou un million de personnes, les estimations varient comme les jours de grève en France, mais ça n’est pas très grave, car tout le monde s’en fout, ce n’est pas ça qui fera l’histoire, de toutes façons plus personne ne paie, toutes les barrières ont été enlevées, un organisateur prend le micro sur scène et dit ; « Tous les guichetiers sont invités à se rassembler au siège de l’organisation, on n’a plus besoin de vous ». Après, le même dit, il se murmure que l’acide qui circule par ici n’est pas de très bonne qualité, si j’ai un conseil à vous donner, c’est abstenez-vous, mais après tout, vous faîtes ce que vous voulez, c’est pas mon problème. Aux Soliday’s, la dernière fois que j’y étais, on m’a refusé d’entrer avec une toute petite fiole de cognac, et j’ai même dû dévisser la capsule d’une bouteille de flotte.

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A la fin de la première journée, le festival dure trois jours, l’orga annonce au micro, il doit être six heures du matin, ce que je vous conseille de faire maintenant, c’est de vous trouver un petit coin sympa et de vous reposer, il y a des gens qui s’embrassent.

Après je me suis endormi, comme souvent, et j’ai raté les derniers concerts du dernier jour, Janis Joplin et Jimmy Hendrix bien sûr, j’ai quand même vu les Who, et Santana aussi qui avait une sacrée pêche, et un type dont j’ai oublié le nom, un afro-américain, seul à la guitare, et qui, absolument tranquille, se change une corde entre deux chansons, comme si c’était du fil de pêche, sans vraiment regarder il fait son nœud, tout en parlant au public, et il se remet à jouer comme un dingue en battant la mesure avec son pied, il y a un zoom sur son pied, et il porte des espèces de sandale avec des chaussettes bleu foncé, et un t-shirt jaune. Farid m’a raconté que sur un des derniers plans du documentaire, alors que le festival vient de se terminer, et que la scène est vide, on voit encore des gens assis dans l’herbe, un peu hébétés, et qui ne bougent pas, et ça dure longtemps comme ça, ils avaient dû prendre des mauvais acides, enfin, voilà.

#10/10 Pourquoi le Brésil ?

PARCE QUE ! Pour tout ça, ce qui est déjà écrit, ce qui reste à inventer, ce qu’il y a de brésilien en chacun, en chaque chat, en chaque cigarette. La série s’achève, j’ai été fidèle à ma parole, je n’ai rien changé de ce qui avait été couché sur la papier il y a presque une décennie, de là , où on voit que le Brésil a beaucoup changé sous Lula, en tout cas dans sa mentalité ; le pays est devenu puissance, et ça change, sinon tout, du moins beaucoup. Pour ce dernier épisode, j’ai regroupé en un billet toutes les notes qui me restaient, disparates, c’est comme ça, un assemblage un peu sauvage, un patchwork auriverde, o meu deus, ce pays me manque…Boa sorte, Dilma !

 

Où classer le Brésil ? Par paresse, on pourrait écrire ; nulle part. Le Brésil est inclassable. Et c’est là le paradoxe de ce cliché, qu’il est entièrement justifié. Le Brésil est capable de faire des œillades au « premier monde » comme ils disent, de revendiquer un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, d’avoir la première mégalopole industrielle d’Amérique du Sud, de représenter 50% du PIB de ce continent, et de laisser crever de faim 10 millions de ses habitants. Daniel m’a dit un jour, émouvant d’une sombre clairvoyance ; ce qui ne va pas au Brésil, c’est qu’on s’imagine en rêve être ce qu’on n’est pas, et qu’on ferme les yeux sur ce qu’on est. C’est vrai qu’il est complètement mégalo, ce Brésil. Un exemple : Brasilia. Capitale construite en plein désert en 1962, selon les plans (politiques) du président Kubitschek  et (architecturaux) du communiste Niemeyer, pour recentrer le Brésil à la confluence de ses trois plaques continentales. Concrètement, une ville artificielle dont les premières pierres ont été acheminées en avion…Une ville sur une autre planète, et des coûts…astronomiques. Un petit enfant qui a envie qu’on le prenne par la main et qu’on lui raconte des histoires la nuit avant de s’endormir. Et qui s’y croit. Et qui se réveille en cauchemar. Voilà ce qu’est le Brésil ; courbé en deux , le buste cassé, voulant passer la tête dans la petite fenêtre des pays développés, quitte à sacrifier ses tripes, et un autre qui freine des deux pieds, qui sait quels sont ses combats, qui les a bien choisis (défense de l’environnement, lutte contre la misère) ! Lula ; a paz tem nome : justiça social. La paix a un nom ; justice sociale.

