Ligue nationale du football, du racollage frontiste, et de l’inconséquence

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Gueuler un coup.
Contre Thiriez, à lui en défriser les moustaches, même si c’est du réchauffé. Passé au micro-ondes. Ce con, énarque, président de la ligue nationale de football, qui, se pliant aux recommandations de je ne sais pas quelle obscure commission médico-sociale et sanitaire de santé publique, décide l’abrogation du match de football le plus chaud de l’année, OM-PSG, à quinze heures, le dimanche, six heures avant le coup d’envoi, alors que 1500 parisiens sont déjà sur place et qu’un TGV chargé d’Ultra boulonnais et auteuilois s’apprête à entrer en gare Saint Charles. Tout ça parce que trois joueurs du PSG ont le nez qui coule et un début de fièvre, la preuve, l’un d’entre eux est même à l’heure dite en train de battre le carton avec d’autres coéquipiers dans un hôtel de luxe jouxtant l’aéroport de Marignane. Dès lors, que pouvait-on croire qu’il allait se passer, et qui d’ailleurs se passa, sans avoir besoin de lire l’avenir dans du marc de café, ou pourquoi pas de Gewurtz ? Les supporters parisiens ayant payé comme il se doit leur 150 Euros à la SNCF pour descendre en Provence, ou s’étant tapé dans la promiscuité d’un bus sentant sans doute à son arrivée la bière, voire l’urine, allaient ils civilement s’installer à la terrasse d’un bistrot du vieux port pour commencer une partie de scrabble, ou s’engager dans une visite commentée du musée de la Fayence (il existe, j’ai vérifié) ? Les choses se déroulèrent quelque peu différemment. Pour ne pas avoir le sentiment d’avoir perdu leur week-end, les Parisiens se mirent à casser des trucs, les Marseillais bastonnèrent quelques Parisiens isolés (un peu comme dans un troupeau de brebis, gare aux boiteux), après certains se lancèrent des couteaux, ou se dévissèrent à la gueule des bombes lacrymogènes, un moment donné, les flics entrèrent dans le tas, certains finirent au poste et d’autres dans un TGV spécialement mandaté par la SNCF les ramenant dans la capitale, dont ils taguèrent abondamment chacun des wagons. Faut-il être con, ou avoir fait une grande école, pour ne pas se douter qu’une situation déjà explosive risque de dégénérer à l’annonce de l’annulation d’un match à cause de la grippe A ? Faut-il manquer de clairvoyance, et de lucidité, et raisonner en bon gestionnaire, pour générer une situation comme celle-là, c’est-à-dire ne pas voir les risques réels induits derrière le rideau de fumée des risques virtuels d’une hypothétique pandémie même pas mutante ? Bref, Thiriez doit démissionner.
Gueuler un coup.
Contre Besson. Dont décidément le zèle à devenir le plus stakhanoviste des sarkozistes et le plus imbuvables des mecs de droite, continue de me surprendre, chaque fois un peu plus. Il y eut d’abord les attaques contre Ségolène, puis le franchissement du Rubicon, le doigt sur la couture, la dette rubis sur l’ongle, et le con de l’autre côté du gué, que Besson franchit à la nage, d’un crawl délié. Puis un ministère. Puis le ministère de l’identité. Puis un poste au bureau exécutif de l’UMP. Puis la reconduite des afghans. Puis l’idée lancée de ce débat sur l’identité française, dont je ne sais pas trop à quoi il pourrait aboutir, m’est parvenu à l’oreille l’idée de chanter au moins une fois par an la Marseillaise (banaliser une date ?). En fait, l’obsession de Besson aujourd’hui, et il l’avoue clairement dans de nombreuses interviews, c’est comme il le dit, de « tuer le FN », de lui savonner la planche, de lui siphonner ses voix. C’est ce qui l’excite (texto, voire sic). « Depuis une semaine, je suis la cible privilégiée. Ca me réjouis. Jean-Marie Le Pen a peut-être compris qu’on va lui piquer définitivement un certain nombre de valeurs qu’il croyait s’être attribuées et qui ne sont pas des valeurs qu’il devrait naturellement porter ». C’est son cheval de Troie et de bataille. Sauf que Besson, pour arriver à ses fins, qui n’en est, je trouve, pas une en soi – car le FN est comme l’hydre de Lerne, le monstre à sept têtes, chacune se régénérant après avoir été tranchée, et dont l’haleine soufflée par les multiples gueules exhale un poison radical, bref, vouloir tuer le FN n’a aucun sens, si celui de se faire mousser comme un Picon bière, donc Besson ne s’interdit rien. Et à propos de ce fameux débat sur l’identité, j’ai beaucoup aimé cette contribution signée Mathieu Potte-Bonneville, philosophe, enseignant, et membre de la revue « Vacarmes », paru dans Libé avant-hier, où il est dit notamment ces paroles pouvant sembler un peu obscures mais qui s’éclairent dès lors que l’on a lu ce qui précède dans son texte : « C’est pourquoi, à la question «Qu’est-ce qu’être français ?» posée par le ministère de l’Immigration, il ne saurait y avoir dans les mois qui viennent qu’une seule réponse, endurante, ressassée, monotone, obstinée : «Cela ne vous regarde pas». Vous avez perdu le droit de poser cette question au moment même où, liant identité nationale et contrôle de l’immigration, vous avez aménagé le renversement systématique des composantes de la citoyenneté en autant de critères d’exclusion. A cette captation, il ne saurait y avoir de réponse qu’en acte ; libre à vous, lorsque ce temps viendra, d’interpréter la violence de notre refus comme une composante de la «francité». L’article complet : http://www.liberation.fr/societe/0101599904-qu-est-ce-qu-etre-francais-cela-ne-vous-regarde-pas
Donc cela ne regarde pas Besson et Besson doit démissionner.
Gueuler un coup. Contre les antennes du pôle emploi, qui sont fermées le vendredi après-midi, tous les vendredi après-midi, et celles des allocations familiales, fermées durant trois vendredis de novembre à Paris, sans raison explicitée. Evidemment, personne n’est au courant avant de s’être cassé les dents devant une porte close. Ça m’est arrivé vendredi dernier, puis aujourd’hui, à chaque fois, en cinq minutes de temps devant ces bâtiments, j’au vu défiler une dizaine de personnes s’étant déplacées pour venir activer une indemnité de chômage ou déposer un dossier d’APL, bref, des personnes déjà en difficulté a priori investissant de leur temps et de leur énergie pour satisfaire à toutes les démarches des administrations de l’état-providence, qui leur oppose donc, en l’état, ces vendredis après-midi là, une fermeture inopinée, liée à quoi, à des mesures d’économie, au confort de leurs salariés voulant voir leur week-end démarrer le vendredi à midi, ou un raisonnement un peu bancal et infantilisant présumant que ces oisifs ont tous les autres jours de la semaine pour venir quémander leurs indemnités de vie, et que rien ne les astreint à se déplacer le vendredi. 
Le Pole-emploi et la CAF devraient démissionner.

 


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