Minc alors !

J’ai écouté ce jour une petite émission d’Inter qui passe sur les ondes estivales, l’été en pente douce, présentée par Guillaume Erner, au titre aguicheur : « la pensée Attalinc ».

Attali parle bas, l’air est un peu bougon, il fait l’effet d’un chercheur, d’un type qui raisonne vite, qui s’en fout un peu des convenances, comme lorsqu’il proposait dans son catalogue de mesures pour relancer la croissance offert au PR l’ouverture des hypermarchés le dimanche. Cela dit, il a l’air sincère, et une intelligence qui affleure comme les dauphins dans le golfe de Tadjourah (je ne suis pas le preneur d’images, mais j’étais sur le bateau !…).

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Alain Minc tient des propos plus cohérents, très à droite, très droite libérale, il tacle dès que l’occasion se présente son ancien partenaire au triumvirat du Monde, Edwy Plenel, il attaque le pape pour mieux défendre le pouvoir contre les Roms, bref, conforme à l’image qu’on a d’un salaud de salon, courtisan et médisant, un  peu lâche et un peu bête, à qui aucune question ne résiste, vu qu’il y a des réponses pour tout dans le logiciel de sa pensée en kit. 

Question du journaliste. «  Alain Minc, il y a également d’autres utopies qui se font jour, il y en a une en particulier qui prend de plus en plus d’ampleur, c’est la décroissance, l’idée qu’on peut vivre avec moins d’objet, qu’on peut tourner le dos au marché, est-ce que c’est pour vous une utopie viable ? » (déjà, je m’attends au pire) (et j’ai raison !).  

Réponse. « Oh, la décroissance, ce n’est pas une utopie, c’est une bêtise, donc bon, ça n’a aucun intérêt. Avec les problèmes que nous avons, nous, la planète, l’occident, nos pays, le monde, les zones de pauvreté, qui peut penser les résoudre avec la décroissance ? Ce que vous posez implicitement, c’est la différence entre l’écologie fondamentaliste, et l’environnement, l’environnement qui est une préoccupation normale, légitime, qui peut entrer dans un cadre rationnel. C’est vrai qu’il y a à la base de l’écologie un fondamentalisme réactionnaire et qu’à force souvent de s’intéresser à la social-démocratie des plantes, on en finit par oublier de s’intéresser à la social-démocratie des hommes ».

Dis Alain (pas le philosophe, Minc), dis plutôt qui peut penser sérieusement résoudre les problèmes de la planète, la détérioration de l’environnement, le réchauffement du climat, la déshérence des petites agricultures vivrières du Sud, l’exode rural, l’encombrement des villes, avec la croissance ?

Qui est assez fou pour penser cela ?

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Nous vivons dans une planète finie, avec des ressources finies, et un horizon temporel plus que réduit, vu la vitesse actuelle du bolide économique. Il faut avoir des œillères de cheval pour ne pas voir à ce point les ornières, ou s’appeler Alain Minc, ou d’autres types dans son genre.

Ce petit billet me permet de placer ici deux photos du très beau Pierre Rabhi, une sorte de chantre (ou chanvre) de la décroissance, et plutôt de la ruralité, de la lenteur, et de la douceur, bref, d’un certain principe de réalité.

 

rabhi2.bmp 

rabhi.bmp 

 


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Un commentaire

  1. tinou dit :

    Je ne sais pas si tu recois « le canard » a djiboubou mais je sais que c’est un titre qu’ils utilisent dès qu’ils ont l’occasion de parler d’alain… Alors, plagiat ou grand talent de journaliste?

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