Car la violence. Problème récurrent du Brésil. Tellement récurrent qu’il fait briller le sol ou le sang. Et qu’on passe la serpillère souvent pour éponger l’hémoglobine. C’est vous dire si ça récure au Brésil. Mais curieusement, la violence n’est pas oppressante. On ne la sent pas léthargisant la ville. Elle est trop radicale pour être insidieuse. Il n’existe pas la petite racaille qui vous chamaillera parce que vous l’avez regardé (ou pas), ni l’automobiliste qui vous insulte en klagonisant que le feu est passé au vert (ou pas). La violence palpable à Rio, c’est éventuellement la pollution atmosphérique, les embouteillages, mais il existe la plage ou la forêt de Tijuca, donc ça s’annule. La violence de Rio paraît avoir une ficelle trop grosse pour être vraie. Elle est tellement expansive, potentiellement exponentielle, qu’elle fait sourire avant qu’elle n’atteigne. Mon prof d’histoire contemporaine ; « La police militaire qui circule devant les écoles les mitraillettes sorties aux fenêtres, il se passe ça en France, la tête du ministre de l’Intérieur tombe dans l’après-midi ». A Rio, ça fait partie du paysage, même si on ne l’a pas encore en carte postale, bien sûr. La violence, ce sont les tiroteios dans les favelas, les bus pris en otage et brûlés, les exécutions sommaires de journalistes enquêtant sur les trafics, les crimes commandités par des criminels, et visant d’autres criminels enfermés dans la même prison qu’eux, par téléphone portable, les faux blitz, une violence qui vous couche à terre, vous met au lit, et vous dit bonne nuit. Mais une violence qui arrive rarement au hasard.

Le Brésil ; un pays qui veut garder bien les pieds sur terre, quitte à sacrifier quelques étoiles dans le feijão.

Le feijão est un fait. Il revient à la même heure, tous les jours, sur les tables de 92% des Brésiliens. Haricot noir transformé quasiment en saint, en symbole de la résistance à la malbouffe, porte-drapeau d’une identité nationale, d’une culinarité brésilienne…Consommé avec du riz et de la farine de manioc, ou en caldo, en soupe, avec du bacon grillé, de l’ail et de petits croûtons, il est le patriarche de l’assiette brésilienne, Il y est la valeur sûre. Nutritif. Pas cher. Bon. Rural. Pour dire la relation de tendresse, que les estomacs d’ici ont tissé avec ce haricot magique, je vais vous raconter une histoire. Un jour le restaurant universitaire de la mienne est venu, par une maladresse du recteur, à manquer de feijão pendant trois semaines. Les étudiants sont entrés en grève. Sur les murs de la cantine, on peut encore lire  « Feijão présidente ». Résidus d’un mouvement gréviste qui vit même certains étudiants manifester devant le rectorat déguisés en feijão. Ne me demandez pas comment on se déguise en haricot noir, je n’y étais pas, on m’a raconté.

Le Brésil, un pays imbattable pour ce qui est de faire la fête, et capable de se choisir pour ministre un type qui inspire immédiatement et le respect et l’affection, Gilberto Gil. Quand il chante la version brésilienne de No Woman no Cry, sur la plage de Copacabana, alors nous, les pieds dans l’eau, et le pétard au bec, on se dit qu’on aime bien le reggae et le Brésil et la marijuana et je crois que n’importe qui se dirait ça. Y compris Marie-Adèle qui étudie le piano depuis l’âge de sept ans et ne boit que de l’eau minérale. Gilberto a la faculté de rendre la vie joyeuse rien qu’en souriant, et en faisant claquer son pouce sur les cordes de sa guitare. Et finalement Lula, président métallo, presqu’aussi cool que Gilberto, le ministre de la culture qu’il s’est choisi, qui, bien qu’ayant troqué sa tenue de scène africaine et colorée contre un costume cravate, reste toujours aussi cool. Il a fêté son intronisation en gratouillant trois chansons pour le personnel de son ministère. On n’attendrait pas la même chose de notre ministre en France, fut-il de la culture…

Le Brésil ; c’est aussi le café. Parler du café brésilien, c’est parler d’un mythe. De la pierre angulaire de l’économie du siècle. De grandes fortunes se sont édifiées sur son commerce. De tous les bateaux négriers qui arrivaient des côtes africaines débordant d’esclaves. Sûr que le café brésilien est bon. En France. Pas au Brésil. Tous les meilleurs cafés partent à l’exportation. D’ailleurs ce que le Brésil crée de meilleur part pour l’exportation. « L’économie brésilienne est toute entière tournée vers les bateaux », disait le poète Sergio Buarque de Hollande. Mais. Les Brésiliens boivent le café comme on boit la vie. Sucré jusqu’à la saturation. Les thermos thermiquent toute la journée. Chaque maison, chaque bureau a sa thermos de café prête. Offrir le café ; convivialité brésilienne.

Alors. Pas de longs laïus sur le carnaval, qui n’est pas à lire, mais à vivre. A voir, ou à boire. Simplement dire que le carnaval pardonne tout, grand nettoyage de l’été (tropical), purge les injustices, les bavures policières, les mégalomanes, les crève-la-faim. Et tout le monde se réconcilie. Ou fait semblant. Et vogue la galère une année de plus.

Encore un endroit pour finir. Lapa. Los arcos de Lapa. Les arcs. C’est ce qu’on voit d’abord. C’est de là-haut qu’on voit tout Lapa aussi. On passe en-dessous à pied, en dessous en voiture, ou au-dessus en petit train jaune qui va à Santa Teresa. On tourne la tête. S’il n’est pas trop tôt, ni non plus trop tard, on voit des putes, et des travestis, et d’incroyables endroits où l’on joue du jazz ou du forro. S’il est jour ; il y a les garagistes, qui vendent des coccinelles made in sixties. S’il est vendredi soir, il y a fête de rue, avec son lot de choses brésiliennes, vendeurs ambulants, souvent à la sauvette, concerts sauvages, des gens par beaucoup voire par milliers, des rues où ruissellent de petits torrents d’urine, des démonstrations de capoeira, et une ambiance de Bayonne sous les tropiques. On est à Lapa, ville de Rio, état de Rio de Janeiro, Brésil. Et on y est bien. La fête durera jusqu’à l’aube. Au matin, si l’on est le premier samedi du mois, les antiquaires de la rue du Lavradio sortiront leurs meubles et leurs pianos pour une brocante d’antiquité, pignon sur rue. Plus loin, le Rio scenarium roupille encore. Magasin d’antiquité la journée, bar génial la nuit, où l’on boit assis dans d’antiques fauteuils, en écoutant un orchestre ao vivo. La fundição progresso, usine désaffectée aujourd’hui réaffectée, est près d’ici. C’est là que se produit, c’est-à-dire se survolte, la scène alternative brésilienne. Il y a des bouquinistes et les arcs. Lapa, la dernière frontière culturelle à franchir.   

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Musique de Gerlado Azevedo, Quem é muito querido a mim 

#9/10 Universidade Federal Fluminense

C’est tout con, mais il fallait avoir l’idée. Fumer en cours. Fenêtre ouverte ! On dérange qui ? L’éducation, me direz-vous, montrer l’exemple, montrer la voie.

J’aime ce Brésil qui n’est pas moraliste. Un prof en urgence de nicotine ? Tiens, fume. Quelque chose à redire ? Y a plus de mômes à l’université, y a que des étudiants qui travaillent le matin pour se payer leurs études l’après-midi, ou l’inverse…

Universidade Federal Fluminense, UFF, prononcer [ouffi] ; il y a peu de contrôle des présences, arriver en retard n’est pas considéré comme une impolitesse faite au professeur, la porte reste ouverte pendant le cours, et si un téléphone portable sonne, il n’est pas interdit de se lever et d’aller discuter le petit bout de gras dans le couloir. Les professeurs ne sont pas debout derrière leur bureau, mais assis sur une chaise devant leurs élèves. Il est fréquent de donner une accolade, une tape dans le dos, ou un petit bisou à la professeur en la quittant. Les professeurs ne crient pas. Il n’y a pas d’interrogations surprise. Les professeurs ne saquent pas. Il n’est pas interdit de boire un café pendant le cours. Cependant tout se fait dans la discrétion. Il n’y a pas de bavardages, pas de chahut, donc pas de rappel à l’ordre. Il y a un respect égal et réciproque, des élèves et du professeur. Il n’est pas nécessaire de lever la main pour parler. Et je vais vous l’avouer, les analyses de psychologie sociale m’apparaissent avec plus de tendresse et d’affection dans la fumée blanche et la douce odeur d’une blonde qui se consume entre les mains du professeur.

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Musique de Lula Queiroga, Noite severina…

#8/10 La collecte des canettes

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« Le brûlant s’est levé et frappe à la porte de nos vies en chantier les zéboueurs éboueront nos collectes classés des trésors qu’on ignore, à partir de maintenant je chante…  ». Disaient les Têtes Raides. Des trésors qu’on ignore en France, ce sont les canettes métalliques qu’on balance sans en avoir l’air dans nos collectes classées. Recyclées ? Tu parles. Je vous raconte. La pauvreté ambiante du Brésil (6ème pays au rang de la faim dans le monde) balance à la figure de sa dernière frange une incessante nécessité de survie. Alors on fait, et avec les moyens du bord. La faim justifiant tous les moyens, donc les canettes. La fin des cannettes (recyclées), c’est la fin (finalité) de ceux qui les ramassent. Collectionneurs. Collecteurs. Fête de rues, terrasses de restos, beuveries privées, stades de football ; partout on a le respect de ces cylindres métallisés qui valent 3 réais le kilo, épaves de bières et de sodas écrasées d’un coup de pied expert, et récoltées dans un grand sac en plastique jeté sur l’épaule d’un de cette corporation des chercheurs de latas. Lataões. Latinhas. On croise les collecteurs au petit matin. Direction Lapa. Ça passe sur la balance du quincailler. Ils repartent moins courbés, plus légers, avec quelques billets verts dans la poche. Le cœur plus léger, peut-être. C’est quand même pas Byzance, Rio. Mais c’est une façon jolie de survivre que de recycler. D’abord c’est un hommage à la nature, et un bras d’honneur aux millions de milliards de tonnes annuelles de déchets américains. Et tout est bon pour faire un bras aux américains quand on est brésilien. Et puis il y a aussi de jolis moments. Des moments éthiques. Le collecteur ambulant qui interroge du regard le fêtard immobile sur le trottoir sur l’état du remplissage de sa canette. Vide, il la veut. Pleine, il continue son chemin. Mi-pleine, il se passe quelque fois un acte de solidarité qui voit le buveur entamé une descente de sa bière en radical « cul-sec ». L’ambulant repart tout sourire avec son éphémère trophée. L’autre, bourré  et généreux. Donc heureux. A Rio ? Rien en se perd, rien en se créé ; tout se recycle. Et l’argent se gagne parfois dans la sueur des canettes vides.

Musique de Chico de Buarque ; quando eu for eu vou sem pena

#7/10 Praça Maua

Praça Maua un vendredi soir. Le centre de Rio est désert la nuit. Il prend des allures de vieilles villes fantômes, comme après le passage du terrible Bob dans les westerns américains. La praça Maua est tout au bout du centre, ou si l’on veut, à la périphérie de la périphérie, si on fait du centre-ville le centre de la ville. Le bus S20 traverse des rues qui ont l’air d’être des impasses sous la lumière faiblarde de réverbères facultatifs. Personne ne marche par là. Et enfin la praça Maua, endroit où tout gringo expatrié va dans les trente premier jours suivant son arrivée au Brésil pour se faire enregistrer dans les bureaux de la police fédérale. Et en principe n’y retourne plus jamais. Je descends du bus, j’attends Christian. L’attente est passée dans trois gorgées de cachaça pure, une dose à 1R$, économique, et c’est peut-être sa seule qualité avec celle de réveiller les Chrétiens et les morts. Et finalement, sans trop de détails, on s’est retrouvé au cœur d’une roda de samba à boire du vin rouge chaud et de la bière glacée, et à danser une samba que bien entendu on ne savait pas danser. La ville avait retrouvé ses couleurs, et nous d’autres ardeurs. J’ai fermé les yeux pour graver des bruits et des odeurs. Quand je les ai rouverts, il y avait :

- un joueur de tambourin qui se déhanchait le bas des reins

- un joueur de guitare bien appliqué

- beaucoup de mains qui frappaient autant de paumes dans un joli synchronisme de percussions

- une chanteuse plutôt ronde et plutôt à lunettes qui chantait divinement des classiques de la samba brésilienne, reprises par tout le monde dans les sauts et dans les chants

- une lune toute ronde et toute blonde exactement à ma verticale

- et des sourires, tellement de gens souriants, dansant, avec une joie et une simplicité désarmante.

Musique de Paulinho da Viola – a voz do povo

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#6/10 Favelas

La définition d’une favela dépend de son organisation structurelle. Une favela est par définition, un quartier totalement désorganisé. Construit sur les collines qui affluent à Rio, la favela est un enchevêtrement finalement poétique de petites rues pavées ou en terre, d’égouts à ciel ouvert, de fils électriques qui font l’amour et de l’ombre, (et pour qu’un fil électrique fasse de l’ombre, vous me concéderez qu’il faut qu’il soit plusieurs, voire beaucoup). Repaire d’illégalité par excellence (tout le réseau électrique existant est un vaste piratage du réseau urbain, ce qui envoie les factures à la préfecture…). Dédocumenté, défiscalisé, déréglé, et bien sûr les éternels débonnaires, de bonne humeur, de bonne heure, et du bonheur, la favela n’est pas pour autant un espace sans lois. Sauf que les lois sont dictées là-haut, et non pas par une assemblée législatente, mais par la poudre et les capsules. La cocaïne et l’ecstasy. Les trafiquants trafiquent, les policiers trinquent souvent, épouvantails criblés de plomb, les meninos font du vélo, et tout le monde s’arrête lorsque le Brésil joue ; tout est en ordre dans la favela quand tout est en désordre. Lorsque d’importantes cargaisons de came arrivent à bon port, il y a feu d’artifice dans la favela. La nuit qui s’illumine et fait du bruit prévient les acheteurs que leur commande est arrivée.

Je ne connais la favela que de l’extérieur, de ce que j’en ai lu ou vu. Mais j’ai eu l’occasion de mettre les pieds à Rocinha, la plus grosse favela d’Amérique latine, à l’occasion des fêtes de juin qui sont allègrement célébrées dans tout le pays. La taille démesurée de cette favela surplombant le quartier le plus bourgeois de Rio en fait une favela relativement moins dangereuse que les autres, car incontrôlable par les trafiquants, les banditos, comme les appellent les journaux qui titrent sur « la guerre de Rio ». J’y suis allé plutôt peureux, plutôt le cœur au fond des bottes, et la fierté cachée dans mes chaussettes, vu que je ne marche qu’en sandales. Heureusement, il y avait une petite amourette brésilienne avec moi pour faire couleur locale et m’autoriser l’endroit. Après deux Smirnoff glacées, j’ai senti la flamme festive qui toussote en chacun, mais en moi plus qu’en d’autres, s’allumer et mon appréhension s’envoler. Deux Smirnoff plus tard, je chantais et dansais sous les lampions, entraîné par l’atmosphère festive du lieu et du décor, plein de lampions, plein de couleurs, un vrai parfum de carnaval en juin. Deux Smirnoff plus tard, je dormais complètement heureux sur les marches d’un barzinho, ou fumais peut-être en insultant en portugais les quelques gringos que je voyais passer. Comme un poisson dans l’eau, ma Rocinha. Ma petite Roça. Mon petit bout de terre cultivable (traduction littérale). On y cultive des plantes interdites à
la Rocinha, c’est sûr, mais aussi un sens d’une vie non conventionnelle, d’une vie trafiquée, trafiquées comme ces motos taxis, qui nous ont descendu en bas de la favela. Je ne sais pas si c’étaient des moteurs à alcool, mais si c’est  le cas, moi aussi j’aurais carburé. En sortant pour la première fois d’une grande fête populaire à
la Rocinha, on se sent sale et heureux.

 

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Une chanson de Nazaré Pereira, Claré de lua.

#5/10 Churrasco

Ça commence par une saucisse. Ça finit par une saucisse. Entre il y a des morceaux de viande de bœuf gros comme des cuisses, cuits sur la braise, coupés en tranches fines, il y a du pain doré de beurre aillé, il y a bien sûr des petites brochettes de petits cœurs de poulets. Et toujours des quantités absurdes de bière (« absurdamente gelada », comme ils disent). Le churrasco, c’est le barbecue brésilien. Mais autant en France, on imagine le barbecue champêtre et familial, bon enfant, autant le barbecue brésilien est radical, festif, et interminable. Ce sont des choses qui mettent un peu de temps à être comprises. Le premier churrasco auquel vous participez, vous vous dîtes ; bonne ambiance, aujourd’hui, ils ont de la reprise. Deuxième churrasco. Kamoulox rebelote. Troisième churrasco. Vous comprenez que c’est quelque chose de civilisationnel, une institution, la porte cochère de l’art de vivre brésilien, qu’un churrasco est par définition à volonté, en tout, et qu’avec piscine, c’est mieux, et que tout est bon pour justifier l’organisation d’un churrasco ; pain béni pour ce qui est d’illustrer le mieux possible une journée qui se paresse (se pavane). Tout est bon, c’est-à-dire rien aussi, comme ; une victoire du Brésil en coupe du monde (jour de travail facultatif, nota bene), une défaite du Brésil en coupe du monde (pour se consoler), un anniversaire, une fête de classe, une envie soudaine. Il peut s’anticiper ou s’improviser ; s’improviser, comme ces Brésiliens, lors de la coupe du monde 98 en France qui avaient acquis parpaings, charbon, et filet mignon, et rôtissaient sur les quais de Seine, en attendant leur grand soir qui ne vint pas. Le churrasco est à la fois un rendez-vous de l’excès et de la mesure des choses – de la vie.

 

Sur une musique de Gerlado Azevedo, Berekere

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